(info # 012706/8)
27 juin 2008
Texte publié avec lautorisation expresse de lauteur.
On se trouve peut-être à quelques semaines de lexposition de la vérité dans la Controverse de Nétzarim. Cette information satisfera, à nen point douter, tous ceux, et ils sont nombreux, qui désirent honnêtement savoir si les soldats israéliens, le 30 septembre 2000, ont criblé de balles Jamal A-Dura et celui qui est présenté comme son fils sur le reportage de France2 de la même date, ou sil sagit dune mise en scène. Une mise en scène imaginée et réalisée par le cameraman de la chaîne publique française, Talal Abou Rahma, et commentée par son correspondant à Jérusalem, Charles Enderlin.
Lopportunité qui sest fait jour contentera également les centaines de pétitionnaires de lappel de soutien au même journaliste, initié et lancé par le Nouvel Observateur, il y a quelques semaines, qui affirment quune campagne de dénigrement et de harcèlement serait dirigée contre Enderlin depuis lincident de Nétzarim.
De plus, elle donnerait satisfaction aux millions de personnes qui, de par le monde, ont acquis la conviction que Rahma, Enderlin et Fr2 ont réalisé, puis défendu, un faux reportage, dans lintention de stigmatiser la nation dIsraël et de victimiser les Palestiniens.
A la Ména, nous nallons pas raviver ici la polémique, étant établi que lexpression de notre certitude sétale sur plus de deux cents articles et analyses, basés sur lenquête réalisée par la commission dinvestigation de larmée, sous la houlette de Nahum Shahaf, ainsi que sur notre propre enquête de quatre ans et demi.
Nous nallons pas non plus répéter ce que nous avons déjà écrit pour répondre aux arguments de la Réplique à Elie Barnavi, rédigée par Enderlin dans Marianne et présentée sur son blog personnel. Pour nous, la non-fiabilité du correspondant de Fr2 est établie depuis le 22 octobre 2004, date à laquelle, dans un salon de France Télévisions, notre collaborateur dalors, Luc Rosenzweig, ainsi que Denis Jeambar et Daniel Leconte, ont pu constater que les pièces que Charles Enderlin prétendait détenir, à savoir 27 minutes de rushes montrant lassassinat de Mohammed A-Dura et des prises insupportables de lagonie de lenfant, nexistaient pas. La relation précise de cette réunion a fait lobjet de notre article L'affaire A-Dura : Conclusion dramatique et lavis de nos rédacteurs sur M. Enderlin et la chaîne qui lemploie na fait que se dégrader depuis cette occurrence.
Ceci dit, la perduration de linterrogation reportage ou imposture empoisonne lexistence de beaucoup de personnes. Elle a scindé des familles, participé à isoler la communauté israélite de France de son environnement naturel, mis en doute la crédibilité et lhonnêteté de certains journalistes, en France et en Israël, attisé la haine et son corollaire, la violence, entre Israël et ses voisins arabes, et, finalement, projeté une image de mangeur denfants sur lEtat hébreu et ses habitants, dans moult régions du globe.
Une chose est sûre, sil était possible de trancher, aisément et pour un résultat limpide, sur le fond de cette controverse, on pourrait compter sur un immense apaisement dans bien des chaumières. Et tant pis pour les arrivistes qui font leur beurre et tentent détablir leur célébrité sur cette dispute, leurs intérêts nont pour nous aucune importance.
Voici de quoi il sagit
Dans mon article Sept ans, daté du 15 courant, jévoquais, entre autres thèmes, un moyen rapide et objectif de déterminer si larmée israélienne a véritablement tiré sur les "A-Dura", le 30 septembre 2000. Je me cite :
"Or, au lieu daller chercher dans le temps des indices qui ont disparu, ne serait-il pas plus efficace et rapide de faire procéder à lexamen des cicatrices de Jamal A-Dura (le père, dans la mise en scène) par des médecins légistes indépendants et confirmés, dont le choix serait agréable aux deux camps de la controverse initiale? Nest-ce pas là la façon la plus civile et la plus sûre de trancher, une suggestion qui devrait faire frémir denthousiasme toutes les femmes et les hommes curieux de connaître le fond de cette histoire?"
Lors, à ma grande surprise, je dois le dire, jai trouvé dans la Réplique dEnderlin à Barnavi, parue mercredi sur lopus déjà cité, le passage suivant :
"Vous proposez une enquête internationale mais sur quoi ? Les accusations contre France 2 et moi-même portent sur une mise en scène avec fausses blessures du père et fausse mort de lenfant. Nous avons depuis longtemps indiqué que nous étions favorables à une expertise médicale réalisée par des experts internationaux sur lorigine des cicatrices (déjà publiquement montrées) de Jamal Al Dura".
