20/06/08
« Ce film est dédié à la mémoire de Daniel Pearl, journaliste assassiné parce que juif
»
Voix off lisant le déroulant :
Ce film nest pas un documentaire prétendant à la neutralité. Il veut dire une opinion, il veut dire une indignation. Il dénonce cette grande régularité dans lhistoire des hommes qui a fait des Juifs les boucs émissaires des malheurs du monde. Depuis cinquante ans, la démonisation du Juif a muté. Israël semble être lépicentre dune passion planétaire. Israël nest pas un Etat au-dessus de la critique, mais la volonté de laccabler, de présenter ses soldats comme des violeurs ou des tueurs denfants règle dautres comptes, dit autre chose que la contestation dune politique. En le présentant comme malfaisant par nature saffirme la volonté de délégitimer cet Etat, non pas pour ce quil fait, mais pour ce quil est. Cet acharnement, cette diffamation est une énigme dans lHistoire. Ce film tente de la questionner.
EXT TEL AVIV
Les flammes de quelques veilleuses éclairent lasphalte.
Denis, Myriam et ses enfants se recueillent sur la tombe de Rabin.
Sophie Dulac Productions
présente
IMAGES DAGENCE
I. RABIN
Le chant de la paix nest pas seulement une prière ! La paix est au centre de toutes nos prières. Elle est la volonté de tout le peuple juif. Et nous avons une incroyable volonté de paix !
DECRYPTAGE
EXT TEL AVIV
Denis et ses enfants se recueillent sur la tombe de Rabin
IMAGES DAGENCE
retour sur la foule et discours de rabin
Itskhac Rabin termine son discours descend les marches et se fait assassiner.
ARRESTATION
COMMENTAIRE TV
The security shield failed so disastrously. The gunman was Egal Amir, a 27-year-old law student. After firing . . . he wanted to kill foreign minister Simon Peres as well.
EMOTION DES GENS
Témoin
It's, it's, it's unbelievable!
Un film de
Jacques Tarnero
Philippe Bensoussan
DENIS CHARBIT:
Camus a une très, très belle distinction quil fait entre le drame et la tragédie, et il dit : le drame en littérature, cest quand il y a, on identifie très rapidement les bons et les méchants. La tragédie, cest quand Antigone a raison et que Créon na pas tort. Hé bien je pense, enfin pour moi, le conflit israélo-arabe cest une tragédie, cest pas un drame.
IMAGES WASHINGTON SEPT 93
La poignée de mains entre Arafat et Rabin
Le prix nobel.
Commentaire :
Il y a un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour détruire et un temps pour bâtir, un temps pour aimer et un temps pour haïr. Quand Itzak RABIN cite lEcclésiaste, ce 13 septembre 1993, à Washington, nous pensions que le temps de la paix était enfin venu. Nous pensions que cette poignée de mains entre Yasser ARAFAT et Ystak RABIN allait mettre fin à la guerre de 50 ans.
Cet espoir, ici, en France, nous lavions partagé, nous les auteurs de ce film. Doù parlons-nous comme on dit, sinon de ce lieu amère de lespoir brisé.
INT PARK HôTEL
Images de lattentat au Park hôtel de Nethanya
Le mercredi 27 mars 2002, cest le soir du Seder du Pessah qui rappelle aux Juifs leur libération quand ils étaient esclaves dans lEgypte de Pharaon. Cette fête symbolise lespérance de la liberté et en rappelle la dimension universelle.
Une bombe humaine, un homme palestinien, explose au milieu des convives. Il y a trente morts et 140 blessés. Que visait le tueur ? Luttait-il pour lindépendance de la Palestine, que voulait-il détruire ?
EXT. CIMETIERRE DE NETHANYA
Bernard Zaoui récite le Kaddish sur le cercueil de sa mère.
Commentaire off :
Ce 27 mars, cette rescapée des camps de la mort, Madame Stein Zaoui, quHitler navait pas réussi à faire disparaître, est rattrapée par lHistoire.
On met le cerceuil en terre
LE PERE
Elle nétait pas malade, rien du tout ! On est allé à une fête, on est allé à une prière.
Papa, cest pas possible !
BERNARD ZAOUI :
Moi, je suis un militant de la paix, et je suis pour le partage, je suis pour la création dun Etat palestinien, mais pas avec des terroristes, pas un Etat terroriste
Commentaire off :
Pour les terroristes, un bon Israélien est un israélien mort. Peu importe dêtre un militant de la paix.
Ilan Greilsamer est professeur de sciences politiques. Cet intellectuel autant que militant de la paix, favorable à la restitution des territoires, na pas la langue de bois.
01 06 31 ILAN GREILSAMER :
Moi, je parle de la gauche à laquelle jappartiens, qui est la gauche sioniste, qui est la gauche israélienne patriote et sioniste, si vous voulez, et en ce qui me concerne je suis extrêmement critique de la politique du gouvernement israélien, mais dun autre côté nous sommes encore beaucoup plus critiques de ce que font les Palestiniens aujourdhui et de ce que fait Yasser Arafat.
