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3 juillet 2008
Transcription : Menahem Macina, pour upjf.com
Cliché emprunté au Blog Bakchich
Shlomo Malka : Le conseil Représentatif des Institutions juives de France souhaite une commission denquête indépendante sur laffaire Mohammed Al-Dura. En ligne avec nous, Arlette Chabot, directrice de linformation sur France 2. Arlette Chabot, Bonjour. Merci davoir accepté notre invitation
- Merci à vous
- en dépit dune actualité, jimagine, très chargée, avec la libération dIngrid Betancourt. Alors, nous revenons, avec vous, Arlette Chabot, sur un épisode ancien, dont nous avons déjà parlé ensemble, mais qui ressurgit avec un procès en diffamation, une pétition du Nouvel Observateur, et la conférence de presse du CRIF, hier [1]. Donc, ce fameux reportage diffusé par France 2, le 30 septembre 2000, il y a bientôt 8 ans, sur la mort du petit Mohammed al-Dura dans les bras de son père, au carrefour dit [de] Netzarim, Richard Prasquier, le président du CRIF, réclamait hier, dans une conférence de presse, une commission indépendante pour examiner les faits, en soulignant quil y avait un certain nombre de choses troublantes. Est-ce que France 2 est daccord pour contribuer à ce que les faits soient réexaminés ?
- Nonצ mais, moi je répète depuis 4 ans que je dirige linformation de France 2 et étant le troisième directeur de linformation de France 2 à gérer cette affaire, que nous navons rien à cacher. Je le dis et je le répète, et jaimerais bien que ce soit entendu une fois pour toutes. Maintenant, quest-ce que ça veut dire une commission denquête ? Je voudrais simplement je ne sais pas si vous lavez vu
hier soir, il y a eu un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères, qui rappelle et je vais vous lire le communiqué et franchement il a été publié, je lai découvert hier soir :
"LEtat dIsraël soutient tous les efforts qui peuvent être déployés dans le but de dévoiler la vérité dans la tragique affaire « Mohammed al-Dourah ». Israël rappelle que les autorités de Tsahal avaient enquêté sur les circonstances de cette tragédie. Le rapport, publié en novembre 2000, avait établi lincertitude - lincertitude, i n - certitude - quant à lorigine des tirs."
Voilà [2]. Donc, quand moi jentends parler dune commission denquête, alors, je vois bien la réponse déjà : cette commission denquête, de toute façon, sur lorigine des tirs, na pas de sens. Lenquête a déjà eu lieu. Voilà. Et, deuxièmement, le problème que nous avons avec ceux qui nous accusent, cest de dire que cette scène a été jouée, que lenfant que nous voyons sur ces images nest pas mort, vit aujourdhui à Gaza, et que le père na jamais été blessé. Alors, il y a dabord une chose que jattends depuis 4 ans, cest quon me donne la preuve de vie de cet enfant. Où est-il ? Quon nous le montre. Bon. Deuxièmement, nous, nous avons proposé, à plusieurs reprises, de façon tout à fait publique, même lors de laudience de notre procès, nous avons proposé deux choses : nous avons dit que le père de lenfant, qui a déjà montré ses cicatrices publiquement et nous avons montré les images -, accepte de se soumettre à une expertise de médecins qui pourront confronter les cicatrices daujourdhui avec les radios qui ont été montrées, à lépoque, et puis, qui pourront ensuite être confrontées ne serait-ce quaux images de sortie de lhôpital palestinien où il a été soigné, et même le bulletin médical de lhôpital militaire jordanien, dans lequel il a été également soigné, et où il a reçu la visite du roi Abdallah de Jordanie. Donc, voilà, le père accepte ça. Et deuxièmement, le père accepte aussi que le corps de son fils soit exhumé à Gaza, puisque il a évidemment une tombe, et quon procède à des tests, au moins en paternité cest-à-dire des tests ADN et quon voie si on peut établir parce que, effectivement, je ne sais pas (et pardonnez-moi, je trouve ça extrêmement choquant) sur ce qui peut rester de son fils quil y a des traces, des preuves, que son gamin a été tué par balles. Voilà. Si nous nous lavons vu, ça, je ne veux pas
- Alors, est-ce que vous êtes Arlette Chabot, est-ce que vous êtes prête à discuter avec, euh, à dialoguer avec le président du CRIF au sujet de cette commission indépendante, faire en sorte quelle soit mise en place et quelle puisse, je veux dire, euh, découvrir la vérité en procédant aux examens nécessaires, en interrogeant qui bon lui semblera, etc. ?
