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Al-Dura: Le CRIF demande une commission d’enquête indépendante, V. Chemla
Comme toujours, un excellent reportage, remarquablement bien documenté, réalisé par Véronique Chemla, sur la conférence de presse du CRIF, du 2 juillet. Sauf erreur, il n'a pas son équivalent. (Menahem Macina)
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Titre complet: "Le CRIF demande une commission d’enquête indépendante composée d’experts afin d’établir la vérité dans l’affaire al-Dura".
Par Véronique Chemla pour Guysen International News
Jeudi 3 juillet 2008

Le 30 septembre 2000, France 2 diffusait un reportage commenté par Charles Enderlin qui attribuait la « mort de Mohamed al-Dura » à des « tirs venus de la position israélienne » au carrefour de Netzarim (bande de Gaza). Le 21 mai 2008, l’arrêt de la Cour d’appel de Paris a souligné les invraisemblances et incohérences de ces images devenues emblématiques de l’Intifada II. Pour établir les faits survenus ce 30 septembre 2000 à ce carrefour, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a réitéré lors d’une conférence de presse le 2 juillet 2008 sa demande de constitution d’une commission indépendante d’experts. Une demande adressée au Président de la République Nicolas Sarkozy et accueillie froidement par France 2.

S’il n’y avait que deux leçons qu’un journaliste doit toujours garder en mémoire, c’est de respecter les faits, donc de relater la réalité, et de répondre dans son article aux six questions fondamentales : Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Comment ? Pourquoi ? [1]

Force est de constater, plus de sept ans après la diffusion au JT de 20 h de France 2 du reportage controversé de son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin, sur des images du cameraman palestinien Talal Abu Rahma, que les réponses à ces questions sont loin d’être connues.


Une affaire de dimension internationale

A voir la nombreuse assistance à la conférence de presse organisée par le CRIF à Paris ce 2 juillet 2008, on peut en déduire que l’affaire al-Dura suscite un intérêt inversement proportionnel au silence quasi-général des médias français sur les questionnements et doutes légitimes concernant ces images.

Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2, y avait mandaté son chroniqueur judiciaire, Dominique Verdeilhan, accompagné d’un cameraman. Parmi les médias représentés, citons l’AFP, RFI, Le Figaro, Marianne, et des médias danois, américains et israéliens.

Rappelons brièvement les faits. Ce 30 septembre 2000 avant 13 h du matin, un enfant palestinien a été amené à la morgue de Gaza.

Le 30 septembre 2000, Charles Enderlin commentait ainsi, en voix off, les images de Talal Abu Rahma : vers 15 heures,

« Jamal et son fils Mohammed (12 ans) sont la cible des tirs venus de la position israélienne. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».

Ces images ont suscité une ample vague d’actes antisémites [2] : lors d’une manifestation à Paris, en octobre 2000, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, on a crié : ’’Mort aux Juifs’’ lors d’un défilé, dans lequel était brandie la photo des al-Dura et était porté le cercueil d’un enfant ; la vidéo de l’égorgement du journaliste juif américain Daniel Pearl (z’’l) montre les al-Dura.

Après l’enquête israélienne sur ces images, fin 2000, des doutes argumentés ont été émis par diverses personnes – en particulier le physicien Nahum Shahaf et Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency (Mena) - sur la réalité des faits allégués par Charles Enderlin. La polémique a enflé, surtout dans le monde anglo-saxon, ternissant l’image de la France.

La remarquable journaliste, Esther Schapira, réalisait, en 2001, un documentaire étayé d’interviews, mais qui ne fut diffusé par aucune chaîne française [3].

Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (M-R.fr), écrivait, le 22 novembre 2004, que ces images controversées et émaillées d’invraisemblances avaient été « mises en scène » [4]. Ce qui lui valut une condamnation pour diffamation à l’égard de Charles Enderlin et de France 2 par le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, le 19 octobre 2006 [5], puis, une relaxe par la Cour d’appel de Paris le 21 mai 2008[6].

Devant une cinquantaine de journalistes attentifs, images à l'appui, le journaliste Gil Mihaely [7] a énuméré les incohérences entre ces images et leur commentaire. Il a rappelé les thèses contradictoires de Charles Enderlin convaincu que Tsahal a tué Mohammed al-Dura, de France 2 - selon Arlette Chabot, « on ne saura jamais l’origine des tirs » - et de Talal Abu Rahma, affirmant, le 3 octobre 2000, sous serment, que « l’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », avant de se rétracter le 30 septembre 2002. Mihaely a exprimé sa surprise de l’ignorance de la durée des tirs allégués contre les al-Dura : en 2000, Talal Abu Rahma affirmait sous serment avoir filmé 27 minutes, puis, en 2001, il réduisait cette durée à six minutes. En 2001, Charles Enderlin parlait d’« environ 30 minutes ». Cet incident dure moins d’une minute dans les rushes de France 2, visionnés en 2007 devant la Cour d’appel de Paris.

