[*] "Get real about Muhammad al-Dura". [**] R. Landes, "[Al-Dura Story] Derfner tries again: A- for effort, C- for analysis".
27 juin 2008
Jerusalem Post, 18 juin 2008
Original anglais : "Rattling the Cage: Al-Dura and the conspiracy freaks".
Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant
Texte repris du site Web de La Paix Maintenant.
Si je pensais que les lecteurs du Jerusalem Post disposaient des éléments du débat sur laffaire de Mohammed al-Dura, je ne ressentirais pas aujourdhui la nécessité dentrer dans les détails qui expliquent pourquoi je pense quil est ridicule et moralement aveugle de prétendre que la mort du petit Palestinien a été un "bobard", une mise en scène. Sil y en avait dautres que moi à écrire en anglais (a priori, rien en hébreu... ndt) contre les adeptes de la théorie de la mise en scène, je me contenterais de mon article al-Dura et les dingues du complot [1], point barre. Mais le débat sur al-Dura, au moins en anglais, est totalement univoque. Le Web est submergé décrits de juifs de droite qui accumulent les "preuves" à lappui de leurs théories conspirationnistes, alors que les meilleurs journalistes dinvestigation, qui nont aucun intérêt personnel dans laffaire, et dont certains, à lorigine, avaient mis en doute le fait que le jeune garçon ait été tué par larmée israélienne, sont passés depuis longtemps à autre chose. Alors, puisque personne, à ma connaissance, ne défend plus la cause de la raison et de lhonnêteté dans cette bataille à la fois acharnée et extrêmement connotée, je suppose que je dois encore une fois my coller.
Tout dabord, je formule à nouveau mon point de vue de base : je pense que ce sont probablement des tireurs palestiniens, et non israéliens comme on la cru au départ, qui ont tué Mohammed al-Dura et blessé son père Jamal, le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim dans la bande de Gaza. Je nai jamais cru que des soldats israéliens aient tiré délibérément, avec préméditation et méchanceté, sur un enfant à terre et sur un père appelant à laide, ce qui est la manière dont le monde musulman et la gauche dans le monde ont, en général, décrit lévénement. Comme je lai écrit : « Israël et le peuple juif ont le droit dêtre révoltés par la façon dont les Palestiniens et le monde arabe ont déformé et exploité la mort du petit Mohammed al-Dura. Ils ont pris ce qui a été, au pire, un tir israélien accidentel et en ont fait un emblème du sadisme israélien. »
Dans larticle en question, je ne portais aucun jugement sur le reportage du correspondant de France 2 Charles Enderlin et du caméraman Talal Abou Rahme, ni sur leur manière de gérer les suites de laffaire, sauf pour dire quil était absurde de prétendre quils avaient inventé toute lhistoire. Mais aujourdhui, je pense quon peut affirmer quAbou Rahme, le seul caméraman à avoir filmé les événements, a lancé des accusations extrêmement imprudentes contre les soldats israéliens concernés, ce qui met en cause à la fois sa fiabilité et le contenu de ce quil a rapporté à Enderlin, à savoir que larmée avait tiré sur al-Dura, ce qui a marqué le début de laffaire.
Quant à Charles Enderlin, on la accusé de médiocrité, davoir fait obstruction [à lenquête] et même de mensonge, non seulement par les partisans de la théorie du complot, mais par ces mêmes journalistes éminents cités plus haut qui, toutefois, rejettent lidée de la mise en scène. Après lui avoir parlé au téléphone, je ne dis pas quil ait fait obstruction, ni menti. Il a des réponses raisonnables aux accusations quon a portées contre lui, et pense toujours que ce quil a rapporté et qui lui a été dit par Abou Rahma (des soldats israéliens ont tiré sur Mohammed et Jamal al-Dura) était exact. Il a même une réponse raisonnable à ce qui semble constituer laccusation la plus accablante contre lui : du fait de labsence de rushes montrant clairement la mort du petit Mohammed, Enderlin aurait menti toutes ces années en disant avoir coupé au montage "lagonie" du garçon parce que les images étaient "insoutenables".