INTIFADA
IMAGE TF1
PPDA
Flambée de violence à Jérusalem et dans les territoires occupés. A lorigine de ces affrontements, une visite du chef de la droite israélienne sur lesplanade des mosquées.
B. AGUIRRE off :
Chef de file du Likoud, le principal parti de droite israélien, Ariel Sharon a depuis toujours le goût prononcé des actions
C. ENDERLIN off :
Ariel Sharon est entouré de gardes du corps et de policiers tendus. Des fidèles musulmans et des députés arabes israéliens sont là et linterpellent. Les équipes de télévision nont pas été autorisées à pénétrer sur lesplanade des mosquées, et ces images ont été tournées par des Palestiniens avec des vidéos amateur.
Commentaire off :
Lhistoire officielle date du 28 septembre 2000, le début de la seconde Intifada avec la visite dAriel Sharon sur lesplanade des mosquées. Cette histoire ne dit pas la vérité. Elle a construit un récit qui veut quIsraël soit le responsable et le coupable.
JACQUES CHIRAC
Nous sommes consternés et très préoccupés par cette flambée de violence. A lorigine, jeudi dernier, une provocation irresponsable sur le lieu saint de lesplanade des mosquées.
ALEXANDRE ADLER:
A la veille de la visite de Sharon sur lesplanade des mosquées qui était annoncée depuis une semaine dans la presse, il y a eu une rencontre entre Arafat et Ehud Barak, et je peux vous dire sans aucune, je ne fais pas du tout une révélation, que Barak a dit à Arafat, entre quatre yeux : oui, Sharon va venir sur lesplanade demain, et Arafat na fait aucun commentaire. Et
et pour cause, on voit bien de quoi il sagissait : Ehud Barak venait daccepter ce qui apparaissait encore aux yeux de tous comme inacceptable
pour un Israélien, cest-à-dire le partage définitif de Jérusalem, lexistence de deux capitales pour une même ville, et il avait employé même le mot al-Kouts, la sainte, le mot arabe pour définir Jérusalem. Cétait beaucoup !
EHUD BARAK :
I sat down with him for some 45 minutes alone on my balcony and I tried to really see whether we can convince him that an angel will not descend from heaven to solve the problem for us. Maybe the religious people on both sides can believe that somehow angels will do it, but I have a very strong conviction that we have to help the Almighty if something good has to happen. And somehow I could not find him there. So, I didnt know that he will erupt in violence immediately, but certain hints and certain intelligence material pointing to the possibility that he will kind of turn to terror and violence.
IMAGE TF1 CLAIRE CHAZAL
Commentaire off :
Pendant quà Camp David, cest de la paix dont il est officiellement question, lAutorité Palestinienne prépare ses enfants à la guerre.
REPORTAGE TF1
Ici les plus jeunes ont dix ans, les plus vieux seize ou dix-sept ans. Ces camps dété durent trois semaines et ont réuni plus de 20.000 enfants en Cisjordanie et à Gaza. Ils crient à la libération de Jérusalem. La Kalashnikov, lemblème des luttes anciennes, est devenue objet dexercices. La Kalashnikov est presque aussi grande quelle, mais aussi beaucoup plus résistante, trop lourde pour ses mains denfant. Lhistoire na pas encore fini de tourner la page des combattants feddayins. Cétait à lépoque dune autre révolution qui nest pas encore tout à fait achevée.
LAURENT HAUBEN
En temps de négociations de paix, ce genre dexercices para-militaires pourrait prêter à confusion, mais noublions pas quici, en cas déchec des négociations de Camp David, cest la violence qui pourrait bien reprendre le dessus.
EXT CENTRE ANTITERRORISTE
Images dextérieurs du centre.
Commentaire off :
Confronté à la violence depuis ses origines, Israël a fait du terrorisme un objet détudes universitaires. A Herzilia, Boaz Ganor dirige un centre de recherches sur le terrorisme.
BOAZ GANOR
Arafat had the plan to go and start violence because he believed that whatever would be offered in Camp David, he would get more by the use of violence. By the way, he was right again. Because after he started this war or these atrocities against Israel, we had these discussions in Taba three weeks or four weeks after, the Israelis offered more than they offered in Camp David. The pattern has worked again. So until today all Israeli governments didnt taught Arafat that violence doesnt pay.
IMAGE DAVID BIRRI
Commentaire
Un jour avant la visite de Sharon sur lesplanade, un soldat israélien David Birri membre dune patrouille mixte israélo-palestinienne est assassiné de sang froid par son collègue palestinien. Cest le vrai début de lIntifada al Aksa.
ELISABETH SCHEMLA:
Depuis de nombreux mois déjà Yasser Arafat et le Fatah, par les souterrains de Rafah au sud de la bande de Gaza, avaient fait pénétrer tout un certain nombre darmes dont ils allaient
dont ils allaient se servir. Deuxièmement, la préparation de cette guerre qui allait être déclenchée le 29 septembre, on le voit aussi avec la libération des premiers prisonniers de Hamas et de Djihad Islamique qui, contrairement à ce que lon croit, na pas eu lieu pour la première fois après le déclenchement de la guerre, mais tout de suite après le sommet de Camp David.