Gil Mihaely s’est aussi étonné des déclarations de Talal Abu Rahma, évoquant les « centaines » de balles israéliennes tirées sur les al-Dura, alors que sept ou huit impacts seulement sont visibles dans le mur derrière eux. Il a constaté l’absence de sang sur les vêtements des al-Dura et sur les lieux. Il a précisé que les cicatrices de Jamal al-Dura remontaient à 1992, année où il avait été blessé à l’arme blanche (couteau, hache) en raison d’une prétendue collaboration avec Israël, et que Jamal al-Dura avait bénéficié, en 1994, à l’hôpital Tel-Hashomer de Tel-Aviv, d’opérations de chirurgie réparatrice réalisées par le Dr Yehuda David [8]. Enfin, il a noté l’inexistence de la scène de l’agonie de Mohammed al-Dura, supprimée, selon Charles Enderlin, car elle aurait été « insupportable ». Et la liste des invraisemblances et incohérences est longue.

Analysant les dégâts causés à l'adulte et à l'enfant par les tirs allégués, l’expert balistique Jean-Claude Schlinger [9] a été formel : ainsi, si le genou de l’enfant avait été atteint par balles, il aurait explosé. Ce que ne montrent pas les images de France 2.

En fait, Gil Mihaely a démontré les carences en information, qui subsistent jusqu'à à ce jour. A sa question : « Voyons-nous ce qu’on nous dit ? », la réponse est: à l’évidence: « Non ».

Au JT de 20 h de France 2, le 2 juillet 2008, le journaliste David Pujadas commentait des images de cette conférence de presse, sans donner la parole ne serait-ce qu’à l’un des trois orateurs. Il pouvait donc, sans risque d’être contredit, conclure qu’il « n’y avait pas de preuve » pour fonder la demande de Richard Prasquier [10]. Quel dommage que David Pujadas n’ait pas assisté à la conférence de presse ou aux audiences devant la Cour d’appel de Paris, ou n’ait pas donné la parole à Dominique Verdeilhan.  

 
Une commission d’enquête pour connaître la vérité

Conscient du « rôle des images qu’on peut trafiquer », dans le « façonnage » des opinions publiques, Richard Prasquier a évoqué brièvement Pallywood, cette industrie palestinienne de la propagande audiovisuelle [11].

En témoigne la préparation d’une saynète de guerre, filmée par un cameraman de Reuters en octobre 2000 : des jeunes Palestiniens s’activent autour d'une ouverture dans le mur d’un hangar vide : certains répètent une saynète de guerre, d’autres les observent placidement. Avant que ne débute le tournage, on demande à la foule de s’éloigner. Ce qu’elle fait, assistant au tournage d’une scène en buvant une boisson fraîche, ou en téléphonant sur un portable : la caméra se concentre sur un jeune Palestinien qui tire au travers de ce trou dans le hangar vide, sur un fond sonore de tirs nourris. Sur ces images, diffusées par France 2, le commentaire de Charles Enderlin est alors très dramatique.

Richard Prasquier a souligné que la Cour de cassation se prononcera sur ’’la diffamation, [une qualification juridique], et non sur la vérité des faits survenus au carrefour de Netzarim le 30 septembre 2000’’.

Dès le 15 janvier 2008, le CRIF, dont le président avait vu les rushes lors de l’audience devant la Cour d’appel de Paris, à l’automne 2007, exprimait le souhait que soit constituée une commission d’enquête indépendante, composée d’experts en analyse d’images, balistique, traumatologie et médecine légale, des ''personnalités indiscutables'', afin d’établir ces faits.

Le 16 juin 2008, le CRIF écrivait en ce sens au Président de la République, Nicolas Sarkozy.

Richard Prasquier a insisté, ce 2 juillet 2008 sur l’absence de parti pris du CRIF à l’égard de Philippe Karsenty, France 2 et Charles Enderlin, et sur sa volonté d’établir les faits de manière contradictoire, donc en associant France 2 à la constitution de cette commission d’enquête. Il bénéficie du soutien du Bureau du CRIF, dont de nombreux responsables assistaient à la conférence de presse.

Moins de 24 heures après la conférence de presse du CRIF, le ministère israélien des Affaires étrangères publiait, le 3 juillet 2008, un communiqué de presse qui faisait preuve de maladresse en chosissant le terme « tragédie ».

Il y exprimait son soutien à

« tous les efforts qui peuvent être déployés dans le but de dévoiler la vérité dans la tragique affaire ’’Mohammed al-Dourah’’. Israël rappelle que les autorités de Tsahal avaient enquêté sur les circonstances de cette tragédie. Le rapport, publié déjà en novembre 2000, avait établi l’incertitude quant à l’origine des tirs. En tant qu’Etat démocratique qui respecte la liberté d’expression et la liberté de la presse quotidiennement et en toute circonstance, Israël appuie toute procédure à même de contribuer à établir la vérité que ce soit au regard de l’événement lui-même ou que ce soit au regard de la manière avec laquelle la presse l’a couvert ».