Dans ses réponses à mes questions, Enderlin sen tient à ses déclarations selon lesquelles on peut voir lagonie sur les rushes. Il fait évidemment référence aux secondes de fin qui montrent un Mohammed couché sur le ventre, levant progressivement un peu son bras, puis le laissant tomber. « Jai employé le mot français agonie, différent du terme « agony » en anglais (supplice, martyre, ndt). Nous avons montré la cassette à un spécialiste de la pathologie légale en France. Selon lui, les images collaient parfaitement à des moments qui précèdent la mort. »
Toutefois, jai une critique à légard de ce journaliste expérimenté. Dans son reportage, il naurait jamais dû dire que les al-Dura avaient été "pris pour cible" par des soldats israéliens. Il aurait dû laisser planer le doute sur lorigine (palestinienne ou israélienne) des balles.
Au début, son commentaire dit clairement quil y avait des balles qui volaient depuis les deux directions. Il dit même que cétaient les Palestiniens qui avaient commencé à tirer : « Les Palestiniens ouvrent le feu et les Israéliens ripostent. Des conducteurs dambulances, des journalistes et des passants sont pris entre deux feux » : ce nest pas un travail à la hache anti-israélien, cela sonne plutôt comme un reportage impartial. Le problème est ce quEnderlin dit juste après : « Jamal (al-Dura) et son fils Mohammed sont pris pour cible par des tirs venus de la position israélienne. Une nouvelle rafale - Mohammed est mort et le père, gravement blessé. »
Après avoir décrit une scène de tirs croisés entre Palestiniens et Israéliens, Enderlin se hâte de conclure, à partir de ce quAbou Rahma a filmé et lui a dit depuis Gaza, que cest la partie israélienne qui a tiré sur les al-Dura. Beaucoup dautres journalistes étrangers ont été plus prudents. « Les médias écrits ont en général fait attention et dit que Mohammed al-Dura a été tué dans un échange de tirs entre Israéliens et Palestiniens », note James Fallows dans un article paru en juin 2003, dans la revue Atlantic Monthly. Quoi quon pense de laffaire, la phrase déterminante dEnderlin a constitué un jugement précipité.
Mais gardons un peu le sens de la mesure. Même si Enderlin avait dit quon ne savait pas exactement quelle partie était responsable de la mort de Mohammed al-Dura, lenfant serait quand même devenu une icône de lIntifada. Son père accusait les Israéliens, tous les Palestiniens accusaient les Israéliens, et une modification de la phrase dEnderlin naurait rien changé, ni pour eux ni pour le reste du monde musulman.
Et dire que les images de Mohammed al-Dura (comme le répète la Mena, ndt) ont déclenché lIntifada est aller un peu trop loin. Bien sûr, ces images ont beaucoup soufflé sur les braises, mais lIntifada était déclenchée depuis la veille, quand cinq ou six manifestants palestiniens ont été tués sur le Mont du Temple, au lendemain des émeutes au même endroit, en réaction à la visite dAriel Sharon. Au moment où al-Dura était tué et le reportage dEnderlin diffusé, les émeutes sétaient étendues du Mont du Temple au reste de la Jérusalem arabe, à la Cisjordanie et à Gaza. Les Palestiniens la nommaient déjà "Intifada al-Aqsa". Et le jour où al-Dura était tué, 10 autres Palestiniens étaient tués aussi, comme le soulignait le New York Times.
Si ce malheureux enfant nétait pas devenu un symbole, une autre victime palestinienne aurait été trouvée. Mettre lIntifada sur le dos de laffaire Mohammed al-Dura revient à accuser lautodéfense des colons pour le meurtre de Shalhevet Pass, un bébé de Hebron tué par un sniper palestinien. Ce ne sont pas les martyrs qui créent les massacres, ce sont les massacres qui créent les martyrs.
Pour en revenir à la question de savoir qui a tiré sur les al-Dura, la raison pour laquelle je pense quil ne sagit pas de soldats israéliens réside dans le résultat denquêtes, non seulement de larmée israélienne, mais de celle de Fallows et de trois autres journalistes respectés et nayant aucun intérêt personnel dans cette affaire : Esther Shapira, documentariste allemande, Denis Jeambar (LExpress) et Daniel Leconte, documentariste. Sajoute le professeur en communication Gabriel Weimann, de luniversité de Haïfa, dont les étudiants ont également enquêté sur les tirs. Leur conclusion principale est que les al-Dura, accroupis derrière un cylindre de béton, étaient en-dehors de la ligne de tir de la position israélienne de Netzarim. En revanche, le père et le fils se trouvaient dans la ligne de tir de tireurs palestiniens.