Image FR 2 :
Pour montrer sa détermination, lAutorité Palestinienne a immédiatement relâché des prisonniers du Hamas détenus dans les geôles palestiniennes. Ces derniers sont à lorigine des attentats contre Israël depuis 93.
ALEXANDRE ADLER:
LIntifada na rien de spontané
. Il y a même eu, bien sûr, contact entre les députés arabes israéliens les plus proches de lOLP et celle-ci pour quils accompagnent le mouvement de manifestations qui, elles aussi, avaient été préparées avec un certain soin.
Discours de FALUDJI:
Celui qui pense que lIntifada est le résultat de la méprisable visite de Sharon à la mosquée Al Aksa a tort.
ALEXANDRE ADLER off
Un ministre palestinien la dit à Beyrouth, en se vantant un peu devant ses amis du Hezbollah : « LIntifada a été préparée de longue main ».
EXT AFP
Commentaire off :
Pourquoi na-t-on pas vu ces images sur les écrans des télévisions françaises ? Pourquoi ce croc-en-jambe à lhistoire officielle a-t-il été dissimulé ? Pourquoi fallait-il faire à ce point de la visite de Sharon sur lesplanade des mosquées lunique cause du déclenchement des violences ? Clément Weil Raynal, journaliste à France 3, brise le silence des complicités.
CLEMENT WEIL RAYNAL:
Cest le mécanisme de base de la désinformation : lomission. On nen parle pas, on enterre tout, on na rien vu, on na rien entendu.
Cette thèse qui met en pièces la thèse défendue depuis plusieurs mois par l'Agence France Presse selon laquelle ce serait Ariel Sharon
hé bien l'Agence France Presse l'a passée totalement sous silence.
Le rapport Mitchell va dans le droit fil de cette affaire : une commission mixte, américaine, les Palestiniens ont donné leur accord, les Israéliens ont donné leur accord. Elle va enquêter de manière impartiale sur le déclenchement de l'Intifada.
IMAGES DAGENCES RAPPORT MICHELL
The Palestinian authorities should make clear through concrete action
CLEMENT WEIL RAYNAL:
Quest-ce quécrit lagence France-Presse ? Elle écrit tout simplement le vendredi matin : la mission du rapport Mitchell est de déterminer lorigine des violences déclenchées par la visite controversée dAriel Sharon sur lesplanade des mosquées, troisième lieu saint de lIslam. Voilà une agence de presse réputée sérieuse qui, au lieu de poser la question et annoncer quon va poser la question
La réponse est dans la question
apporte la réponse dans la question !
ALAIN FINKIELKRAUT:
Il y a eu un attentat à Tel-Aviv qui a fait une vingtaine de morts et plus de cent blessés, une bombe humaine devant une boîte de nuit dans la ville, justement, post-sioniste ! Dans la ville dont les habitants sont prêts à, dautant plus disposés même à voir un Etat palestinien se créer quils veulent tourner la page. Hé bien, cest dans cette ville, cest au cur de cette ville que certains Palestiniens portent la guerre. Quelques jours plus tard, la BBC nous sort un documentaire sur le général Sharon élégamment intitulé « Laccusé ». Cest lui qui est responsable du crime atroce de Sabra et Chatila, et tout se passe comme si la seule solution du problème israélo-palestinien aujourdhui, cétait de traduire devant un tribunal le leader quIsraël sest choisi en désespoir de cause. Il y a là quelque chose, si vous voulez, qui passe lentendement.
ELECTION DARIEL SHARON
Embrera on na pas le choix. Cest la formule de base de lhistore dIsraël. En février 2001 sur les ruines de la paix ensanglantée par la reprise de lintifada, les Israliens élisent en masse Ariel Sharon. Le rêve de RABIN, PERES et BARAK a explosé avec les bombes du Hamas.
01 06 53 ALAIN FINKIELKRAUT:
Il reste deux catégories dIsraéliens : ceux que cette tragédie plonge dans la détresse, ceux quelle met dans leuphorie. Ces derniers en effet arborent une sorte de grand sourire victorieux, le sourire du « on vous lavait bien dit ! » Je suis dans le camp de la tristesse, et je reste ladversaire farouche du camp de leuphorie. Il reste un clivage. Il ny a plus, si vous voulez, aujourdhui, les Israéliens ont un peu le sentiment quil ny a plus de choix. Ils reviennent au « EMBRERA » : il ny a pas le choix, puisquil ny a plus de partenaires.
CE QUI SEST JOUE A CAMP DAVID
DEPART DE BARAK POUR CAMP DAVID
Commentaire off :
Lété 2000, le Premier Ministre dIsraël Ehud Barak part à Camp David en ayant promis la paix aux Israéliens. Il veut la faire comme il faisait la guerre : rapidement, efficacement.
EXT JOUR LONDRES
PHOTOS DAGENCE
Commentaire off :
James Rubin fut le porte-parole de Madeleine Albright et conseiller au Département dEtat. Il a participé à toute la préparation de Camp David. Il est aujourdhui avocat à Londres.