- Je vais vous dire, Monsieur, ya juste un tout petit problème. Cest que le président du CRIF, quand il fait une conférence de presse je respecte infiniment le CRIF, hein, cest pas du tout, euh, le problème mais, moi je regrette infiniment que, lorsque le président du CRIF fait une conférence de presse pour demander une commission denquête, et encore une fois, en général, et après il faut, après, voir sur quoi on enquête. Voilà
Quand je vois que le communiqué israélien dit "tragédie", jai limpression que la tragédie ça veut quand même dire quil sest passé quelque chose
- Mais personne na jamais nié que cétait une tragédie.
- Ah, mais si, Monsieur, parce que quand on me dit que lenfant est vivant et quil est rentré chez lui, après, les mains dans les poches
[3]
- Ça nest pas, euh, ça nest pas ce qua dit Richard Prasquier.
- Non, mais simplement Monsieur Prasquier est entouré de gens qui disent ça. Voilà. Il a fait une conférence de presse
- Cest possible, mais cest lui qui a fait la conférence de presse
- [Sur un ton aigu] Non, non, non, non ! Attendez, moi je suis très précise. Il a fait une conférence de presse. Il na pas tenu lui-même ces propos, mais il fait, il présente cette conférence de presse avec des gens qui sont nos accusateurs. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que forcément jen suis navrée -, il nest pas tout à fait neutre dans cette affaire
[4].
- [Inaudible]
- Moi, jaccepte tout à fait dailleurs, jai déjà rencontré Monsieur Prasquier, et je lui avais déjà fait cette proposition, parce que commission denquête, je lui avais dit que sur les tirs, ça navait pas de sens, et le communiqué israélien dhier, évidemment, dit la même chose [5]
- Cest quand même en contradiction
-
en plus, cest pas mon problème
-
cest quand même en contradiction avec
Vous-même, dailleurs, vous nous aviez dit, ici même : On ne saura jamais doù viennent
- [Cri] Eh bien, oui
- mais jamais
les tirs
-
oui
- mais jamais : cest contradictoire avec
- Pas du tout
-
la position qui a été celle de Charles Enderlin : de de de dire, euh, que les tirs provenaient, euh, que lenfant a été pris, euh, comme cible de tirs provenant de la position israélienne
- Non, mais comme
-
cest, dailleurs, la position
- vous avez sûrement
vu lenfant
[les deux protagonistes parlent en même temps, mais la voix de Chabot est plus forte]
- Pardonnez-moi, est-ce que jai une chance de vous répondre ?
- [Inaudible]
- [Agressive] Cest une question, ou cest une polémique ? [6]
- Pas du tout, non
- Sinon cest un débat, cest autre chose. Je suis navrée, mais vous avez sûrement vu, dans les jours qui ont suivi cest-à-dire dès le lendemain , linterrogation, le compte-rendu justement de lenquête de Tsahal, avec le porte-parole de Tsahal, qui disait queffectivement, la conclusion de lenquête était quon ne pouvait pas déterminer [si les tirs étaient palestiniens ou israéliens] nous lavons diffusé nous-mêmes à lantenne, à lépoque [7]. Voilà, donc
- Lembêtant, cest que la pétition du Nouvel Observateur, euh
- Non mais, monsieur, je nai pas
- qui soutient Charles Enderlin reprend lidée que les tirs venaient
- [Les deux parlent en même temps, mais Chabot prend le dessus avec sa voix forte]
le problème, aujourdhui, nest pas les tirs. Le problème est : est-ce que cette scène est jouée ? Parce que si ça veut dire quil y a des tirs, ça veut dire que le gamin, de toute façon, est mort. Donc, aujourdhui, on me dit quoi ? On me dit que cet enfant est vivant, et que le père, ce sont des blessures-bidon. Voilà, donc. Et que la scène est bidon. Donc, le problème, il est là. Laccusation, elle est là, aujourdhui. Donc, moi je vous dis deux choses, cest ce que je répète inlassablement depuis 4 ans : Un, je nai rien à cacher, sil y a eu faute, elle sera sanctionnée. Deux, jattends la preuve jattends une preuve, parce que, au bout dun moment, on ne peut pas toujours accuser sans preuve, il faut donner la preuve de ce quon avance ; la preuve que cette scène a été jouée, cest quoi ? - le gamin est vivant ? Je vous promets que, sil est vivant, il sera linvité du journal de 20 heures de France 2, on fera un immense reportage, je présenterai des excuses au nom de la Rédaction de France 2, et nous prendrons des sanctions. Jattends quon me montre cet enfant dont on me parle depuis 4 ans [8]. Troisièmement
- Vous lavez dit effectivement
- Ben oui, je lai dit
-
au Figaro, mais, est-ce que vous feriez la même chose si on découvre quil ny a pas eu de blessures par balles, par exemple, sur Jamal al-Dura, le père ?
