mardi 1 juillet 2008
Sur le Blog de lauteur
Samir Kuntar a été condamné par un tribunal israélien à une peine cumulée de 542 ans, pour avoir massacré la famille Haran lors dune opération terroriste à Naharya, en 1979, au cours de laquelle il fracassa avec grande délectation, la tête de la jeune Einat âgée de 4 ans sur les rochers longeant la mer.
Aucun gouvernement précédent na jamais envisagé sérieusement la libération de ce monstre qui néprouve aucun remords à offrir de jeunes enfants en sacrifice à son dieu.
Arrive alors le gouvernement Olmert qui, en récompense de ses actes de bravoure, décide de réduire sa peine de 542 à seulement 29 ans et de libérer celui qui sera bientôt reçu en héros chez les adorateurs dAllah.
Il ne sera pas le seul à être relâché, mais dautres prisonniers en pleine santé suivront son chemin vers la liberté retrouvée.
A moins dune surprise de dernière minute, cette libération devrait avoir lieu prochainement dans le cadre dun accord passé avec la milice chiite libanaise, qui prévoit quIsraël récupère, en échange, les dépouilles des soldats Ehud Goldwasser et Eldad Reguev, enlevés vivants, le 12 juillet 2006, lors dune attaque du Hezbollah sur le territoire israélien.
Au-delà de la nécessité de récupérer le corps dun être cher pour pouvoir en faire le deuil, la loi juive veut quil soit enterré conformément à la tradition. Les familles Goldwasser et Reguev pourront ainsi rendre hommage à leur défunt et le pleurer.
Lintention est louable, mais pourquoi diable ! - payer un prix si élevé ? Nest-ce pas donner carte blanche à lassassinat de Juifs, puisquen tuant leurs otages, les assassins obtiennent maintenant plus que ce que tous les gouvernements précédents dIsraël étaient prêts à donner pour récupérer ses citoyens vivants ?
En fait, quand je parle dassassinat dotages, cest pour préserver les âmes sensibles.
Car en réalité, quand on sait les tortures ayant entraîné la mort, qui ont été infligées au Juif Ilan Halimi par des jeunes soumis à linfluence de la presse française, on peut imaginer ce que peut donner le traitement opéré sur des soldats israéliens par des miliciens chauffés aux délicats sermons des mosquées libanaises.
Cette décision du gouvernement Olmert est lourde de conséquences. Tsahal devra-t-elle envisager de distribuer à ses soldats des doses de cyanure à ingurgiter en cas de danger pour éviter de mourir dans les pires atrocités, puisque la barbarie envers les soldats juifs est maintenant récompensée par Israël ?
Mais revenons à ce 12 juillet 2006. Les hommes du Hezbollah tuent 8 soldats israéliens et enlèvent Ehud et Eldad. Le gouvernement Olmert lance alors des représailles ayant pour objectif de chasser le Hezbollah du sud-Liban et de ramener les otages, quitte à devoir "retourner chaque pierre du pays du cèdre pour les retrouver".
Mais voilà, 31 jours, cest beaucoup trop long pour la mémoire défaillante du parti Kadima, puisque le gouvernement israélien approuve, le 11 août, un cessez-le-feu dans lequel est complètement ignoré le sort de ses soldats otages. Mais pourquoi ont-ils donc fait la guerre ? Ils ne sen souviennent plus vraiment.
Mais ce nest pas tout. Après donc un mois de combats, où les soldats de Tsahal sont envoyés sur le front, certains sans vivres et dautres sans munitions, le gouvernement Kadima lance enfin une offensive denvergure sur les positions du Hezbollah. Sauf quil vient encore doublier le cessez-le-feu quil a approuvé, quelques heures auparavant, et qui doit entrer en vigueur le lundi 14 août au matin, soit trois jours plus tard.
Les moyens sont enfin là mais le temps ny est plus : Kadima vient dinventer le concept de la guerre que lon perd tout seul.
Ce serait comique si ce nétait triste. Combien de morts pour rien ! Un tel niveau dincompétence navait encore jamais été atteint en Israël.
Ah, si seulement on avait osé faire la guerre pour la gagner, Hassan Nasrallah aurait rejoint lenfer des martyrs tandis quEldad et Ehud seraient peut-être revenus en Israël non pas dans de sinistres boîtes, mais fiers, debout, et escortés par lunité de Tsahal qui les aurait libérés.
La commission Winograd, chargée denquêter sur la gestion de ce conflit désastreux, a relevé quelques anomalies mais rien de bien compromettant qui pourrait nuire à la carrière dEhud Olmert, car elle la considéré comme un homme pouvant amener la paix dans la région.
Drôle de motivation pour produire des conclusions complaisantes avec ceux sur qui on est censé enquêter.
Bien sûr que cest un homme de paix ! Pour plaire aux nations, il a fait des habitants du Gush Katif des réfugiés dans leur propre pays, il expulse les juifs de chez eux, il démolit leurs maisons, il lance sa police montée sur les récalcitrants, il envoie les soldats au casse-pipe, il disloque la terre dIsraël, si chèrement acquise, pour obtenir quoi en retour ? Le mépris et les larmes. Aucun ennemi dIsraël ne pouvait en espérer autant.
Si aujourdhui, en France, le mot "jeune" est devenu synonyme de "sauvage", en Israël le mot "paix" devient synonyme de "capitulation".
Avec lassassinat des soldats Goldwasser et Reguev et la libération prochaine de Samir Kuntar, la victoire du Hezbollah sannonce totale. Comble du raffinement, le mouvement chiite sest même payé le luxe de faire coïncider léchange des corps israéliens contre son héros, pratiquement à la date anniversaire de lenlèvement des soldats.
"La dernière guerre dIsraël sera celle quil perdra", avait dit Ben Gurion.
Olmert a réussi à le faire mentir.
Sans doute, le vieux lion nimaginait jamais quun jour, lEtat juif serait aux mains de dirigeants si peu attachés à la terre dIsraël, quils labandonneraient avec autant de facilité, si peu soucieux de leurs concitoyens quils récompenseraient ceux qui les assassinent.
Jusque-là Israël était fier des exploits de son espion, Elie Cohen, qui avait infiltré les plus hautes sphères de Syrie, mais le Hezbollah a réussi lincroyable tour de force de faire en sorte que les dirigeants fatigués dIsraël exaucent le moindre de ses souhaits.
Pour aller au bout de cette mauvaise farce et devant tant de largesses de la part des responsables israéliens actuels, il ne reste plus au parti Kadima - agrégat sans goût ni saveur de personnalités politiques sans convictions, et dont la préoccupation essentielle est de conserver leur part de pouvoir quà envisager lintégration officielle en son sein de fidèles du Hezbollah.
Il aurait au moins une petite chance de sortir vainqueur de la prochaine guerre vers laquelle sa paix de dupes nous entraîne.
Heureusement pour nous que les fous dAllah ne sont pas si fous pour sembarrasser dune telle bande de loosers.
© Alain Legaret
Mis en ligne le 2 jullet 2008 sur le site debriefing.org