JAMES RUBIN :
What was new was a full fledged sharing of Jerusalem, a return of Arab and Armenian neighborhoods to Palestinian control, what was new was virtually a 100% return of the West Bank, if you take into account the 95, 96% he was offering and then the swaps of existing territory in the Sinai for Palestinian territory. So the idea that the Palestinians would get at least in gross numbers, nominally, all of the territory lost in the 67 war, was beyond what people could have expected.
FREDERIQUE ENCEL
LEtat dIsraël, dans ses frontières internationalement reconnues, cest deux gros départements français. Ce quon appelle la taille de guêpe, cest-à-dire sur la plus petite largeur dIsraël entre la mer et Tulkarem qui est la première ville autonome palestinienne, il y a moins de 14 kilomètres. Cest-à-dire, six fois les Champs-Élysées. La vieille ville de Jérusalem, cest 1 kilomètre carré, cest-à-dire la place de la Concorde, incluant les bâtiments, alors le Crillon, lAssemblée Nationale, par exemple ; incluant les bâtiments qui sont attenants. Donc, on joue sur des surfaces qui sont excessivement infimes.
EHUD BARAK :
If you close the zoom to cover only Israel and the Palestinian it seems that Israel is, are the upper end and Palestinians are the underdog, we are reigning over them, and so on, they are so poor. But if you open the zoom and look over Middle East, you realise that Israel is the isolated entity, Israel is the minority, Israel is the entity which is not accepted by its neighbours, and threatened to the very roots of its existence.
SCHLOMO BEN AMI:
Le cadre qui avait commencé à Camp David était fondé sur une prémisse qui disait que cest un processus déchange entre territoires et paix. On donne des territoires, on reçoit la paix. Et pendant ces négociations, on est arrivé à la conclusion que ça va plus loin, que même si Israël est disposé à donner la totalité des territoires de la Cisjordanie et de Gaza, elle ne va pas recevoir des Palestiniens la paix dans le sens le plus profond du mot, cest-à-dire
Le droit
cest-à-dire la fin du conflit et la reconnaissance de la légitimité morale dun Etat juif.
EXT CAMP DAVID LA PORTE
Commentaire off :
Dans cette partie de poker, Arafat et Barak nutilisent pas les mêmes cartes. Arafat dispose dun autre joker : la guerre sainte. La Palestine est sortie de ses frontières, car Jérusalem est devenue lemblème des passions islamiques.
Photos des négociations de Camp David
Commentaire off :
Par ailleurs, Arafat a fait du droit au retour des réfugiés palestiniens une exigence irrecevable pour Israël, car il signifierait la fin démographique de son identité. Les attentats du Hamas et la reprise de lIntifada torpillent les derniers espoirs.
EHUD BARAK :
When we talk about, in the Israeli Left, of two states for two nations, we talk about a Palestinian state the way they will define it, living side by side with a Jewish democratic Zionist Israel. I found out that Arafat, he agreed, he accept that there is a state called Israel but he never accepted the moral right, or the historic right of the Jewish people to have its own state. In fact, I should admit further more that we found that Arafat accept the fact that there is a Jewish religion but he does not accept the fact that there is, recognise the fact that there is a Jewish people that has the right for his own homeland.
FREDERIQUE ENCEL
Et là, je crois quil faut vraiment se référer à une phrase extrêmement belle et très juste du Prince des stratèges, Napoléon Bonaparte, qui disait à propos de la paix : « la paix, cest moins lharmonisation des politiques, que lharmonisation des arrière -pensées ».
EMMANUEL HALPERIN
Yasser Arafat en 94 à Johannesburg, à la mosquée de Johannesburg, a fait un discours peu de temps après les accords d'Oslo où il expliquait : l'accord que nous avons fait avec Israël est un accord provisoire. Les Israéliens peuvent penser qu'il s'agit d'une réconciliation, que c'est un accord à long terme. Mais je me place moi d'un point de vue musulman, d'après le texte coranique, je vous dis j'ai le droit de le faire bien que ce soit des infidèles parce que je suis actuellement en position de faiblesse, plus tard je pourrai m'en dégager. C'est incroyable !
EXT JERUSALEM EST
Commentaire off :
A Jerusalem Est, Sari Nuseibeh est le premier responsable palestinien à avoir osé briser les tabous Ce professeur de philosophie issu dune grande famille palestinienne est depuis longtemps un partisan de la coexistence de deux Etats.
Il est le premier à avoir déclaré que lexigence du droit au retour des Palestiniens à lintérieur dIsraël était évidemment irrecevable par Israël, dans le cadre dun accord de paix.
Pour avoir osé cette parole libre, Sari Nuseibeh est aujourdhui menacé par les islamistes du Hamas
ITV SARI NUSEIBEH :
The two sides went to Camp David, they tried to reach agreement. We were not very very close, but we were I think the Palestinians and the Israelis more or less close. In other words, we were roaming in the same wood. Perhaps we were not yet seeing eye to eye with each other. But we were in the same vicinity.
IMAGE DAGENCE
YASSER ARAFAT en arabe :
Al qods appartient non seulement aux Palestiniens mais à la Palestine, au monde arabe, aux chrétiens et à la communauté musulmane dans le monde entier. Al quods est la capitale de létat de Palestine ! Que celui qui laccepte, laccepte ! Que celui qui le refuse, le refuse ! Et celui à qui ça ne plait pas quil aille boire leau de la mer.