- Mais, Monsieur, jai déjà montré des photos, euh, du père qui pardonnez-moi se déshabille pour montrer les cicatrices ; et je viens de vous dire que le père accepte quil y ait une expertise. Et nous sommes tout à fait, ça nous avons, je vous lai déjà dit, faisons une expertise avec des médecins qui sont indépendants et qui diront, ben, euh, voilà comment ce type a été blessé ; voilà les certificats médicaux, puisquil existe des certificats médicaux, qui ont été produits par des médecins palestiniens et jordaniens, sur la qualité des blessures et les séquelles quil a aujourdhui. Voilà, je veux dire, moi je ne peux pas dire plus. Il y a longtemps que je dis : évidemment faisons ça. Maintenant
- (Ils parlent en même temps) : Alors quest-ce qui empêche de le faire dans le cadre dune commission
- Ben
-
puisque Richard Prasquier a dit vous aviez quelquun de France 2 qui a assisté à la conférence de presse, donc, on a dû vous le dire -, il a dit : ça dépasse le cas de Charles Enderlin. Cest pas nimporte
tout journaliste peut se tromper. Il nest à labri de critiques. Nous souhaitons simplement connaître la vérité. Est-ce que vous êtes contre cela ?
- Non, mais moi je vous dis la même chose. Je dis simplement que je ne peux pas massocier à la démarche de quelquun qui porte les accusations de gens contre lesquels nous sommes en procès, parce que je vous signale que la procédure nest pas terminée : nous avons déposé un pourvoi en cassation. Donc, la procédure nest pas
donc je suis infiniment désolée de dire que, sil y a des personnes qui, en toute indépendance, qui ne sont pas liées, qui ne prennent pas parti, qui ne font pas une conférence de presse avec nos accusateurs, peuvent effectivement, avec nous, travailler sur la composition dune équipe médicale, française, américaine, anglaise, ça mest complètement égal, qui pourraient se livrer à cette expertise dans nimporte quel hôpital, etc.
- Eh bien, écoutez, enfin, vous nêtes pas
- Mais je ne peux pas
-
parce que, là encore
- [une fois de plus A. Chabot essaie de couper la parole]
non mais à côté [confus]
-
là encore, la proposition que fait le CRIF na rien à voir avec les problèmes entre Monsieur Karsenty et
- Si, Monsieur, parce que
-
et France 2...
- Non, non, mais attendez
- ça nest pas un combat
- On peut discuter jusquà linfini. Je ne peux pas accepter, et je regrette infiniment que, lorsque le président du CRIF [9] et je ne veux pas polémiquer avec le CRIF, qui est une institution éminemment respectable, évidemment, et je peux moi-même, je me rends, euh, chaque année, à ce quil est convenu de définir ce fameux dîner, parce que je respecte cette institution, je respecte ceux qui sont membres de cette institution, et je respecte ce quelle représente, et évidemment je respecte la communauté dans son ensemble
Jai juste un souci de responsabilité, moi aussi jaimerais que tout le monde ait ce souci, et je ne veux pas et je ne comprends même pas comment une institution aussi respectable, pardonnez-moi de le dire, et pour laquelle, donc, encore une fois, dont je mesure limportance, peut relayer des accusations sans preuves. Voilà, ça, ça me choque beaucoup. Donc, je comprends et jai déjà encore une fois discuté avec Monsieur Prasquier, donc, je lui ai déjà fait ces propositions, dont visiblement il na pas tenu compte, et après, il a basculé et, pour moi, pris position pour un autre camp. Et jen suis infiniment désolée. Donc, sil y a des personnalités qui, en dehors de cette institution, acceptent un vrai dialogue, acceptent quon travaille ensemble, je le ferai volontiers, parce quils ne seront pas comment dirais-je ? des relais daccusateurs, de gens qui nous mettent effectivement
[10]
