[*] A propos de ce différend, voir : Guy Millière, "Un certain nombre de choses précises sur laffaire qui moppose à Johan Weisz, et sur Primo-Europe" (4 février 2008); et "A propos du procès en diffamation, intenté par J. Weisz à l'écrivain G. Millière et à Primo-Europe" (6 février 2008).
[**] Voir : " « Survivre à Auschwitz », de Guy Millière: l'empathie peu commune d'un non-Juif pour Israël ".
22/06/08
Un article récemment publié dans la Mena [1] rendait compte de mon passage au Palais de justice de Paris, le 12 juin dernier, suite à la seconde plainte déposée contre moi par Johann Weisz, par le truchement de ses avocats, Patrick Klugman et Michaël Ghnassia. Les faits décrits correspondaient à la réalité. Le travail de la signataire de larticle ne peut être décrit sur ce plan que par deux adjectifs : honnête et scrupuleux. Un paragraphe de cet article faisait référence au procès précédent que mavait intenté le même Johann Weisz, assisté avec une diligence militante des deux mêmes avocats. Ce premier procès concernant un article publié, à lépoque, dans Primo-Europe, le directeur de publication de Primo était à mes côtés sur le banc des accusés. Javais écrit, à lépoque, ce que javais pensé du procès : je ne retire aucun de mes mots, quon pourra retrouver aisément sur Internet. Le moins que je puisse dire est que javais été déçu par Pierre Lefebvre. Et je suis très charitable en parlant simplement de déception. Les demandes formulées à mon égard et à celui de Pierre Lefebvre se sont retrouvées dans les résultats au moment où le jugement a été prononcé. Ce qui est dit sur ces sujets par la signataire de larticle de la Mena correspond à la stricte réalité.
Je nai jamais entendu combattre en quoi que ce soit Primo-Europe. Je pense au contraire que le travail de Primo-Europe est utile et contribue à la lutte qui nous est commune contre le racisme, contre lantisémitisme, et pour la défense de la vérité concernant Israël et le Proche-Orient. Ma ligne de conduite est que je nai aucun ennemi parmi ceux qui mènent ce combat, strictement aucun. Ma ligne de conduite est aussi que je choisis toujours de rassembler et de refuser toute forme de division. Elle implique, dans ces conditions, le pardon des offenses, dès lors que ceux qui en ont été les auteurs font amende honorable. Si les choses ne tenaient quà moi, joublierais très vite le nom de Johann Weisz, et je parlerais avec Patrick Klugman et Michaël Ghnassia dactions à mener contre ceux qui sont mes seuls ennemis, et qui devraient être, sils savaient raison garder, les seuls ennemis de Patrick Klugman et Michaël Ghnassia : les racistes, les antisémites, les falsificateurs de lhistoire du Proche-Orient.
Si les choses ne tenaient quà moi, je pourrais aussi pardonner à Pierre Lefebvre, et, après que tout soit clarifié, laisser le passé au passé. Malheureusement, les choses ne tenant pas quà moi, la réalité est très différente, et je ne laisserai personne porter atteinte à mon honneur.
Je ne pense pas que le communiqué de Primo-Europe [2] accusant la Mena de recourir au mensonge et à linsulte va dans ce sens. Et je dois donc le répéter : larticle publié par la Mena, sil est polémique, ne contient, à mes yeux, aucune insulte envers Pierre Lefebvre. Larticle nest pas mensonger. Ce qui nuit à Primo nest pas une quelconque « volonté de nuire » de la part de la Mena, mais un refus, de la part de Primo, dassumer les faits concernant cette affaire. Des gens qui commettent des erreurs se grandissent en les reconnaissant. Des gens qui font linverse ne se grandissent pas.