SCHLOMO BEN AMI:
Politiquement, il na pas été capable dassumer quon ne peut pas arriver à un accord avec une société unie. Si on veut être un vrai leader
on doit, on doit avoir derrière toi une société qui nest pas unie. Si elle est unie, tu nas pas la paix ! Il voulait maintenir la ..., la solidité et la cohésion interne de sa société et de sa famille politique : Hamas, Djihad et les autres et avoir un accord avec Israël, cest impossible ! Si le Hamas est satisfait, cest-à-dire que tu nas pas un accord avec Israël, et si lextrême-droite en Israël est satisfaite, cest-à-dire que tu nas pas un accord avec les Palestiniens, cest très simple : on doit diviser, cest inévitable !
SARI NUSEIBEH:
On the Palestinian side, there was pressure on Arafat because he felt he couldnt get what he wanted and people were angry with that. So the two leaderships came back to find angry communities.
EXT. JERUSALEM
Présentation Georges Marion
Commentaires off
Pendant deux ans, Georges MARION a été le correspondant du journal le Monde à Jérusalem. Il a couvert les deux parties du conflit. Cet exercice de grand écart, difficile, nécessite une qualité rare, mettre à distance de sa plume les passions autant que la violence.
GEORGES MARION:
Arafat est arrivé sans avoir dit une seule parole après Camp David, ce qui était une erreur politique, il a laissé en quelque sorte Clinton dire : léchec est dû à Arafat, aucun de ses co-négociateurs na osé parler puisque le chef navait rien dit, il est monté dans son avion, il est arrivé à Gaza et à ce moment-là on a vu cette image terrible et fascinante dune foule en délire lacclamant, disant : bravo, tas gagné parce que tu nas rien cédé ! Autrement, dit, ils disaient : bravo, tas gagné parce que nous avons perdu la paix.
SCHLOMO BEN AMI:
Je suis arrivé à la conclusion que le pauvre homme
simplement est incapable, on demande de lui des choses quil ne peut pas faire. Il est là pour être une espèce de mythe, une espèce de représentation mythologique dune volonté collective dun peuple, et pas nécessairement quelquun qui doit prendre des décisions. Il me paraît que cet homme na jamais vraiment pris de décision, il a, il a plutôt
fait un surfing sur la vague de la volonté du peuple, il a leaderé son peuple darrière, pas de devant
BT LIBE
Commentaire
En juin 2002 dans une interwiew au journal Israélien Haaretz, Yasser Arafat a déclaré quil accepterait aujourdhui les propositions que Bill Clinton avait faites à Camp David.
LA CONSTRUCTION DE LOPINION
CLAUDE SERILLON
On a beau shabituer aux images de violence, la mort dun gamin dans les bras de son père fait naître encore lindignation et lémotion.
ALAIN FINKIELKRAUT:
Cétait insoutenable pour tout le monde, ils étaient pris entre deux feux, le père et lenfant. Ils hurlaient, et donc je ne crois pas que lon doive se soustraire à lémotion de cette image.
ALAIN FINKIELKRAUT:
Toute image est cadrage, toute image est choix, jai cru, quand je lai vue et revue en boucle à la télévision, au fond, que larmée israélienne
voyait ce que voyait le photographe.
Commentaire off :
Au carrefour de Netzarim, voici ce que les soldats israéliens voyaient depuis leur poste de garde. Personne ne peut dire avec certitude quelles balles ont tué Mohamed Al Dura. Rien ne prouve aujourdhui que le père et lenfant aient été la cible choisie des soldats israéliens Ce qui est certain par contre, cest que le poste de tir israélien nétait pas dans laxe de la caméra qui a filmé cette mort. Sur cette image, on peut voir les différentes positions de tirs des Palestiniens, des Israéliens. Le père et lenfant se trouvent à lévidence pris entre deux feux. Cette explication ne dissipe en rien la tragédie de la mort dun enfant de douze ans. En revanche, lidée dun meurtre délibéré telle que les images et les commentaires lont induite relève de la manipulation.
ALAIN FINKIELKRAUT:
La question, évidemment, est de savoir quel usage on en fait, et a-t-on le droit den faire usage ? Jai été horrifié, moins tant peut-être par les commentaires en France, même sil y a eu des emballements lyriques, que par lhystérie généralisée provoquée par cette image dans le monde arabe.
CLIP TV PALESTINIENNE
Commentaire off :
Cette mort et cette image sont exploitées par lAutorité Palestinienne pour présenter les soldats israéliens comme des barbares assassins denfants.
Commentaire off :
Ce montage de la télévision palestinienne présente lincrustation dune autre image induisant que le soldat qui vise et tire est lassassin de Mohamed.
REPORTAGE FR2
Ses camarades de classe doivent maintenant apprendre à faire eux aussi leur deuil.
Maintenant, vous allez assister à la scène de Netzarim au cours de laquelle votre camarade a été tué.
A lécole, on enseigne lhorreur de logre Israël
Quand je lai vu à la télé, jai été jeter des pierres. Je demande à tous les Arabes de faire comme le Hezbollah.