- Mais enfin, cest une proposition qui a été faite à France 2. Arlette Chabot, nous sommes 8 ans après cet événement
- Ah, jen suis infiniment désolée
-
est-ce
-
je trouve ça grotesque
- est-ce que cest illégitime, est-ce que cest inimaginable de concevoir quil y ait une réflexion sur ces images, comment elles ont été montées, comment elles ont été montrées, les commentaires qui les accompagnent, ça pose quand même un certain nombre de problèmes, et qui
- Non, mais on peut
écoutez
-
on a posé des questions semblables sur la fausse interview de Castro, sur le SMS du Nouvel Observateur, sur des choses qui
- Bien sûr, on a même dit que les Tours jumelles de New York
[11]
- ...ont été dites par Sara Daniel [12] dans un reportage
-
mais, Monsieur, permettez-moi de vous dire quon dit même que ce sont les Juifs qui ont organisé les attentats du 11 septembre [13]. Voilà. Moi je refuse de me poser des questions là-dessus. Mais nous, on a tout donné nos images. On propose, euh, on a tout proposé, je les ai déjà montrées, jai déjà organisé une conférence de presse [14]. Simplement, jaimerais que toutes nos images soient montrées, et pas une partie des images. Donc, nous les tenons à votre disposition. Nous avons fait une présentation de ces images. Nous avons une série de photos, qui sont des images arrêtées de lensemble de la prise [= séquence]. Donc, franchement, moi je nai... je suis en toute transparence, je ne dis pas quon ne peut pas sinterroger, je dis simplement, malheureusement
- Dautant, dautant...
- [Chabot continue à parler en même temps que S. Malka. Inaudible]... Dautant plus que vous nétiez pas en poste à lépoque
- Justement
- Vous nêtes pas en cause. Mais est-ce que France 2 ne se grandirait pas en acceptant une
- Non, mais attendez
-
une commission présidée par une personnalité vous lavez dit tout à lheure totalement, euh, une personnalité respectée, une personnalité
- Mais, Monsieur
-
indépendante
-
faites-moi crédit [= l'honneur] découter ce que je dis. Je dis
- Je vous écoute avec beaucoup
- Ça fait
-
dattention
- plusieurs années que jai dit, y compris devant [le tribunal], à la dernière audience : que nous acceptons, euh, que le père laccepte donc, ce nest pas moi qui laccepte, parce que cest le père, Monsieur Mohammed [15] al-Dura, [qui] accepte lui-même de se soumettre à une expertise. Ce nest pas moi qui la demande. Ce nest pas le président du CRIF qui pousse Monsieur al-Dura ; ça fait quand même à peu près 2 ans, voyant la polémique, dont il a [inaudible] été assez pénible, jimagine, pour lui, il dit : jaccepte de me soumettre [aux expertises] alors, attendez, je veux dire, donc, je ne suis pas dans les cordes, en train dêtre obli
acculée à accepter quelque chose [16], jai moi-même proposé ça parce que le père laccepte aussi. Donc, je, voyez ya, ya pas de souci. Simplement, jaimerais que ce soit fait dans une démarche, qui est la nôtre, de transparence vous lavez dit, je nétais pas directeur de linformation, à lépoque
.
- Absolument.
- ...donc je nai pas couvert [lévénement] je suis tout à fait à laise avec cette affaire. Voilà. Donc, jai moi-même cherché la vérité. Jai moi-même proposé effectivement, jai bien regardé les choses, jai interrogé les gens ; donc je suis tout à fait prête, parce que le père laccepte, et jai fait ces deux propositions publiquement. Alors, après, je veux juste que ça soit fait, euh, une expertise soit réalisée, euh, avec des gens indépendants, et des gens qui naient pas, a priori, un avis sur le résultat, euh, de linvestigation [17]. Voilà
- Cest le
- Cest ce que je vous dis très tranquillement.
-
vous ne pensez pas que cest le cas de Richard Prasquier ?
- [Dun ton las] Je vous répète, depuis hier, que la manière dont sest déroulée la conférence de presse me perturbe beaucoup.