Si Primo partage mon combat, que Primo sache que celui-ci passe par la confiance que jai en la Mena, et que le refus de voir la Mena accusée de mensonge en fait partie intégrante. Que Primo sache aussi que le mot « dégoût » est totalement exclu de mon vocabulaire quand je pense à la Mena. Sil sagit de « maladresse », je dois, hélas, penser que le récent communiqué de Primo est, pour le moins, une persistance dans la « maladresse ». Si les « obstacles » sont surmontables, ce que je souhaite, les surmonter implique, au préalable, que la vérité nen soit pas la victime, et quun refus affirmé des « attaques » et de la « division » ne passe pas par le recours à un vocabulaire porteur dattaques et de division.
Je ne refuse le débat avec personne. Je ne confonds pas mes amis avec mes ennemis. Je préfère rassembler, je lai dit. Mais jai des valeurs avec lesquelles je ne transige pas et avec lesquelles je nai jamais transigé. La Mena a toujours, je laffirme et je signe, répondu à la conception que je me fais de mes propres valeurs. Si Primo entend aujourdhui me soutenir, jen suis heureux, mais je ne puis accepter ce soutien sil doit saccompagner daccusations infondées contre la Mena. Les amis dIsraël nont pas à être divisés sils parlent vrai et sils sont courageux. La Mena parle vrai et elle est courageuse.
Parce que je suis un ami dIsraël et que je sais qui sont mes ennemis, jentends, consacrer très vite mon temps à des sujets plus importants. Je veux être certain que Primo entend, de son côté, consacrer ses colonnes à dautres thèmes. Je ne pouvais laisser passer une « mise au point » qui, à mes yeux, nen est pas une, et constitue, sans aucun doute, une regrettable erreur.
© Guy Millière
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[2] Voir, ci-après, en Annexe 2, le texte du communiqué mis en ligne, le 20 juin, par Primo sur son site.
Annexe 1
La Ména avait rendu compte, dans ces colonnes, du premier procès intenté par Johann Weisz-Myara, représenté par Me Patrick Klugman, contre Guy Millière. Nous avions décrit, à lépoque, la stratégie de défense de Pierre Lefebvre, président de Primo-Europe, conseillé par son avocat, Ghislain Di Caro. Larrangement contre nature passé entre Di Caro et Patrick Klugman aura finalement payé, puisque le jugement qui a été rendu peut surprendre au regard de la jurisprudence : Primo-Europe et Pierre Lefebvre, les « auteurs principaux » de la « diffamation », ont été condamnés à payer un euro symbolique, quant à Guy Millière, simple « complice » au sens de la loi, il a été condamné, lui, à verser une amende de 5 000 euros. Primo-Europe qui a remis son euro et publié un communiqué dégoulinant dobséquiosité envers Weisz-Myara, est, depuis, passé à autre chose.
Une partie du public oubliera sans doute rapidement la lâcheté de Pierre Lefebvre ; quant à nous et à nombre de lecteurs de la Ména, dotés, entre autres choses, dune mémoire déléphant, nous savons à quoi nous en tenir avec Primo-Europe. Un site Internet qui se fit appeler, pour décoller, lAssociation des amis de la Ména, puis qui changea dappellation sitôt quil crut atteindre son altitude de croisière. Il est vrai que tout ami de notre agence aurait fait bloc autour du défenseur des Juifs, des minorités oppressées, de linjustice et de lHomme au centre du monde, pour affronter, au tribunal, ceux qui affirment que lEtat hébreu a lancé une Offre Publique dAchat sur les Israélites de lHexagone. Il faut désormais beaucoup « délasticité morale » pour rester membre de Primo.
Guy Millière a, bien entendu, fait appel. Mais il est loin den avoir fini avec le tandem Weisz-Myara - Me Klugman. Me Klugman étant membre du Comité Exécutif National du Crif - dois-je le rappeler ? Le jeudi 12 juin dernier devait avoir lieu un second procès, pour un second texte, publié, cette fois, par la Ména, et pour lequel Guy Millière est seul à comparaître. Je me suis donc rendue au tribunal pour ne rien manquer du spectacle qui sannonçait à nouveau hallucinant, dun membre de linstance supérieure des institutions juives de France, appliqué à pourfendre sans merci lun des plus ardents défenseurs de cette communauté, pour les intérêts de lauteur dun ouvrage primitivement antisioniste et limite antisémite.