Si je nai aucun souvenir dEnderlin ou de France2 indiquant quils étaient favorables à cette expertise, que nous avons proposée, à la connaissance de tous, depuis plus de quatre ans, il semble cependant que lon soit ici en présence dun accord. Un accord, auquel sest joint, a posteriori, le physicien Nahum Shahaf, qui me la signifié hier :
Shahaf et la Ména reçoivent sans réserves la réponse indirecte de Charles Enderlin et son libellé, précisément, et proposent à M. Enderlin et à FR2 que nous nous rencontrions, directement ou par conseils interposés, à leur choix, afin de fixer les modalités de cette expertise médicale, ainsi que darrêter les noms des experts acceptables par les deux partis.
Je crois quil faut ici faire passer au second plan les oppositions de personnes, en faveur du bien public. Dautre part, et dans ce souci exactement, personne ne comprendrait que nos adversaires dans la Controverse, après avoir fait état, par écrit et dans lexercice de leur libre arbitre, de leur acceptation de lexamen médical, par des experts internationaux indépendants, de lorigine des cicatrices de Jamal, telles que présentées par Madame Chabot lors de sa "réunion dinformation", se rétractent désormais.
Je crois que même les plus ardents supporters du reporter de France2 considéreraient quil lance des paroles en lair et quil se dérobe.
Cest peut-être aussi le lieu de préciser que nous avions, dès quils lavaient émise, accepté leur proposition deffectuer lexhumation du corps de lenfant enterré sous le nom de Mohammed A-Dura, et que leur offre de preuve, pourtant réitérée dans la Réplique à Elie Barnavi, est restée sans suite.
Mais puisque France2 avait obtenu de Jamal A-Dura quil se montre en slip à ses caméras, pour que son cameraman filme ses cicatrices - quelle drôle didée ! (*) jimagine quelle ne sopposera pas à ce que le même Jamal se fasse examiner dans la discrétion feutrée dun cabinet médical. Je veux aussi penser que Fr2 ninvoquera pas la difficulté de convaincre Jamal A-Dura de se prêter à une auscultation aussi inoffensive.
Infiniment moins douloureuse que lexhumation du corps de son "fils" ! Bien moins exhibitionniste que le fait de se montrer en sous-vêtements à une caméra !
On attend donc que Charles Enderlin et France2 se manifestent à nous à leur plus prochaine convenance. Le temps, ici, étant un élément crucial de laccord qui sest établi. Cest, dabord, que, pour cause de cette discussion, nous craignons sincèrement pour lintégrité physique de Jamal A-Dura, qui vit actuellement sous le régime autocrate des islamistes intégristes de Gaza. Cest, ensuite, que des experts mondiaux de la médecine légale nous ont avertis, que sil est assez simple, pour leur science, de déterminer si des cicatrices ont été causées par des coups de hache ou par balles, et de définir, avec une précision relative mais suffisante, la date des blessures originelles, il est aussi facile de fabriquer, par une opération de chirurgie esthétique, de fausses cicatrices.
Je ne veux faire de procès dintention à personne, mais je rappelle que notre accusation est celle dune mise en scène et, quen conséquence, si lon entend procéder, dentente, à une vérification, il convient dagir avec le maximum de diligence et le plus grand sérieux.
On va maintenant rapidement savoir si nos contempteurs lancent toujours des paroles en lair ou sils entendent désormais faire la lumière sur cette pénible affaire. Ce quil faudrait, dans ce cas et sans aucun doute, porter au crédit dune certaine sincérité.
Stéphane Juffa
© Metula News Agency
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Note de lauteur
(*) Suite à la réunion du 22 octobre 2004, Mme Chabot demanda à Talal Abou Rahma de filmer les cicatrices de Jamal A-Dura, afin de dissuader Denis Jeambar de publier le dossier Mohammed A-Dura, préparé par Luc Rosenzweig, sur lExpress, dont Jeambar était alors rédacteur en chef. Laccord qui existait entre Rosenzweig et Jeambar stipulait que si les rushes de Fr2 ne contenaient pas les 27 minutes de lassassinat de Mohammed A-Dura par les soldats israéliens, LExpress publierait le dossier. Bien que ce fût le cas, Jeambar accepta de surseoir à la publication du dossier, à la demande dArlette Chabot, qui prétendait quelle "avait des preuves" à lui montrer. Cest cette volte-face de Jeambar qui conduisit notre agence à publier les détails de la réunion du 22 octobre. Jeambar se déclara ensuite convaincu par les images des cicatrices. Il ne pouvait pas savoir quelles dataient de blessures subies par Jamal en 1992 et de lopération subséquente dans un hôpital israélien en 1994. Jeambar nentreprit toutefois rien pour vérifier lorigine des cicatrices. Il nétablit jamais de contact direct avec la rédaction de la Ména.
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Mis en ligne le 1er juillet 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