  Les réticences de France 2

L’arrêt de la Cour d’appel de Paris ouvre une parenthèse : « Il est permis de douter » comme l’a relevé Luc Rosenzweig, journaliste retraité du Monde.

France 2 et Charles Enderlin espèrent que la Cour de cassation, qu’ils ont saisie, cassera l’arrêt de la Cour d’appel et fermera promptement et définitivement cette parenthèse. Si la Cour de cassation fait droit à leur demande, nul ne pourra plus analyser ou commenter ces images sous peine d’être sanctionné pour diffamation.

En attendant, ils semblent jouer la montre.

Si Charles Enderlin se déclare plutôt favorable à une commission d’enquête, Patrick de Carolis, président de France Télévisions, reste silencieux.

Quant à Arlette Chabot, elle a rejeté, le 3 juillet 2008, la demande du CRIF, dont le président est « entouré de gens qui sont nos accusateurs ». Elle a allégué :

« Je ne peux pas m’associer à des gens avec qui on est en procès ». Or, France 2 et Charles Enderlin sont en procès contre le seul Philippe Karsenty, lequel était absent de la conférence de presse.

Arlette Chabot a poursuivi : « Une enquête sur l’origine des tirs n’a pas de sens : elle a déjà eu lieu ». Et de citer le communiqué de presse israélien du 3 juillet 2008. Habilement, elle profite du vocable inapproprié « tragédie » utilisé dans ce communiqué, qui selon elle confirme la véracité du commentaire de Charles Enderlin le 30 septembre 2000. Tout en éludant les conclusions de l'enquête effectuée par l'armée israélienne et surtout la deuxième partie du communiqué, incisive à l’égard de France 2.

Et d’aligner sa proposition : « Jamal accepte de se soumettre à une expertise médicale et accepte l'exhumation du corps de son fils et que l’on procède à des tests ADN en paternité » [12]. On peine à saisir la raison pour laquelle Arlette Chabot, directrice de l’information d’une chaîne de télévision, refuse toute analyse par des experts des images télévisuelles incriminées, privilégiant l’exhumation du corps d’un enfant palestinien, que nul ne demande.

Elle se pose en partisan de la transparence : « J’aimerais que toutes nos images soient montrées ». Ce qui est le cas. Mais il ne tenait qu’à elle de rendre publiques les dix secondes des rushes de France 2 où, après avoir été déclaré mort par Charles Enderlin, l’enfant palestinien appelé Mohammed al-Dura soulève son coude pour regarder la caméra, et maintient ses jambes au-dessus du sol [13]. Un exploit rare, que même un médecin légiste aura du mal à expliquer.

Arlette Chabot « attend qu’on montre cet enfant ». Que l’enfant filmé soit vivant, « là n’est pas la question. On n’a pas à le prouver », a assené Richard Prasquier. Et d’ajouter : « La commission statuera sur la vérité du reportage. L’enfant est-il mort, à la fin du reportage ? »

« La télévision, c'est un métier, qui est fait par des professionnels (…) Il est bon qu'on laisse travailler les professionnels », déclarait Patrick de Carolis, ce 2 juillet 2008 [14].

De manière surprenante, Charles Enderlin a affirmé à la Cour d’appel de Paris que Talal Abu Rahma détenait toujours sa carte de presse délivrée par le Government Press Office (GPO), bureau israélien de presse gouvernemental. Début mars 2008, Patrick de Carolis et Arlette Chabot ont été informés par deux médias, The Wall Street Journal et Guysen, du non-renouvellement depuis fin 2001 de l’accréditation de Talal Abu Rahma par le GPO, conscient ''de son implication dans la mise en scène d’événements à Gaza ».

On peine à deviner la raison pour laquelle France 2 garde ce professionnel et diffuse ses images, et ce, sans en prévenir les téléspectateurs…

D’autant qu’Arlette Chabot a affirmé le 3 juillet 2008 : « S’il y a eu faute, elle sera sanctionnée ». 

Pourtant, en 2003, une rumeur infondée avait diffamé le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Dominique Baudis. A celui-ci qui lui demandait de reconnaître publiquement son erreur, Florence Bouquillat, journaliste de France 2, répliquait : « On ne fait jamais ça à la télévision, voyons ! » [15].

Rappelons qu’en août 2006, Reuters se séparait d’Adnan Hajj, car ce « fauxtographe » avait manipulé ses photos de la guerre d’Israël contre le Hezbollah au Liban, dans un sens hostile à l’Etat juif. Cette agence retirait de sa base de données 920 photos de ce collaborateur qui travaillait pour l'agence depuis dix ans [16].  


