* Michel Darmon, Ingénieur général du Génie maritime (cr) - Président dhonneur de France-Israël / Alliance Général Knig.
** Guy Millière, Professeur des Universités, Président de lInstitut Turgot
[***] Voir Radio Chalom Nitsan.
25 juin 2008
Le Président de la République a prononcé le 23 juin devant la Knesset des paroles damitié pour Israël dune chaleur, dune noblesse et dun courage qui font honneur à la France.
Il a proclamé sa solidarité avec Israël, même face à lIran, pays envers lequel il a appelé à « une extrême fermeté ». Il a affirmé que « la France ne transigera jamais avec la sécurité dIsraël ». Nul ne pourrait formuler de meilleures déclarations.
Mais, quand on connaît les capacités militaires de la France, on peut penser que sa solidarité ne pourra pas dépasser beaucoup le niveau verbal des déclarations damitié. Israël sait bien quil est le seul véritable gardien de sa sécurité, et nul ne lignore.
Il reste que laffirmation de cette amitié et de cette solidarité rompt enfin avec un passé où la France donnait, sur la scène occidentale, le ton de loffensive contre Israël.
Mais elle ne rompt en rien, absolument en rien, avec la ligne diplomatique de cette offensive.
Que le gouvernement dIsraël, de guerre lasse, déclare accepter un État palestinien ne signifie pas que la création de celui-ci apportera la stabilité et la paix au Proche-Orient. Israël sait parfaitement que le risque est grand que le contraire soit vrai, et il agira en conséquence. Mais, quand cest le Président de la République française qui appelle à la création dun État palestinien, il conforte puissamment les politiques arabes qui, avec la longue complicité de notre diplomatie, ont su fabriquer une mythologie palestinienne sans consistance historique, instrument cependant efficace de leur poussée antisioniste. Fût-ce au prix des souffrances de la population palestinienne.
Nul nignore que les conditions posées par M. Sarkozy « État indépendant, moderne, démocratique et viable » sont, au vu de la situation présente, irréalisables avant longtemps. Au contraire, beaucoup de conditions sont aujourdhui réunies pour que cet État palestinien, sil devait voir le jour, soit géré comme Gaza, lance tôt ou tard des roquettes sur Jérusalem et sur laéroport international Ben Gourion, et pour quil serve de base dagression à des forces arabes, au nord de Tel Aviv, à moins de 15 km de la mer.
« Les enfants de la Méditerranée doivent cesser de se haïr
On ne doit pas apprendre cela à ses enfants », a dit notre Président, mettant ainsi sur le même plan Israël, qui aspire sans cesse à la paix, et ceux qui appellent tous les jours à sa destruction.
Dire, à la face de ses représentants, que le peuple juif doit partager Jérusalem, sa capitale, relève dune forme de hardiesse difficilement conciliable avec lamitié proclamée et constitue surtout, en fait, un geste envers les dirigeants du monde arabo-musulman. Lintérêt de la France ne justifiait pas quen plus, il soit décidé de faire fleurir par Madame le Ministre Alliot-Marie la tombe dArafat, lun des plus sinistres personnages du Proche-Orient.
Les déclarations pro-palestiniennes, y compris à un degré moindre celle sur Jérusalem, ont recueilli des applaudissements, certes mitigés, de la Knesset. Ceux-ci montrent, avant tout, le désarroi et la confusion qui règnent dans une partie de la classe politique israélienne, de plus en plus déconnectée de la masse du peuple israélien. Admirablement, ce peuple résiste mieux que nombre de ses dirigeants à la contamination des esprits. Avec ses amis de France, il comprendra que, malgré le versant du discours dualiste de M. Sarkozy, incontestablement chargé damitié, de noblesse et de courage, lautre versant, en opposition irréductible, ajoute aux dangers qui assaillent Israël.
© Michel Darmon & Guy Millière
Mis en ligne le 1er juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