ALAIN FINKIELKRAUT :
« Voilà, cest le vrai visage dIsraël, nous le savons, cest cela quils font. » Et là, je me suis dit : non, cest pas possible, cest pas possible
Il y a une grande maladie arabe que personne ne veut voir : il y a là vraiment, lantisionisme dans les pays arabes fonctionne exactement comme lantisémitisme en Russie au dix-neuvième siècle. On détourne le mécontentement des masses sur les Juifs. Cest dune clarté aveuglante !
Commentaire off :
Limage de la mort de Mohamed Al Doura devient limage symbole du malheur palestinien. En Occident, cette scène va nourrir des commentaires dont loutrance incite à penser que ce qui est en jeu nest pas le sort du peuple palestinien mais plutôt le passé des Européens.
PHOTO DU PETIT GARçON DANS LE GHETTO DE VARSOVIE
Question off:
Une éditorialiste dEurope 1, Catherine NAY, a commenté la photo de la mort du petit Mohamed Al Doura. Elle serait dun poids symbolique tel quelle effacerait la fameuse photo du petit Juif dans le ghetto de Varsovie. Le regard de cette éditorialiste, comment vous le percevez ?
DENIS CHARBIT:
Il est tellement difficile, finalement, dêtre un Occidental par rapport à ce qui sest passé en 39-45 que, quelque part, je dirais on jubilerait peut-être. Jemploie quand même le conditionnel, hein, mais on jubilerait peut-être à voir le Juif endosser le mauvais rôle. Quelque part, cest une manière de
ben, se sentir un peu plus à laise par rapport à ce passé qui ne passe pas.
ITV ILAN GREILSAMER :
Il est extrêmement difficile, pour énormément de gens en Occident, daccepter cette idée dun Etat juif, dune société juive, dune nation juive, il y a quelque chose qui va très au-delà de la critique politique.
IMAGES DAGENCE DE SARRAMAGO
Commentaire off :
La charge de la Shoah pèse lourd dans le rapport à Israël. Le passé de lEurope pèse lourd dans le rapport au juif.
José Saramago, écrivain portugais, prix Nobel de littérature en visite organisée à Ramallah, nhésite pas à comparer le sort de la ville palestinienne à celui des Juifs à Auschwitz.
JOSE SARAMAGO :
Si je parle dAuschwitz, ce nest pas pour dire quil y a chambre à gaz, quil y a
non, cest lesprit !
Si Ramallah cest Auschwitz, alors Israël est le nouvel Etat nazi. Nest-il pas légitime dutiliser tous les moyens pour le détruire ?
MANIF PALESTINE
Comment expliquer ces discours récurrents, convergents, obsessionnels, voulant à tout prix mettre un signe « égal » entre Israël et le nazisme, entre lEtoile juive et la croix gammée?
JT France 2 Juillet 82
20 ans plus tôt, un présentateur de télévision disait la même chose avec dautres mots. Ces grandes régularités de langage répètent une seule et même chose : Israël est coupable par nature.
BERNARD LANGLOIS:
Cest à un nettoyage complet, systématique, des Palestiniens réfugiés au Liban que se livrent les soldats israéliens. Une sorte de solution finale, « solution finale » (répété 3 fois)
ALAIN FINKIELKRAUT :
Et ce nest pas pour ça quil sest fait évincer de la télévision, cest plus tard, pour avoir parlé à la légère de la mort de Grace Kelly ! Je dois constater que la réprobation dIsraël continue à accaparer le discours critique.
BANC-TITRE
Commentaire off :
Cette Shoah qui ne passe pas, écrit Françoise GIROUD dans le « Monde ». Que se passe-t-il aujourdhui, loccasion de transformer la figure du juif martyr en bourreau.
Comment penser cette présence obsessionnelle du signe juif dans lHistoire européenne de laprès-guerre ?
Comment ne pas voir ces discours convergents dextrême-droite ou dultra-gauche pour nier la réalité de la Shoah ou pour prétendre en dévoiler lusage ? Dans limaginaire politique européen, cest en 1967 que bascule le statut du Juif et dIsraël. Le peuple des victimes serait devenu « sûr de lui et dominateur ».
LES IMAGES
BANC-TITRE PARIS MATCH
Commentaire off :
Les premières images du début de lIntifada pas encore nommée Al Aksa montrent un face-à-face sanglant entre des gamins et des robocops surarmés.
Question off :
« La guerre qui tue les enfants ». Ce titre dit-il toute la réalité ?
ALAIN GENESTAR:
« La guerre qui tue les enfants » parce que cétait générique dune guerre qui venait darriver, qui était épouvantable, qui était terrible, avec un bilan denfants morts qui était impressionnant. Donc il fallait faire cette couverture, il fallait marquer cette guerre comme ça.:
Mais cela dit, que montrent nos images ? Les images de Thierry Esch, trois semaines après cette couverture ? Des images formidables, cest sur une sorte de plage, et on voit des enfants qui jouent et qui montent vers les soldats israéliens, elles disent la vérité, ces images, elles disent queffectivement, oui, ce sont des enfants qui sont en première ligne.
