Mardi 1er juillet 2008
Texte repris du blog de lauteur.
Depuis janvier 2003, date à laquelle jai publié mon livre, Contre-expertise dune mise en scène, de nombreux citoyens se sont posé la question de lauthenticité du meurtre de Mohammed Al Dura, un enfant palestinien filmé, au moment de son agonie, par un caméraman de France 2, le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza. Le sérieux de lenquête que jai entreprise na jamais été contesté. Au demeurant, à aucun moment, la chaîne publique na trouvé le moindre motif de me poursuivre pour diffamation.
Pour autant, cinq ans plus tard, la controverse enfle dans notre pays dans un climat passionnel qui se dégrade chaque jour un peu plus. Rien ne me paraît donc plus urgent que dagir pour que la vérité soit établie.
Dans mon livre, jexprimais lidée que seule une enquête internationale impartiale ferait la lumière sur ce qui sest réellement passé. Cest pourquoi,
Aujourdhui, je me permets de me tourner vers vous, Monsieur le Président de la République, dans lespoir que vous prendrez les initiatives suivantes :
- Demander au Premier ministre israélien et au Président de lAutorité palestinienne douvrir une enquête internationale impartiale sur la mort présumée de Mohamed Al-Dura, le 30 septembre 2000 à Netzarim (Bande de Gaza).
- Impliquer la République Française dans cette enquête, la mort présumée de lenfant ayant fait lobjet dun reportage de France 2.
- Inciter lUnion Européenne et lONU à assurer lindépendance de la Commission denquête, à lécart de toute pression politique, médiatique et idéologique.
Chacun saccorde à dire quil ny aura pas de paix entre Israéliens et Palestiniens, sans une modification profonde des conditions psychologiques des pourparlers et sans que la confiance soit établie. Or, le meurtre présumé de Mohammed Al-Dura conditionne les arrière-pensées actuelles. Depuis que les images en ont été captées, puis diffusées par France 2, avec un commentaire indiquant que lenfant avait été la cible des tirs provenant de soldats israéliens, et quil était mort, son père étant gravement blessé, Israéliens et Palestiniens sont convaincus que la guerre sera sans merci, jusquà ce que ladversaire succombe comme lenfant aux pieds de son père.
Et si cétait faux ? Et si Israéliens et Palestiniens étaient capables de déjouer ce funeste destin ? Et sils étaient capables daccomplir ensemble cet exploit qui consiste à regarder la réalité en face et à faire la paix ?
Rien ne serait plus dommageable pour la cause de la paix que de les abandonner en chemin et de laisser des forces délétères, qui préfèrent lendoctrinement des esprits à leur éclaircissement, semparer de la controverse.
Il faut revenir à la source, entendre et croiser les témoignages de tous ceux qui, Israéliens et Palestiniens, mais aussi correspondants de la presse internationale, ont vécu lévénement sur place, ou immédiatement après, et de tous ceux qui lont interprété dailleurs et en différé, avant quil ne soit diffusé sous la forme dun reportage par France 2. Il faut également faire la lumière sur toutes les positions et décisions qui ont été prises immédiatement avant et après la diffusion du reportage, par les responsables politiques israéliens et palestiniens. Enfin, il faut procéder à une reconstitution de lévénement, qui tiendra compte de toutes les archives que les autorités politiques et médiatiques de lÉtat dIsraël, de lAutorité palestinienne et de la France, ont en leur possession.
Sans préjuger des résultats de la Commission denquête, le seul fait de son existence sera la preuve que le processus de paix est bien vivant et porteur dun réel avenir.
Gérard Huber *
Psychanalyste, Ecrivain.
Mis en ligne le 1er juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