- Très bien, écoutez
je
- Voilà
-
je vous propose, je vous propose daller plus loin, parce que, on a entendu ce que vous avez dit. Je pense quil y a tout de même certaines ouvertures, si vous me permettez, et donc, moi je propose euh, que, euh, RCJ vous fasse rencontrer et dialoguer avec Richard Prasquier
- [Avec précipitation] Je lai déjà vu, jai même déjeuné avec lui, il y a trois mois, je pense. Voilà, voyez. Donc, jai déjà déjeuné avec lui. Je lui ai expliqué tout le dossier, il y a plusieurs mois, et voilà, et jai malheureusement constaté que le CRIF, qui était jusquà présent dans une position, euh, jallais dire, de respect du fonctionnement de la justice, puisquil y a une procédure en cours, ait changé dattitude et pris position. Cest-à-dire quon nest plus dans une interrogation, que je peux comprendre, que jaccepte tout à fait, mais que, maintenant, je ne voudrais pas quil soit le relais, euh, de nos accusateurs [18], contre lesquels, effectivement, il y a une procédure, euh, en cours. Voilà.
- Vous avez vu quand même que des gens de bonne volonté, comme Elie Barnavi, ou quelquun comme Jean Daniel, qui était sur la position de la pétition, est revenu en demandant, en réclamant la même chose que le CRIF, cest-à-dire
.
- Alors, je me permets
-
une commission denquête indépendante
-
pardonnez-moi, je me permets de vous demander, notamment parce que je suis allée rencontrer Jean Daniel, il y a quelque temps, qui souhaite en parler avec Denis Olivennes, demandez-leur ce quils ont conclu de notre conversation. Voilà. Cela ne mempêche pas, moi, de dire que, si ça peut calmer les esprits, euh, jaccepte, encore une fois parce que le père lui-même laccepte, quon procède à un certain nombre dexpertises. Mais vous savez, je pense quil faut, dans cette affaire, ce que je souhaite, cest que lon mette du rationnel [insistance dans le ton, sur ce mot], de la raison [même procédé] du calme, de la transparence elle ne me gêne pas, pour les raisons que nous avons évoquées, je voudrais juste un tout petit peu de raison [insistance dans le ton, sur ce mot]. Et je pense que lorsque vous parlez, effectivement, dun certain climat en France, que vous dénoncez [19], je comprends tout à fait votre inquiétude, et cest pour ça que je prends cette affaire avec beaucoup de responsabilité. Et je ne veux en aucun cas participer à des opérations qui renforceraient un sentiment extrêmement odieux dans ce pays. Voilà. Et je prends ça avec beaucoup de responsabilité. Je ne veux pas aggraver les tensions. Je veux quon se calme. Je veux que tout le monde ait des propos responsables, parce que je déteste un certain climat qui paraît sinstaller de temps en temps et qui vise une communauté juive que je respecte, et je ne veux pas participer, ou, en tout cas, par irresponsabilité, donner crédit à ceux qui veulent attiser les tensions.
- Vous reconnaissez tout de même que ce reportage a fait un mal considérable ?
- Mais, Monsieur, ce nest pas
je veux dire
attendez
vous êtes
je ne peux pas accepter la formulation de la question [20]. Il y a des images qui ont, parce quelles ont été effectivement choquantes, mais, euh - comment dirais-je ? créent une émotion dans le monde, comme dautres images, comme la, le petit enfant vietnamien quon a vu pendant des années [21]. Voilà. Mais, attendez, euh, ça, cest la médiatisation. Moi, je suis confrontée à quoi ? La Rédaction de France 2 est confrontée à une accusation de mise en scène. Donc, mettons du rationnel : cest une mise en scène, ou est-ce quil faut parler dune tragédie, comme le dit le gouvernement israélien ? Tragédie, ça veut dire quoi ? Cest quelque chose de grave qui sest passé. Oui, cet enfant est devenu un symbole, parce que, parce que cétait un moment particulier, il y a toujours de lémotion. Combien denfants israéliens ont été tués depuis, par des attentats commis par des organisations palestiniennes ? Combien denfants palestiniens ont été tués depuis 8 ans ? [22]. Il y a dautres martyrs, des deux côtés. Voilà. Moi je respecte les martyrs. Je respecte ceux, heu, des, des, des, des
des, jai vu des parents denfants juifs français qui ont été accusés, voire maltraités, parce quil y a eu cette affaire al-Dura et des images qui ont choqué. Je respecte toutes les douleurs. Je respecte tout le monde. Je demande juste quon fasse preuve de rationnel, quon naccuse pas sans preuve, quon ne jette pas, quon ne tente pas de jeter lopprobre sur un certain nombre de gens, et que si on peut amener encore du rationnel par de lexpertise sans préjugé, je laccepte tout à fait.