EMISSION « ARRET SUR IMAGES »
LAURENT ABADJIAN
Ce sont des jeunes Palestiniens qui lancent des pierres et qui reçoivent des balles en caoutchouc, des balles
quand on est photographe, quand on a un choix à faire entre les deux camps, on va plutôt aller du camp de ceux qui risquent dêtre plus spectaculairement touchés
ALAIN REMOND
Ça, je ne voulais rien dire, vous avez vous-même employé le mot, cétait intéressant, je ne sais plus exactement, mais « spectaculairement »
cest vrai quévidemment, vous faites de la photo, donc de limage, donc
mais il y a aussi cet aspect : cest plus spectaculaire, et cest donc, la photo sera plus forte si vous êtes du côté des
PATRICK CHAUVEL :
Mais elle ne sera pas plus forte, il ny a pas 120 soldats israéliens de tués, quand même ! Je veux dire, cest les Palestiniens qui se font tuer ! Donc lhistoire est palestinienne.
ALAIN REMOND
Je ne dis pas du tout le contraire
PATRICK CHAUVEL :
Alors, faire un reportage sur larmée israélienne, cest pas une info !
Cest pas un reportage sur larmée israélienne, cest de
ce que disait Daniel : est-ce que je partage
Vous nous dites quon fait un reportage sur les Palestiniens
ALAIN REMOND
Des deux côtés.
PATRICK CHAUVEL :
Mais des deux côtés
on voit tout à fait, dans chaque photo, la plupart des photos où on voit des Palestiniens, on voit la jeep israélienne en face, hein, on la voit très bien
ALAIN REMOND :
On y va souvent avec des sabots, hein, je ne veux pas accabler
même les journalistes de presse écrite aussi, alors avec la télé cest encore plus compliqué, parce que limage elle-même
je ne crois pas que je fais un scoop en vous disant ça, mais limage télé elle-même va plutôt vers le schématisme, le manichéisme, il y a les bons, les méchants, blanc et noir, plutôt que vers la complexité et la compréhension, limage de télé naime pas tellement les choses complexes, subtiles, il faut toujours quil y ait un bon et un méchant et quelquun qui a raison et quelquun qui a tort.
CLAUDE SERILLON
Claude serillon interviewe Madeleine Allbright
Et vous avez le sentiment que dun côté il y a larmée israélienne, de lautre côté des jeunes, des enfants qui lancent des pierres. Est-ce que cette situation ne va pas dégénérer en guerre ?
MADELEINE ALLBRIGTH
Cest pas une armée contre des enfants, cest vraiment une armée contre des policiers qui se battent, alors ca, cest pas intifada. !
FIAMA NIRENSTEIN:
Our mentality has a difficulty to understand how come they send these children in the front line, so we give it up. We just look at this crowd of civilians and we dont understand that the intermixing of civilians and armed people in the Palestinian world is very complicated.
IMAGE DARCHIVE DE VIOLENCE
Des enfants lancent des pierres.
FIAMA NIRENSTEIN off :
You have gunmens in the middle of the crowd. When the soldiers, the Israeli soldiers shoot to this crowd, it appears like a crowd, a crowd of innocent persons. You dont film the gunmens, you film the little children.
ARRET SUR IMAGES
PATRICK CHAUVEL :
Le seul interdit où cest difficile de les photographier, cest quand, de temps en temps, ce qui est vrai à la décharge des Israéliens, cest que quelquefois des Palestiniens en civil, dune, 25-40 ans, ça dépend, sinfiltrent avec des armes de guerre et profitent de la confusion pour ouvrir le feu à balles réelles sur les Israéliens. Là, si vous faites une photo ou si vous êtes vu en train de la faire, vous avez de gros problèmes.
ILAN GREILSAMER:
Les Palestiniens ont fait très attention à mettre leurs enfants en avant et à mettre les adultes en arrière, dans lintention très précise que ça fasse une presse pour les Palestiniens. Lorsque jai dit ça à Leila Shaid et à Elias Sambar, il ma dit, ils mont dit : vous dites quelque chose dinfâme, mais cest la vérité. Cest la vérité pure et vraie.
REPORTAGE FR 2:
Dans cette guerre qui ne dit pas son nom, chaque image compte. Alors, les manifestants mettent au premier plan des enfants, presque des bébés. Et comme la surenchère na pas de limites, pourquoi ne pas leur mettre une cagoule en plus ? Cétait jour de prière aujourdhui, et chaque image comptait.
QUESTION ESPAGNOLE:
ANGELA RODICCIO
Y también me gustaría saber
que me explicaran porqué al Fatah entrena a niños para que salgan con armas a la calle poniendo en riesgo clarísimamente sus vidas frágiles.
Arafat en arabe (traduction espagnole) :
¿Estabas con ellos ? Estabas tú con
dáme una prueba de que tu lo que dices es verdad, es cierto.
QUESTION TV PALESTINNIENNE
YASSER ARAFAT
The child who is grasping the stone facing the tank is it not the greatest message in the world when that hero becomes a Shahid [Martyr foir Allah]? We are proud of them.
