22/06/08
Texte repris du site de Liberty Vox.
Titre original : "Les Souteneurs. Des journalistes au-dessus de la vérité et contre la vérité ? André Dufour sélève contre les propagandistes de toutes ces Pravda".
«Nous renouvelons à Charles Enderlin notre soutien et notre solidarité». Cest par ces mots que se termine la pétition «Pour Charles Enderlin» lancée par le Nouvel Obs et diffusée par plusieurs quotidiens sous forme dencart publicitaire. Elle est signée dune flopée de vieux chevaux de retour de la désinformation. En fait, il sagit dune réaction indignée contre la relaxe prononcée le 21 mai en faveur de Philippe Karsenty, cet «ignoble individu» qui avait osé douter de lhonnêteté journalistique du plaignant. Or ce dernier, foi de pétitionnaires, «est connu pour le sérieux et la rigueur de son travail
».
Nous voilà sommés, sous peine de poursuites, de prendre cet acte de foi pour une preuve irréfutable.
Rappelons que le «reportage» du correspondant de France 2, «faisant son métier dans des conditions parfois difficiles», pétition dixit, portait sur la mort, dans les bras de son père, de Mohammed al Dura, jeune garçon palestinien «délibérément» canardé "par les israéliens" dans un échange de tirs avec des Palestiniens armés. Et gare à celui qui douterait, qui essaierait den savoir plus long, de regarder les choses de plus près. Ce serait faire preuve «dobstination haineuse et de volonté de salir la dignité professionnelle» du digne confère des pétitionnaires. «Journaliste sérieux», Charles Enderlin, activiste gauchiste, est à coup sûr le crédible témoin oculaire de cette «réalité sur le terrain», même sil était non pas sur place, mais à Jérusalem, distant denviron 70 km. Son «reportage» est en fait un savant montage bâti sur un découpage de diverses et disparates prises de vues - certains rushes montrant même des «répétitions» avant tournage -, rassemblées par un caméraman palestinien, militant de lOLP. Objectivité et sérieux professionnels garantis.
Curieusement, ce reportage est diffusé par France 2 et distribué gratis - sauf pour le contribuable, assujetti à la redevance audiovisuelle - à toutes les chaînes télé du monde, juste la veille du jour où le président Jacques Chirac, voulant sans doute ravir aux Etats-Unis honnis le rôle de médiateur entre Israël et lAutorité Palestinienne, devait recevoir Yasser Arafat et Ehoud Barak à lElysée. Notre président, après avoir «roulé un patin» à Yasser Arafat, prit prétexte de ce «reportage» pour tancer, avec toute la morgue et la grossièreté dont il est capable, le chef du gouvernement israélien. Exit la médiation française qui devait, en accélérant le processus vers la paix, renforcer linfluence et les intérêts de notre pays au Proche-Orient.
Seule une «campagne obstinée et haineuse» pourrait prétendre que ces coïncidences et cette concordance ne sont pas dues au seul hasard. Mais qui sont ces vertueux témoins de «moralité», qui dénoncent cette «campagne obstinée et haineuse» contre lun des leurs ?
Il serait trop long de les passer tous en revue ; ils sont majoritairement «de gauche» et nombre dentre eux font partie, selon une définition de David Dawidowicz dans un article sur LibertyVox, des «Juifs utiles», ce qui met les détracteurs patentés, et parfois rémunérés, dIsraël, à labri de toute accusation dantisémitisme.
Passons donc sur des individus tels quun Théo Klein, qui semble ne pas pardonner à la communauté juive, majoritairement acquise à Israël, de navoir pas songé à lui accorder la présidence ad vitam du CRIF, ou sur quelque Hubert Védrine, calamiteux ministre socialiste des affaires étrangères. La signature de pétitions, manifestes et protestations est, pour ce genre dindividus, un moyen ultime de nous rappeler leur existence.
Ce qui nous intéresse, ce sont les «institutions» qui se chargent de conditionner lopinion publique, tels que Le Monde et ses organes satellites, le Nouvel Obs, Libé, Marianne, France 2, et autres Pravda, dont les collaborateurs apportent leur soutien massif à Charles Enderlin.
Voici, parmi tant dautres, deux exemples de vertu journalistique, que jai conservés dans mes archives.