  Les actions du Président Nicolas Sarkozy

Le 1er juillet 2008, le général Bruno Cuche, chef d'état-major des armées, a démissionné, à la suite de la fusillade mortelle, survenue, le 29 juin 2008, lors d’une démonstration publique de libération d’otages par un régiment de parachutistes d’infanterie, dans une caserne à Carcassonne. Le 2 juillet 2008, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, en conseil des ministres, dénonçait des « dysfonctionnements graves et majeurs. Il n'est pas anormal que la responsabilité ne porte pas uniquement sur ce malheureux soldat qui a tiré dans la foule » [17].

Curieusement, alors que la Chine a mis fin aux fonctions de responsables gouvernementaux de la province du Zhenping liés à un scandale de fausses photos d’un prétendu tigre dangereux [18], la France se montre réticente à sanctionner des auteurs de « dysfonctionnements graves et majeurs » du secteur audiovisuel et à diligenter une enquête sur des images de saynètes de guerre et de mort alléguée d’un enfant.

Selon Le Figaro, « de source proche de Nicolas Sarkozy, [la démarche du CRIF] a peu de chances d'aboutir, ne serait-ce que parce que la Cour de cassation est encore saisie d'une procédure judiciaire ».

Interférer dans le cours d’une procédure judiciaire ? Mais, à en croire Le Figaro et Libération, le Président de la République Nicolas Sarkozy l’a déjà fait.

Prenons le cas de l’affaire de l’Arche de Zoé. Trois journalistes français - Marc Garmirian, de l’agence Capa, Jean-Daniel Guillou, de Syncro X, et Marie-Agnès Peleran, de France 3 - et quatre hôtesses de l’air espagnoles, ainsi que des membres de l’association Arche de Zoé, ont été arrêtés au Tchad, le 25 octobre 2007, avant que l’Arche de Zoé ne transfère, illégalement, 103 enfants tchadiens en France. Le 29 octobre 2007, le Président Nicolas Sarkozy a « condamné cette opération, qu’il a qualifiée d’illégale et d’inacceptable ». Et il s’est rendu, le 4 novembre 2007, à N’Djamena pour ramener en France ces trois journalistes. Selon Le Figaro, « la libération des hôtesses et des journalistes avait été conclue avant la visite surprise du président français, qui a dû intervenir personnellement dans la crise… Pour un substitut du procureur tchadien qui a été remplacé pour avoir refusé de signer les ordonnances [de leur libération], le délai a paru trop court et l’intervention française intempestive » [19].

Autre exemple : l’affaire du juge français Bernard Borrel, assassiné à Djibouti, en 1995. Le 19 juin 2008, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a reçu à l’Elysée Elisabeth Borrel, veuve du juge, et son avocat Me Olivier Morice. Libération relate : « En une demi-heure, Sarkozy fait prendre un tournant à 180 degrés à ce dossier politico-judiciaire, où la veuve et ses enfants, parties civiles, ont été ignorés, voire maltraités, au point que - événement judiciaire rarissime - deux juges d'instruction ont été dessaisis par la chancellerie. Selon maître Morice, des «engagements» ont été pris par l'Elysée. Sarkozy devrait demander à la présidente de la Cour internationale de justice qu'Elisabeth Borrel soit entendue comme témoin…

«Nicolas Sarkozy a fait preuve de beaucoup d'humanité, poursuit Elisabeth Borrel. Il s'est dit convaincu [qu’]on avait besoin de savoir ce qui s'était passé et pourquoi… Je suis soulagée de retrouver un Etat tel que je pouvais l'imaginer »[20].

Arrêtons là la liste.

Et si le Président de la République, Nicolas Sarkozy, et si France 2 persistaient dans leur silence ou refus ? « Le CRIF ira jusqu’au bout », a prévenu fermement Richard Prasquier.


 Une insuffisante appétence pour la vérité ?

L’arrêt de la Cour d’appel de Paris a provoqué des ondes sismiques qui ont bouleversé une partie de l’intelligentsia française et révélé la fragilité de la démocratie française.

Cet arrêt a sidéré les partisans du correspondant de France 2 à Jérusalem, raidis dans un appel Pour Charles Enderlin publié par Le Nouvel Obs, le 4 juin 2008, et dénué de tout argument factuel en faveur de la position du correspondant de France 2 [21].

L’un de ces signataires est Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontière (RSF [22] !

Par quel réflexe ou quelle motivation sont-ils mus ? L’amitié ? Le corporatisme ? La frousse de commettre une erreur/faute similaire ? L’incompréhension qu’on s’étonne devant une pratique – « la vérité du contexte » - peu conforme à la déontologie journalistique et condamnée par la Cour d’appel de Paris [23] ? Notons que certains journalistes signataires se sont fait remarquer par de fausses allégations [24].