Javais hâte de revoir les extraordinaires talents de transformiste de Weisz-Myara, qui, à la barre, sait si bien prendre le ton pleurnichard du pauvre petit jeune journaliste dont on aurait sali « lhonneur » et qui, dès quil rejoint lantichambre, parle avec larrogance suffisante dun hiérarque magistral.
Cet après-midi du 12 juin, cela dit, et pour ma plus grande déception, le spectacle na pas eu lieu. Guy Millière était bien là, son avocat aussi, mais point de Weisz-Myara.
Dix personnes au moins laccusent déjà certaines dans des attestations écrites - de les avoir possédées, notamment en se faisant passer pour un individu aux abois, victime de menées antisémites. Les personnes interpellées avaient répondu à lappel, qui se voulait pressant, de Weisz-Myara, avant de retrouver leurs propos, évidemment profondément « remaniés », dans le livre brûlot. Dix personnes abusées par la même martingale malhonnête, que voilà déjà un joli palmarès ! Difficile de tomber plus bas
à moins de creuser, bien sûr.
Patrick Klugman sétait également fait porter pâle. Un pli quil avait fait porter à la cour prétextait quil avait été appelé inopinément et dans lurgence, dans une très lointaine province de lempire. Vu latmosphère sulfureuse qui préside aux rapports entre les parties, nous ferons notre travail de journalistes et tenterons de confirmer lauthenticité de ce déplacement de dernière minute. Chez nous, mon maître de stage me la assez répété : en liminaire, ni de procès de sale gueule, ni de bon dieu en confession.
Me Ghnassia, lassistant de Patrick Klugman, a demandé le report du procès, dont laudience a maintenant été fixée au 6 octobre prochain. Lépigone a tout de même trouvé le temps déchanger quelques mots avec le président du tribunal, précisant, en tenant en main un article de notre agence et en sen servant comme dun ventilateur, que lui et Klugman étaient scandalisés par les « pressions » que Guy Millière exercerait sur eux !
La doublure de Me Klugman, inapte, de son propre aveu, à gérer laudience sans son Maître, faisait allusion à la lettre ouverte adressée par la partie défenderesse à Richard Prasquier, le président du Crif [*]. Dans cette apostrophe publique, Millière demandait à Prasquier si prétendre combattre lantisémitisme, ès qualité de membre de linstance supérieure du Crif, était compatible avec une attaque contre sa personne, dont chacun, en France, connaît les positions en matière de lutte contre lantisémitisme et le racisme.
Poser des questions de nature éthique à Prasquier, peut-il être interprété comme une pression « scandaleuse » exercée sur Klugman ? On nourrit de gros doutes à ce sujet, il me semble même que, du côté des conseils de Weisz-Myara, on perde un peu son sang-froid.
On ne perd rien à attendre, en revanche, la joute verbale, en octobre, sannonçant haute en couleurs. Nous connaissons bien Millière, il nest pas homme à se laisser faire. Quant à Klugman, selon ce que me glisse à loreille un membre de lassistance qui me voyait prendre des notes, « cest un roquet qui se prend pour un pitbull ». Certes, je ne prends pas cette allégorie animalière pour argent comptant, aussi jattendrai avec impatience que son fondement saffirme ou sinfirme à lautomne.
Je me demande aussi si Patrick Klugman na pas tout intérêt à faire usage du renvoi opportun des débats aux prochaines calendes afin de chercher à clore cette affaire hors parloir. Il y a des voyages en province qui permettent de cristalliser les idées, non ?
Car, entre-temps, Richard Prasquier devra prendre position de manière explicite. Connaissant mes pairs de Métula, je doute quils acceptent que les questions que lui a posées Guy Millière demeurent longtemps sans réponses précises. Nous savons que le président du Crif a dû se rendre en Amérique du Sud pour une raison plus que légitime, mais notre comité de rédaction nacceptera pas que, passé un délai raisonnable, M. Prasquier ne réponde pas à M. Millière, sur le support de la Ména, ou ailleurs, cela na pas dimportance. Le nécessaire, cest de pouvoir lire les réponses détaillées du no 1 du Crif. Je nose même pas imaginer un scénario dans lequel Prasquier négligerait lappel, fort policé, que lui a adressé Millière. Soyez sûrs de mes patrons en Haute-Galilée, ils ne laisseront pas, le cas échéant, traiter lun des leurs par le dédain et lignorance.