Libé : Un jour, au début de lIntifada déclenchée par Yasser Arafat, qui venait tout juste dencaisser le Prix Nobel de la Paix, Libération exhibait sur toute la Une la photo polychrome dun policier israélien brandissant une matraque et, à ses pieds, un homme gisant le visage ensanglanté [1].
La légende précisait quil sagissait dun malheureux Palestinien que le policier israélien avait sauvagement frappé. Rien de tel pour mobiliser toutes les compassions anti-israéliennes en faveur des pauvres Palestiniens.

La légende originale précisait : « Un policier israélien et un Palestinien sur le Mont du Temple »
(Cliché ajouté par upjf.org)
Manque de chance, on devait vite apprendre que le malheureux «palestinien» était un étudiant américain blessé par les jets de pierre démeutiers «spontanés» palestiniens et que le policier israélien levait sa matraque pour les empêcher dachever leur victime.
Face aux protestations, Libé tergiverse et finit par expliquer, tardivement, en quatre ou cinq lignes confuses, en énième page et en substance, quil y a effectivement confusion, mais que cette erreur est sans importance puisque la cause palestinienne, défendue par Libé, est juste.
Certes, mais il ne sagit plus de journalisme, mais de propagande. Cest un autre «métier». Cest au journalisme ce que la prostitution est à lamour.
On voit ce que les «journalistes» signataires de la pétition «Pour Enderlin» entendent par «honneur et réputation des professionnels de linformation».
Idem pour le Nouvel Obs. Parmi les nombreux signataires figure, sans vergogne, une Sara Daniel qui, sous couvert dun reportage sur les crimes «dhonneur» en Jordanie, nhésite pas à écrire de sa chambre climatisée dAman, que les soldats israéliens qui, affirme-t-elle, violent régulièrement des femmes palestiniennes à Gaza, distant de plus de 100 km, dont elle est séparée par deux frontières, savent quils condamnent ces femmes à mort [2]. En somme, outre le mensonge délibéré sur le viol des palestiniennes par des soldats israéliens, la Sara de son papa Jean Daniel désigne comme ignobles assassins non pas les frères, père, oncles, ou cousins qui, fidèles à leur «respectable» culture, commettent les crimes dhonneur, mais les Israéliens. CQFD. Cest sans doute là un modèle de vertu journalistique.
Pour ne pas faire trop long, je ne mattarderai pas sur Le Monde et ses organes satellites, ni sur Marianne, ou Le Canard Enchaîné (nul ne nous oblige de lire et encore moins dacheter ces organes de propagande), ou France 2, à laquelle nous sommes contraints de nous abonner via redevance audiovisuelle. A ce stade, il serait préférable, au nom du libre choix et de la démocratie, de privatiser toutes les chaînes publiques et de supprimer la redevance.
Passons aussi sur les différents correspondants locaux ainsi que sur les grands ou petits reporters qui, du Monde au Figaro, sétalent sur la culpabilité et les fautes, réelles ou supposées, dIsraël, "seul responsable du malheur des Palestiniens", mais passent sous silence, ou éludent la responsabilité et la malhonnêteté - bien réelles, permanentes et institutionnelles - de la classe dirigeante palestinienne, et sur le détournement, à son profit ou au profit des milices armées, des aides internationales colossales et permanentes. Or, derrière toute vérité partielle se dissimule un mensonge entier.
A croire que tous ces journalistes «vertueux», du même bord que Charles Enderlin, dont ils sont solidaires, et qui pervertissent leur métier, obéiraient à un mot dordre devenu leur commune devise : «Quimporte le mensonge si la cause quil sert est bonne».
Mais LibertyVox est là pour dire quune cause qui a besoin du mensonge pour se justifier est à coup sûr une imposture, une mauvaise cause, une cause dangereuse, une cause à combattre sans relâche.
© André Dufour pour LibertyVox
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Voir, sur notre site: "Les images disent-elles toujours la vérité ? Récit de Tuvia Grossman" (novembre 2000) ; et "Libération et Associated Press condamnés pour désinformation".
[2] Sur cette affaire, voir, sur notre site: "Tsahal, une armée de violeurs ?" (6 avril 2003), et "Des guillemets qui tombent... mal" (6 avril 2003).
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Mis en ligne le 22 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