Serait-ce plutôt une vision peu humaine : Charles Enderlin ne peut pas commettre d’erreur ou de faute. Pourquoi ? Parce que… Et parce que c’est « un journaliste connu pour le sérieux et la rigueur de son travail »… Or, tout journaliste sérieux et rigoureux peut commettre une erreur/faute, après un an, cinq ans, dix ans, 20 ans, 30 ans d’expérience professionnelle. Et moi la première. Pour s’en prémunir, il convient de respecter les règles de base du journalisme. Errare humanum est, perseverare diabolicum (L’erreur est humaine, persévérer - dans l'erreur - est diabolique)…

Dans un article brillant, la journaliste Anne-Elisabeth Moutet [25] a résumé le noeud du problème : il n’est pas dans les us et coutumes des journalistes français de reconnaître leurs erreurs ou fautes. Encore moins de s’excuser.

Par contre, France 2 loue les « citoyens journalistes », ces Chinois qui filment les répressions exercées par les autorités chinoises [26].

Pourtant, transparaît, dans cet appel d’intellectuels et journalistes, un certain dédain soupçonneux à l’égard d’un simple citoyen qu’ils n’ont pas adoubé – il n’est pas un des leurs - et qui ose interpeller The reporter, un aristocrate au sein d’une profession en voie de paupérisation, et ébranler la statue marmoréenne du Spécialiste/Acteur qui participe au règlement du conflit. C’est intolérable pour des bien pensants qui, par contre, ne font preuve d'aucune empathie pour la souffrance de la famille de Daniel Pearl. Rappelons que Bernard Lazare, éminent et précoce dreyfusard, n’était pas un militaire [27].

Le politologue Jean-Yves Camus avoue, avec franchise, à Anne-Elisabeth Moutet :

« Est-ce que je pense que Charles Enderlin a manqué une bonne occasion de reconnaître d’emblée son erreur et de s’épargner ce tourment ? Naturellement. [Si j’ai signé cet appel] c’était pour soutenir Charles. Savez-vous que sa femme est Danielle Kriegel ? C’est la fille d’Annie Kriegel [grande universitaire anti-communiste, aujourd’hui décédée], la sœur de Blandine [philosophe et ancienne assistante de Chirac à l’Elysée], la belle-sœur d’Alexandre Adler qui écrit sur la géostratégie et la politique dans la plupart des journaux français de qualité, hôte pérenne d’entretiens de haute qualité culturelle] ».

Bref, ce paravent de célébrités, dont une historienne décédée instrumentalisée, occulte la réalité du problème.

A cette journaliste, Me Théo Klein, autre signataire et ancien président du CRIF, avance : Charles Enderlin est « un journaliste remarquable. Je le respecte, et je suis sûr que c’est plus important que de savoir si une balle venait de droite ou de gauche. Après tout, beaucoup d’enfants palestiniens ont été tués au cours de l’Intifada ». Alors, imputer aux Israéliens un [enfant tué] de plus, quelle importance ?!

Il est préoccupant, pour la démocratie, que ces signataires célèbres ne fassent pas preuve d'un plus grand intérêt pour la vérité et pour sa recherche raisonnée.

Cet arrêt de la Cour d’appel de Paris a aussi fissuré le bloc de ces soutiens.

Un intellectuel de gauche, l’historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi [28] a demandé la constitution d’une commission d’enquête. Bientôt rejoint par le journaliste Jean Daniel, pourtant signataire [29]. Et combien d’autres encore ?


  Une démocratie française fragile

Que l’organisme porte-parole politique de la communauté juive française demande la constitution d’une commission d’enquête au Président de la République révèle un mauvais état de la démocratie française sous la Ve république.

Cela prouve que les instances habilitées à contrôler le fleuron du service public de l’audiovisuel français ont failli.

La demande du CRIF souligne aussi l’absence d’un organisme chargé de veiller au respect, par les médias, de la déontologie de la presse [30].

La presse souffre notamment de pratiques qui ruinent sa crédibilité [31]. Quel est l’avenir d’une profession qui ne peut/veut faire le ménage en son sein, exige des hommes d’affaires et politiciens une moralité sans faille, se montre impitoyable à l’égard de leurs erreurs ou fautes supposées, mais entend s’affranchir des analyses et critiques sur son action propre ? La Cour d’appel de Paris a sévèrement rappelé le 4e pouvoir à ses devoirs.

« Eux et nous », cette expression opposait les nomenklaturistes des régimes communistes - à vérité officielle et photos retouchées - aux citoyens aspirant aux libertés des démocraties [32].

L’exemple doit venir d’en haut, et principalement des élites, des dirigeants et des représentants de la nation. D’une démocratie ou d’une institution, on attend que ses responsables soient sinon des modèles, du moins des êtres mus par les valeurs et les principes fondateurs de la société.