- Arlette Chabot, directrice de linformation sur France 2, merci davoir été avec nous.
Interview de Shlomo Malka, pour RCJ
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Voir : "Conférence de presse du CRIF sur laffaire Al-Dura et une commission denquête à son propos".
[2] Bel exemple de citation tronquée pour en dissimuler la portée réelle. Voici la suite du Communiqué du Ministère israélien des Affaires étrangères, escamotée par Mme Chabot : "En tant qu'Etat démocratique qui respecte la liberté d'expression et la liberté de la presse quotidiennement et en toute circonstance, Israël appuie toute procédure à même de contribuer à établir la vérité que ce soit au regard de l'événement lui-même, ou que ce soit au regard de la manière avec laquelle la presse l'a couvert''. On ne saurait être plus clair. (Newsletter de lAmbassade dIsraël, n° 275, du 3 juillet 2008).
[3] Personne, évidemment, na jamais dit quaprès la fusillade, lenfant al-Dura était « rentré chez lui
les mains dans les poches ». Le procédé est grossier, mais hélas efficace sur les esprits faibles ou déjà hostiles. Son but : ridiculiser les critiques du reportage de France 2.
[4] Comprenez : comment faire confiance à lobjectivité dun président du CRIF qui côtoie un aussi dangereux émule de Thierry Meyssan, que Philippe Karsenty ?
[5] On se demande où Mme Chabot lit, dans le communiqué cité plus haut (voir note [2], ci-dessus] : qu « enquêter sur les tirs, ça na pas de sens ».
[6] Bonjour lintimidation !
[7] La mauvaise foi est patente. Il arrive quune commission denquête parvienne à des conclusions qui sont rectifiées ultérieurement. En loccurrence, Mme Chabot omet de préciser que larmée, dune part, et le directeur du Bureau de presse gouvernemental, dautre part, ont, par la suite, émis la possibilité, voire la quasi-certitude que les tirs étaient palestiniens et non israéliens.
[8] Belle audace que celle qui consiste à affirmer que depuis quatre ans, Madame Chabot n'a cessé de répéter que France 2 n'a rien à cacher! On l'a vu quand des dizaines de personnes, y compris Tsahal, et enfin Philippe Karsenty, par voie de justice, n'ont cessé de réclamer une copie des rushes et se sont vu éconduits sous divers motifs fallacieux. Quant à la bravade: "Jattends quon me montre cet enfant dont on me parle depuis 4 ans", c'est une exigence peu sérieuse et même ridicule. Il va de soi que, si lenfant a été 'exfiltré' des lieux de la fusillade après que la batterie de la caméra de Talal Abu Rahma se soit malencontreusement avérée épuisée (!!!), il y a peu de chances pour que, huit ans plus tard, l'enfant d'alors, qui, aujourd'hui, devrait avoir 20 ans environ, puisse être retrouvé, et plus encore qu'il se laisse convaincre daller se faire interviewer dans les studios de France 2. On se demande comment la directrice de l'information de France 2, qui, visiblement se prend très au sérieux, peut émettre un propos aussi incohérent.
[9] A. Chabot perd le fil et nachève pas son propos concernant R. Prasquier.
[10] Toutes les tentatives de Shlomo Malka de "réconcilier" Mme Chabot et le Président du CRIF se heurtent à un mur têtu de déni. Pas de compromis. Comme dit plus haut, la dame ne parle ni ne collabore avec quelquun qui a, dune manière ou dune autre, partie liée avec lun des "détracteurs" du reportage de France 2.
[11] Encore le coup du stigmate à la Meyssan.
[12] Il sagit dun reportage de la fille de Jean Daniel qui relayait les accusations palestiniennes de viol, par Tsahal de femmes palestiniennes, dans le but machiavélique de les faire tuer pour lhonneur de la famille. Voir : M. Macina, "Des guillemets qui tombent... mal".