Cette conclusion est la raison principale pour laquelle je pense que les al-Dura ont été atteints accidentellement par des tirs palestiniens. De plus, ces enquêteurs ont, chacun, rejeté la possibilité de "mise en scène" du tir. Cela seul justifie de jeter aux oubliettes lidée selon laquelle Abou Rahma, les al-Dura et une série de complices auraient conçu un gigantesque bobard dans le seul but de salir Israël en mettant en scène la mort dun enfant de 12 ans.
Autant que je sache, il nexiste aucun observateur impartial, quelquun qui nait aucun rapport avec les médias systématiquement pro-israéliens et anti-arabes, pour croire à la théorie de la mise en scène. Il est vrai que lun des partisans de cette théorie, Luc Rosenzweig, a été journaliste au Monde, mais il est devenu un contributeur de la Mena (Metula News Agency), un site Web juif francophone qui a été en première ligne dans la diffusion des "preuves" du bobard.
Pourtant, les appartenances et les visées politiques des uns et des autres ne sont quune partie de la raison pour laquelle je sais, autant que je puisse savoir quelque chose, que Jamal al-Dura a réellement été blessé ce jour-là dans la bande de Gaza, que Mohammed al-Dura a réellement été tué et que toutes les théories du complot qui emplissent le cyberespace juif de droite ne sont que des stupidités anti-arabes.
Commençons par les faits simples. Le père et le fils étaient au carrefour de Netzarim au troisième jour de lIntifada. Il y avait de vrais tirs entre Palestiniens et Israéliens. Sur les rushes (visibles sur YouTube), on peut voir des balles frapper le mur à quelque 30 cm de lendroit où étaient blottis les al-Dura. Il y a une tache de sang au milieu du corps de Mohammed après quil a été atteint.
Ce serait mis en scène ?
Richard Landes, professeur en histoire médiévale à luniversité de Boston, explique limpact des balles sur le mur par le fait quun "tireur délite" aurait fait partie de la mise en scène. Le physicien Nahum Shahaf, pionnier de la théorie du complot dans laffaire al-Dura, et qui sétait déjà cassé les dents sur lassassinat de Rabin [2], explique la tache de sang par un "tissu rouge" caché dans la chemise du gamin et devenu visible, donnant à la caméra lapparence de sang.
Bon Dieu, et il y a vraiment des gens pour croire à des choses pareilles !
Autre raison toute simple qui conduit à penser que la théorie de la mise en scène est idiote : le nombre de personnes présentes, après les tirs, autour du cadavre de Mohammed ou de son père. Combien de gens ont-ils dû être impliqués dans ce complot ? Combien de gens cachent-ils encore ce secret explosif ? Voyons un peu :
· Les médecins de lhôpital Shifa de Gaza qui ont prononcé le décès de lenfant suite à de multiples blessures par balles, et les médecins, infirmières et autres membres de léquipe médicale qui a traité Jamal pour ce que lhôpital a déclaré être des blessures multiples par balles.
· Lambassadeur de Jordanie en Israël qui a emmené Jamal depuis Gaza à Amman pour quil soit soigné dans un hôpital militaire.
· Les médecins, infirmières et autres membres de léquipe de lhôpital dAmman, où Jamal est resté quatre mois.
· Les passants autour du mur où lon a tiré sur les al-Dura.
· La famille al-Dura.
Et ce ne sont là que les personnes qui ont eu une connaissance de première main de la « vérité » - que Mohammed al-Dura était encore vivant et son père indemne, ou, selon lautre théorie, que Mohammed a été tué délibérément par des Palestiniens pour en faire un emblème de lIntifada. Mais réfléchissons : à part la famille al-Dura, les équipes médicales des deux hôpitaux, lambassadeur jordanien et qui sais-je encore, combien de ces complices du grand complot, proches de la famille, amis et connaissances, ont été mis au courant ? Et à combien de personnes supplémentaires lont-ils raconté ? Etc. Parce quune histoire comme celle-ci, il serait difficile de la tenir sous le boisseau très longtemps.
Alors, comment cette information inestimable aurait-elle échappé au Shin Bet et au reste de ce qui compte en Israël ? Comment ce scoop historique aurait-il échappé à tous les médias du Moyen-Orient et au delà ?