Les premières réactions des internautes à l’appel Pour Charles Enderlin révèlent leur rejet des partis pris des signataires, dont ils se distancient fermement, une profonde connaissance de l’affaire malgré l’opacité des MSM (Main Stream Medias, principaux médias), un soutien unanime à Philipe Karsenty, et la volonté que soit établie la vérité.

L’affaire al-Dura a mis en lumière le rôle essentiel d’Internet que tant d’instances veulent contrôler étroitement. C’est de cet espace de libertés que se sont exprimés les doutes dans l’affaire al-Dura, puis sur la propagande du Hamas et du Hezbollah, à l’été 2006 [33]. Ce sont des amateurs qui ont décelé des invraisemblances et contradictions dans les images fabriquées par Pallywood et ses émules, et passées inaperçues - ou sous silence - par ces MSM. Ces sont ces esprits libres qui ont relayé leurs découvertes par respect de la vérité.

La narration du conflit au Proche-Orient, qui alimente l’attachement ou la réprobation à l’égard d’Israël et de la Cause palestinienne [34], dans le cadre d’une intense propagande djihadiste et manichéenne. Là, réside l’enjeu majeur. Les Palestiniens sont-ils réellement ces underdogs (misérables) opprimés ou tués par de vilains et impitoyables Israéliens ?

Le 27 février 2008, écoutant, médusée, Philippe Karsenty analyser les rushes de France 2 devant la Cour d’appel de Paris et en énumérer les incohérences et invraisemblances, Arlette Chabot s’exclamait :

« On envoie les images dans le monde entier. Cela tendrait à prouver que depuis des années, les agences de presse internationales, reprises par les télévisions du monde entier [ne filment et diffusent que des Palestiniens qui simulent des mises en scènes !]… C’est une mise en cause de toute la presse internationale » [35].

De quoi donner le vertige.

Les belles âmes, qui depuis tant d’années ont stigmatisé le seul Etat d’Israël en se fondant sur les images de Pallywood, se sont donc trompées gravement. Combien d’autres ont-elles trompés ? Et avec quelles conséquences ?

En outre, le décompte macabre des victimes de ce conflit actualisé par des médias, notamment « selon des sources palestiniennes », n’occulte-t-il pas le réel et douloureux tribut humain payé par l’Etat juif au terrorisme islamiste [36] ?

Ces questions sont essentielles. Le 25 mai 2008, Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères, déplorait que les politiciens forgent leur avis sur ce conflit en se basant sur les récits et les images qu’en offrent les médias, et non sur la réalité [37].

Un exemple, fourni par Stéphane Juffa, est particulièrement éclairant : « Lorsque le Premier ministre israélien, Ehud Barak, se rendit en visite à Paris, cette même année [Ndlr : en 2000], le président français Jacques Chirac lui en fit la remarque cinglante. "Ce n’est pas de la politique que de tuer les enfants !" » [38].   

Véronique Chemla

© Guysen International News


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Notes


[1] La fameuse abréviation “QQOQCCP” est appelée aussi « l’hexamètre mnémotechnique » - Quis, Quid, Ubi, Quibus auxiliis, Cur, Quomodo, Quando – du rhéteur latin Quintilien.

[2] Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des Modernes, Des Lumières au Jihad mondial. Odile Jacob, 2008. 688 pages. ISBN : 2-7381-1736-8

[3] Esther Schapira a réalisé le documentaire Qui a tué Mohamed al Dura ? (2001-2002), disponible en DVD. Transcription intégrale des textes du film d’Esther Shapira, par Menahem Macina, «3 balles et un enfant mort». La vidéo de ce documentaire est consultable sur le même site

[4] "France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement", 22 novembre 2004. 

[5] Véronique Chemla, "La justice française se prononcera sur les images controversées de la mort de Mohamed al-Dura", 19 septembre 2006.

[6] Véronique Chemla, "La Cour d’appel de Paris demande à France 2 les rushes sur l’incident al-Dura", 19 septembre 2007; "France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris", 9 octobre 2007; "Mohammed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !", 15 novembre 2007; "Un expert balistique estime «sérieuse» la possibilité d’une «mise en scène» de la «mort» de Mohammed al-Dura", 27 février 2008; voir le Rapport balistique lui-même; "France 2 et Charles Enderlin n’expliquent pas à la Cour d’appel de Paris les incohérences et invraisemblances relatives à l’incident al-Dura", 2 mars 2008; "Affaire al-Dura : les rushes de France 2 en exclusivité sur Youtube", 24 avril 2008; "La Cour d’appel de Paris a relaxé Philippe Karsenty dans l’affaire al-Dura", 22 mai 2008; "L’arrêt de la Cour d’appel de Paris relaxant Philippe Karsenty tance sévèrement France 2 et Charles Enderlin", 24 mai 2008.