La lettre ouverte de Guy Millière est, en fait, exempte de tout ce qui ressemblerait, de près ou de loin, à une « volonté de faire pression », elle ressemble plus à une simple exigence de cohérence. Est-ce vraiment trop demander à Patrick Klugman de faire montre de cohérence et dhonorabilité entre les divers engagements quil a pu contracter ?
Et laffaire concerne tous les membres de la communauté juive française, qui se sentent concernés par linjustice faite à lun de leurs tribuns favoris et qui sont éveillés et inquiétés par lexemplarité douloureuse de cette affaire. Peut-on, à la fois, faire partie de lorgane supérieur censé protéger la minorité israélite de ce pays contre les antisémites et servir, professionnellement, les intérêts dun quidam qui la mise à mal ? Lancien président du Crif y compris ?
Les Juifs peuvent-ils accepter le long silence du président actuel du même Crif sur un questionnement dune si haute importance ? La lutte contre lantisémitisme et les antisémites peut-elle apparaître comme une activité accessoire, professionnellement compatible avec la défense passionnée du co-auteur dOPA sur les Juifs de France ? Il ny a rien de pire, à mes yeux, que quelquun qui prétend combattre le racisme et lantisémitisme et qui se conduit en allié du racisme et de lantisémitisme.
A en croire les centaines de courriers spontanés reçus à la rédaction en Israël, et leur contenu, on peut penser que le Crif est également submergé de mails, de questions et de protestations. Une chose est dores et déjà certaine, les Juifs de France ne laisseront pas tomber Guy Millière. Lautre est quils exigent un comportement éthique, conjoncturel et transparent, de la part de leurs représentants, et, sur ce point aussi, ils ne sen laisseront pas compter. La minorité israélite a beaucoup mûri, ces dernières années, souvent dans la désillusion de voir contester sa place dans la nation, quelle croyait assurée. Or, on fait aujourdhui le procès - et encore avec mépris, notamment dans le livre Weisz-Myara -, du communautarisme, en le montrant du doigt. Elle sait désormais, cette minorité archi-républicaine, que les masques sont tombés et quelle doit sauvegarder sa place, presque bimillénaire, dans la société française à force de vigilance, de conscience de soi et de cohérence, justement.
A bons entendeurs, une fois encore
Patricia La Mosca
©
[*] Ce texte, publié par la Ména, a été repris par le site de lUpjf, voir : "Lettre ouverte de Guy Millière à Richard Prasquier, président du Crif".
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Annexe 2
Mise au point [de Primo]
Une agence de presse israélienne francophone bien connue répand sur Primo mensonges et insultes, notamment dans l'affaire qui a opposé Primo et Guy Millière à Johan Weisz. L'objectif de Primo est le rééquilibrage de l'information sur le Moyen-Orient, pas les batailles d'ego.
Primo ne répondra donc pas à ces attaques et laisse à ses auteurs la responsabilité de l'éventuelle division des amis d'Israël qui pourrait en résulter.
Tous les membres de Primo assurent leur Président, Pierre Lefebvre, de leur admiration pour le courage dont il a toujours fait preuve et quil démontre une fois de plus en refusant dentrer dans un conflit dont la première victime serait limage dIsraël.
Nous assurons également nos lecteurs de notre soutien à Guy Millière pour ses idées et pour son combat que nous partageons totalement. Les malentendus entre Primo et Guy Millière, les maladresses dont nous avons peut-être fait preuve, de part et d'autre, sont des obstacles surmontables.
La volonté délibérée de nuire à Primo pour des raisons obscures est en revanche indigne de professionnels de l'information et ne nous inspire que le dégoût.
L'équipe Primo
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Mis en ligne le 22 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