Enfin, il faut se poser la question : si vraiment on était dans la Troisième Dimension et quune pareille mise en scène ait pu être organisée, pourquoi Talal Abou Rahma & Co ont-ils mis en scène cette mort-ci, alors que 1) ils ne pouvaient pas connaître à lavance le genre de réactions quelle allait susciter, et 2) Abou Rahma et dautres caméramans palestiniens avaient déjà filmé des milliers de Palestiniens, enfants et adultes, tués ou blessés dans des accrochages avec larmée israélienne ?
Cest le problème du concept de "Pallywood", popularisé par Landes : malgré ce quil affirme, les Palestiniens nont pas besoin de mettre en scène des morts et des souffrances, ils disposent dheures et dheures de vrai, et ils reçoivent des éléments frais quasi quotidiennement.
Toutefois, je sais que Jeambar, Leconte et quelques autres observateurs disent avoir remarqué dans les rushes des jeunes Palestiniens, des cameramans et des ambulanciers mettant en scène des blessures et des évacuations. (Encore une fois, ils soulignent que les scènes brèves où les al-Dura se protègent des balles puis sont frappés, ne leur paraissent pas du tout mises en scène). Je nai pas vu les 23 minutes de rushes quont pu voir Jeambar et Leconte, ainsi que Rosenzweig. Je nai vu que les 18 minutes projetées au tribunal, ainsi que le documentaire de 14 minutes de Landes, al-Dura, la naissance dune icône, visible sur YouTube.
Je dois dire que je nai vu ni entendu de mise en scène, seulement du chaos : jets de pierre, tirs, fumée, feu, gaz lacrymogène, beaucoup de jeunes Palestiniens excités qui courent, ambulances circulant pour venir sur les lieux ou en sortir. Au milieu de tout cela, lidée que Talal Abou Rahma, Jamal al-Dura, Mohammed al-Dura et leurs complices aient pu mettre en scène un tir fatal est au-delà de ce qui est crédible.
Mais pour les partisans de la théorie du complot, cest simple comme bonjour.
Par exemple, quand Abou Rahma tient deux doigts devant lobjectif, tout en filmant les al-Dura, cest le caméraman qui fait un signe de "deuxième prise", daprès le commentaire du documentaire de Landes.
Autre exemple ; quand un groupe de jeunes Palestiniens passent en courant devant les al-Dura, alors que le père et le fils restent accroupis devant le mur, le commentaire pose la question (sur fond sonore de tirs) : "Se sauvaient-ils ou dégageaient-ils le plateau ?"
Les théories du complot sur laffaire al-Dura sont délirantes et irrationnelles, mais elles sont aussi plus (ou moins), que cela : elles sont indécentes. Pour croire que le gamin est toujours en vie et que le père na jamais été atteint par une balle, il faut supposer que tout Palestinien, du plus haut au plus bas placé, est le pire des menteurs qui soit, et que, quand des Palestiniens agissent de concert, ils inventent des bobards et des camouflages dun génie et dune précision surhumains. Pour croire que les balles nont même jamais touché les al-Dura, il faut réfuter tout ce qui ne colle pas à cette théorie de la nature irrémédiablement mauvaise du comportement des Palestiniens en disant : quelquun ment, ou quelquun couvre un mensonge.
Par exemple, Karsenty et Landes nont aucun mal à résoudre lénigme dun Jamal al-Dura, indemne ce jour-là à Gaza, qui séjourne quatre semaines dans un hôpital militaire dAmman, simulant sa guérison devant les caméras, et cela même à loccasion de la visite du roi Abdallah. « Quant aux médecins de lhôpital dAmman », ont-ils écrit, « une fois que lhistoire a 'pris', qui étaient-ils pour dénoncer un coup si fort et si réussi contre Israël ? Comme Enderlin, une fois quils ont découvert quil sagissait dune falsification, ils nont pas pu le reconnaître publiquement. »
Karsenty et Landes se satisfont vraiment de cette explication. Quels détectives rigoureux ils font !
Maintenant, si lon croit à lautre théorie du complot (les Palestiniens ont perpétré lassassinat planifié du gamin à des fins de propagande), non seulement il faut supposer que les Palestiniens sont, par nature, des menteurs diaboliques, mais encore quils sont, par nature, de diaboliques assassins denfants. Il faut être convaincu du fait que même le père du petit Mohammed, sa mère et tout le reste de la famille al-Dura coopèrent.