[13] Quel mauvais goût ! A. Chabot joue sur le registre de la connivence (de très mauvais goût), dans le genre : ça vous a révulsés, vous Juifs, dêtre accusés davoir organisé lattentat du 11 septembre, n'est-ce pas? Alors, vous pouvez comprendre ce que ressent France 2, accusée de faux reportage. En effet, le parallèle est saisissant. Une seule questio, Madame Chabot: Combien de morts ou de blessés, cette hyper-critique de votre reportage a-t-elle causés dans les rangs du personnel de France-Télévisions ?
[14] Mme Chabot ose parler de conférence de presse, alors qu'i ne s'est agi que d'une projection privée réservée aux journalistes Jeambar et Leconte, plus Rosenzweig (qui travaillait alors, la main dans la main, avec la Ména, à l'insu de Mme Chabot, qui l'eût expulsé si elle l'avait su), et à quelques 'huiles' de France 2. Plusieurs collègues m'ont confirmé que l'accès à cette prétendue "conférence de presse" était rigoureusement filtré, et que des gendarmes sont même intervenus pour refouler certains 'candidats au savoir' particulièrement incisifs qui se plaignaient à voix haute de cette ségrégation.
[15] Mme Chabot na visiblement pas suivi laffaire de près : Mohammed al-Dura, cétait le fils ; le père se prénomme Jamal.
[16] Curieuse contre-attaque à une attaque qui na pas été formulée. Cette sortie en dit long sur la posture défensive pavlovienne de la directrice de linformation, de France 2.
[17] Donc quiconque a un avis sur le résultat de la Commission denquête est automatiquement disqualifié ? A ce compte, personne ne pourrait en faire partie, car tout le monde a un avis sur tout. La bévue serait comique, si elle nétait pas inquiétante. On comprend que dans un tel état de confusion mentale, Mme Chabot ne puisse être raisonnée et ait lancé le ban contre le CRIF et son président, malgré ses expressions, aussi dithyrambiques que racoleuses, dappréciation de cette « institution éminemment respectable »
[18] On peut dire ce quon veut de Mme Chabot, mais nul ne peut dire quelle na pas de suite dans les idées. Non M. Malka, vous ne me rabibocherez pas avec Monsieur Prasquier. Na ! Non, cest non, foi de Chabot !
[19] Sauf erreur, il na pas été question de cela dans cette interview.
[20] A lévidence, Mme Chabot est perturbée par cette question, pourtant légitime. L'affirmation de Shlomo Malka, n'est que la reprise de la réflexion de la Cour d'appel de Paris, selon laquelle "le film... a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région" (voir référence, ci-après, note [22]). Aussi se réfugie-elle, une fois de plus dans le déni ; mais cette fois, il est frénétique et accompagné de bégaiements, ce qui révèle que la question a touché là où cela fait mal. Dailleurs tout ce paragraphe final est une logorrhée proche de lincohérence. Lémotionnel y domine, ce qui ne laisse pas de détoner après les invitations réitérées à la "rationalité" quelle prodiguait à tout va, une minute auparavant. Linterview se termine en fiasco.
[21] Lallusion est, semble-t-il, au drame de la noyade, lente mais inexorable, retransmise en direct dans le monde entier, dune petite fille dont les jambes étaient bloquées par des blocs de béton, suite à des inondations catastrophiques. La comparaison est dailleurs, scandaleusement inadéquate. La mort de la petite malheureuse nétait pas attribuable à de méchants nazis israéliens, et elle na pas causé les vengeances sanglantes consécutives à la fusillade de Netzarim.
[22] Autre comparaison inadéquate, mais, cette fois, crapuleuse. Tout journaliste honnête sait que larme de propagande favorite des Palestiniens, ce sont leurs morts, surtout les enfants. Ils savent également quils nempêchent pas les enfants de sexposer, voire quils les y incitent, au point quon ne compte plus les cas de tirs à balles réelles de "militants" palestiniens, environnés denfants, conformément à la tactique dite du "bouclier humain". Le sophisme ici, est : Pourquoi des gens qui tuent de centaines denfants [entendez volontairement, alors que cest précisément linverse], se priveraient-ils den prendre un pour cible, uniquement pour le plaisir ? Au reste, l'argument consistant à inférer des centaines de morts d'enfants palestiniens pour justifier la conviction de la culpabilité de Tsahal dans le tir qui aurait tué l'enfant al-Dura, est inadmissible en journalisme. Ici Mme Chabot est sur la ligne de défense de Charles Enderlin, qui, r
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© RCJ
Mis en ligne le 6 juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