[7] Elisabeth Lévy et Gil Mihaely, "Mohammed al-Dura et le parti des médias, Image de guerre ou guerre des images", 17 avril 2008. 

[8] "Al-Dura : spin ou symbole ?". Reportage exclusif de la TV israélienne, 7 mars 2008[traduit de l'hébreu par Menahem Macina], 

[9] Véronique Chemla, "Un expert balistique estime «sérieuse» la possibilité d’une «mise en scène» de la «mort» de Mohamed al-Dura", 27 février 2008, 

[10] http://jt.france2.fr/20h  

[11] "Interview de Richard Landes par Véronique Chemla", 6 janvier 2008, et http://www.seconddraft.org  

[12] Interview sur RCJ d’Arlette Chabot, « 3e directrice de l’information de France 2 à gérer cette affaire », par Shlomo Malka, le 3 juillet 2008. [Transcription intégrale, par Menahem Macina, sous le titre "A. Chabot, sur la défensive, au micro de RCJ: commission al-Dura, oui, mais sans le CRIF!".

[13] "Al Dura affair: the 10 seconds never shown by France".

[14] Laurent Suply, "La mise au point musclée de Carolis", 2 juillet 2008, 

[15] Cyrano, "Egarements et débordements médiatiques", 16 février 2005, 

[16] Top News, "Manipulations médiatiques", 10 août 2008; Eliana Johnson, "Reuters Pulls 920 Pictures by Discredited Photographer", 8 août 2006; "Reuters drops Beirut photographer", 8 août 2006; Documentaire: "Can we trust war photos ?".


[17] Reuters, "Sarkozy ne décolère pas après la fusillade de Carcassonne, 2 juillet 2008". 

[18] Reuters, "Controversial tiger photos faked", 30 juin 2008. 

[19] Pierre Prier, "Le coup d’éclat humanitaire de Nicolas Sarkozy", 5 novembre 2007;
Communiqué de l'Elysée du 29 octobre 2007. 

[20] Brigitte Vital-Durand, Affaire Borrel : ''Le Président a pris conscience de la gravité du crime'', 20 juin 2007.

[21] http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/medias/20080604.OBS7106/pour_charles_enderlin.html

[22] John Rosenthal, "When it Comes to Al-Dura, Journalists Are Against Free Speech", 20 juin 2008, 

[23] Charles Enderlin a déclaré « que « l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie », alors qu’un reportage [se définit] comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu ». Le correspondant de France 2 à Jérusalem a ainsi « reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis donné par Daniel Dayan, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias ». Véronique Chemla, "L’arrêt de la Cour d’appel de Paris relaxant Philippe Karsenty tance sévèrement France 2 et Charles Enderlin", 24 mai 2008.

[24] Sara Daniel, journaliste au Nouvel Observateur, avait allégué « le viol systématique des jeunes filles palestiniennes par les soldats de Tsahal, dans le but de les faire exécuter par leurs familles » [voir aussi : M. Macina, "Des guillemets qui tombent... mal"], et Sylvain Cypel avait "révélé la découverte du plus grand réseau d’espions opérant aux Etats-Unis, des agents du Mossad »; Stéphane Juffa, "Diffamation ou censure de l’information ?", 14 janvier 2008; Gilles-William Goldnadel, "Charles et les bétitionnaires", 10 juin 2008; Claude Angeli, rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique, Le Canard enchaîné, a écrit : « Autre preuve que rien n’est simple dans cette région. Lors de sa visite en Israël, Sarko avait cru possible de tenir, le 22 juin, sur les rives de la mer Noire, une conférence France-Israël-Jordanie-Palestine. Un coup pour rien : le roi de Jordanie et Mahmoud Abbas ont refusé d’accorder ce plaisir au président français. « Et de faire comme si, affirme, sur place, un diplomate français, les Israéliens ne continuaient pas d’installer de nouvelles colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie » (Le Canard enchaîné, n° 4 575, 2 juillet 2008). Or, s’il est un fait simple, c’est que la mer Noire ne borde pas les côtes israéliennes : les rives de la mer Noire sont partagées entre la Bulgarie, la Géorgie, la Roumanie, la Russie, la Turquie et l’Ukraine (Encyclopedia Universalis). Le souverain hachémite et le président de l’Autorité palestinienne n’ont donc pas « refusé d’accorder ce plaisir » au Président de la République française. « Pan sur le bec ! » Claude Angeli a-t-il confondu la mer Noire avec la mer Rouge ou la mer Morte ? Mystère. Lors d’une interview sur al-Jazeera, en 2008, l’universitaire israélien, Mordekhai Kedar, professeur à l’université de Bar-Ilan, justifie les constructions à Jérusalem et la judéité de la capitale éternelle d’Israël : Mordekhai Kedar, "How Did Jerusalem Come to be so Holy to Moslems?", 1er novembre 2000; et dans une traduction française de Menahem Macina - "Comment Jérusalem est-elle devenue aussi sacrée pour les Musulmans ?"; Daniel Pipes, "Jerusalem Means More to Jews Than to Muslims", Los Angeles Times, 21 juillet 2000, et en français, "A qui appartient Jérusalem ?".