Alors, ça suffit, les dingues du complot ! Ce que vous faites est dégoûtant. Et vous naidez pas non plus la cause dIsraël, vous lui nuisez. A part [?] dans la chambre décho des juifs de droite, vous donnez une très mauvaise image dIsraël.
Je signale à tous ceux que cela intéresse quil existe une défense très raisonnable et honnête de la conduite de larmée israélienne dans cette affaire. Elle est luvre de gens comme James Fallows, Esther Shapira, Denis Jeambar, Daniel Leconte et Gabriel Weiman. De plus, je pense que leurs efforts auront eu un résultat. A mon avis, les journalistes, de façon générale, ne pensent plus qual-Dura a été tué par des balles israéliennes, et cette histoire leur a donné une leçon de prudence.
Une dernière chose sur les théories du complot. Il y a plusieurs années, jinterviewais quelquun qui était convaincu que le Shin Bet, ou Shimon Peres, ou les deux, étaient derrière lassassinat de Rabin. Lhomme soulevait un détail qui, à son avis, ne trompait pas : place des Rois dIsraël (devenue place Rabin), peu après lassassinat, « il y avait des centaines de bougies de yahrzeit [3] qui brûlaient. Or, dans la plupart des foyers, il y a un maximum dune bougie de yahrzeit. On était samedi, tous les magasins étaient fermés, on ne pouvait donc pas en acheter autant. Comment sont-elles arrivées si vite sur la place ? Il ny a pas dautre explication à part le fait quelles avaient été préparées à lavance. »
Jétais sur la place, cette nuit-là. Je me suis rappelé quantité de bougies de yahrzeit qui brûlaient, mais surtout des bougies de Hanouka. « Dans une boîte, il y a - quoi ? - 20 bougies de Hanouka », ai-je dit. « La plupart des familles ont chez elles une boîte ou deux. Combien de gens avec une boîte de bougies de Hanouka fallait-il pour illuminer la place ? Pas tant que ça. »
Lhomme a réfléchi un moment, puis a dit : « Cest un point intéressant. Nous allons nous pencher là-dessus. »
Les théoriciens du complot al-Dura ont à leur disposition un nombre infini de détails révélateurs et de contradictions accablantes. Ni moi ni personne ne pouvons les expliquer tous, car pour ce faire, il faudrait prouver tout ce qui sest passé à chaque instant, à chaque endroit, et ce qua pensé chacun des cerveaux des participants, ce dont personne nest capable.
Mais, chaque événement historique - de lassassinat de Lincoln aux événements du 11 septembre, en passant par lalunissage - ayant son lot de théories du complot, avec des tonnes de détails révélateurs et de contradictions accablantes, il ny a aucune raison de prendre celle-ci plus au sérieux.
Il y a une explication simple et raisonnable à ce qui sest passé : le garçon et son père, qui se protégeaient de la direction de la position israélienne, ont été pris sous le feu de tirs croisés. Abou Rahma et Enderlin se sont hâtés de conclure quils ont été atteints par des tirs israéliens. Le petit Mohammed est devenu une icône de lIntifada et lhistoire a été frénétiquement déformée dans le monde musulman pour diaboliser Israël et donner aux Palestiniens du cur au combat.
Alors, il ny a nul besoin davoir recours à des bobards extraordinaires pour expliquer ce qui sest passé, en particulier des bobards qui diabolisent les Palestiniens. La vérité, au moins dans ce cas précis, na rien dextraordinaire du tout.
Sil y a des gens qui veulent prouver que Mohammed al-Dura est toujours vivant, quils le montrent. Sil y a des gens qui veulent prouver que des Palestiniens lont délibérément assassiné, quils commencent par produire au moins un témoin. En attendant, ce dossier doit être fermé définitivement.
Larry Derfner
© Jerusalem Post
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Notes du traducteur
[1] Original anglais : "Rattling the Cage: Al-Dura and the conspiracy freaks".
[2] Pour lextrême droite israélienne, Rabin na pas été tué par Ygal Amir, pauvre victime manipulée, mais par le Shin Bet, le Mossad et/ou sur ordre de Shimon Peres.
[3] Yahrzeit : date qui marque une année après la mort dun proche. A cette occasion, on allume des bougies.
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Mis en ligne le 29 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