[25] Anne-Elisabeth Moutet, "L'Affaire Enderlin, Being a French journalist means never having to say you're sorry", The Weekly Standard, volume 013, Issue 41, 7 juillet 2008, 
et en français (traduction de Menahem Macina) "L’affaire Enderlin : Être un journaliste français implique de ne jamais s’excuser"

[26] Reportage de Pascal Golomer, JT de France 2, 29 juin 2008, 20 h. 

[27] Philippe Oriol, Bernard Lazare. Stock, 2003. 457 pages. ISBN : 2234056144

[28] Elie Barnavi, "L’honneur du journalisme", Marianne, 7 au 13 juin 2008. 

[29] Jean Daniel, "La mauvaise tolérance", Le Nouvel Observateur, nº 2275, 12 juin 2008. 

[30] La charte des devoirs professionnels des journalistes français, juillet 1978, révisée en janvier 1938; Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, 1971.

[31] "La confiance des Français dans les médias", Enquête réalisée les 7 et 8 février 2007 pour La Croix par TNS-Sofres. 

[32] Mark Grosset, Khaldei - Un photoreporter en Union soviétique. Editions Le Chêne, 2004. ISBN : 9782842775483; "Drapeau sur le Reichstag, Images trompeuses : I comme icône", 2 juin 2008; David King, The Commissar Vanishes: The Falsification of Photographs and Art in Stalin's Russia. Metropolitan Books, 1997, 1952 pages. ISBN-10: 0805052941.

[33] Véronique Chemla et Guy Senbel, "Ceux contre qui combat Israël", 11 août 2006.

[34] Dan Diker, The Influence of Palestinian Organizations on Foreign News Reporting, JCPA, Jerusalem Issue Briefs, mars 2003, Vol. 2, n° 23, 27 March 2003; "We're not celebrating Israel's anniversary", 30 avril 2008.

[35] Un raté de Pallywood en 2002 : le faux mort palestinien tombe à deux reprises de sa civière, et y remonte prestement, provoquant la panique de la foule qui accompagne le faux cortège funéraire ! "Un 'faux enterrement' à Jénine", Le Monde, 4 mai 2002; images sur Dailymotion

[36] Ce site recense les 1 168 victimes du terrorisme palestinien depuis septembre 2000. 

[37] Déclaration à Paris lors de la conférence marquant la création de Kadima France, le 25 mai 2008; Georges Marion, “L'Apport de la France au processus de paix", Le Monde, 9 décembre 2000.

[38] Stéphane Juffa, "The mythical martyr", 26 novembre 2004; traduit en français par Patrick Choffrut;  Eric Aeschimann et Christophe Boltanski, Chirac d’Arabie : les mirages d’une politique française. Grasset et Fasquelle, 2006. 430 pages. ISBN : 2246691214.

Photos, de haut en bas :

- timbre tunisien consacré aux al-Dura ;
- Place de l’enfant martyr de Palestine à Bamako (Mali). © DR ;
- Gil Mihaely, Elisabeth Lévy et Richard Prasquier à l’issue de la conférence de presse ;
- Jamal al-Dura téléphone à l’hôpital ;
- logo du CRIF ;
- logos de France 2 et de son JT ;
- Mohamed al-Dura déclaré mort et soulevant le coude pour regarder la caméra, et les jambes ;
- carte du carrefour de Netzarim. © Richard Landes et V. Chemla ;
- des grilles du jardin du Luxembourg lors de l’exposition Objectif Une : un demi-siècle vu par L’Express (2004). La légende de la photo des al-Dura, indiquait en français, anglais et espagnol : « 30 septembre 2000. Jamal al-Dura et son fils Mohamed, âgé de 12 ans, se protègent des balles israéliennes. L’enfant sera tué ». Des passants ont supprimé les mots « israéliennes, tué ». Des barrières métalliques ont été mises pour protéger le texte. L’autre photo était ainsi légendée : « Un Palestinien montre ses mains trempées dans le sang de deux soldats israéliens lynchés dans un poste de police à Ramallah, en Cisjordanie ». © V Chemla ;
- timbre égyptien en 2000 ;
- les al-Dura dans la vidéo de Daniel Pearl ;
- Mohamed al-Dura déclaré mort par Charles Enderlin ;
- Logo « Pallywood, according to Palestinian sources ». © Richard Landes.

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Mis en ligne le 6 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

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