CLIP TV PALESTINIENNE
Enfants hurlant leur désir du jihad
IMAGES TV HEZBOLLAH
Des enfants déguisés reproduisent les gestes de leurs aînés. IIs sont affublés de ceintures dexplosifs
Commentaire off:
Ces images de propagande ont peu été montrées au public européen. Par contre, la guerre des images est un enjeu compassionnel : il faut faire de lenfant palestinien le nouveau David affrontant le Goliath israélien. Des enfants armés de pierres en seront les acteurs en première ligne.
Commentaire off:
Dans cette fête enfantine, les gamins jouent détranges petits soldats. Lun figure Cheikh Nas Ralah, le leader du Hezbollah, et lautre Cheikh Yacine, le leader du Hamas.
Commentaire en arabe :
Commentaire off:
La ceinture de dynamite est un jouet, et la bombe humaine une figure héroïque. Comment aimer un enfant ? Cette question a déjà été posée par dautres en dautres temps. Ici, cette pédagogie de la mort est une nouveauté dans les discours éducatifs.
INT JCS
Neil MAC DONALD est correspondant de la télévision canadienne à Jérusalem. Son propos, autant que son regard, sont sans fioriture.
NEIL MAC DONALD:
Quest-ce quon va dire ? Les, les Palestiniens enseignent leurs enfants de, de
de détester les Israëliens ? Bon, quoi de neuf ?
IMAGES DU LYNCHAGE
Commentaire off:
Très rapidement, lhorreur sajoute à lhorreur. Deux soldats réservistes israéliens ségarent à Ramallah. Ils vont être lynchés à mort.
OLIVIER RAFOWITZ:
Un des Palestiniens prend le téléphone portable dun des soldats lynchés au moment où sa femme lui téléphone, et le Palestinien dit à cette femme : Je suis en train de tuer ton mari !
GEORGES MARION:
Lorsque jai décrit le lynchage des deux soldats israéliens à Ramallah
je voulais le décrire pour montrer à la fois la brutalité de ce qui sétait passé et qui expliquait
qui expliquait la haine, et je voulais que les lecteurs comprennent que nous étions dans une situation de haine absolue, pas pour stigmatiser, je ne voulais pas prendre position sur la haine des uns et des autres, mais il faut dire que les gens qui se haïssent font des choses abominables, bon
Et ça ma été reproché, ça ma été reproché, voilà
IMAGES DE LA RAÏ:
FIAMA NIRENSTEIN
The lynch was filmed by an Italian television. What followed was that all the Italian TV journalists here were threatened. All of them were recalled away for the fear of them attempt to there lives.
BT de la lettre de Ricardo Cristiano
One of them published to the big chains of the Italian journalists here included myself, a sort of letter with that man said: We are faithfull to the agreement with the Palestinian Authority and we condemn the broadcasting which meant, that man felt being the journalist of the public media. He felt a commitment, a commitment, this is the right word, not an agreement but a commitment to the Palestinian people.
NEIL MAC DONALD
Après le lynchage à Ramallah, les forces palestiniennes ont harcelé, ont bagarré les journalistes, ont saisi les cassettes
- Pour quon ne voie pas les images du lynchage ?
Pour que, parce quils ont considéré que ces images-là ne sont pas dans leur intérêt national, et jai demandé à Jubli Rajoud, cest-à-dire le grand chef de la sécurité en Cisjordanie : pourquoi tas fait ça ? Il a nié
cest ridicule ! Jétais là !
Dans la, la société palestinienne pour moi, il ny a pas une tradition de journalisme. En réalité, ce sont des
plus ou moins des agents de, de lEtat, et
ils
ils ont une tradition de, dobéir le, leur gouvernement, et ils ont des lois
Certaines autres
institutions journalistiques utilisent les Palestiniens pour faire du journalisme, mais pas moi.
SEQ POLICIER PHOTO
Commentaire off:
Le déjà pensé médiatique ne prend pas soin de vérifier la vérité des faits. Une agence de presse, puis un magazine américain et un quotidien en France, présentent cette photo comme une preuve à charge de la culpabilité dIsraël. Le policier ne peut quêtre le méchant et le jeune homme ensanglanté un Palestinien victime du policier vociférant. Cependant, la victime nest pas palestinienne. Il sagit dun étudiant juif américain. Il se nomme Touvia Grossmann. Il va être reconnu par son père sur cette photo publiée dans la presse américaine.
Le policier nest pas lagresseur, mais le sauveteur qui la sauvé dun lynchage certain. La scène ne se déroule pas sur lesplanade des mosquées comme le précisait la légende du journal, mais devant une station de service, éloignée de lesplanade.
Trop tard, le mal a été fait en « une », et cest au nom dune erreur technique quon présente ses regrets quelques jours plus tard en page 13. Nous avons retrouvé ce policier vociférant : il est garde-frontière, il est druze.
POLICIER DRUZE
(en hébreu, texte des ST français) :
Cette photo, en fait, semble trafiquée pour tromper les gens sur la police israélienne et les garde-frontières. Les gens ont cru que nous étions ainsi. Cétait tout le contraire. Jaurais agi de même, et plus encore, si la situation avait été autre.
LES MOTS
GEORGES MARION:
La force de la langue, cest que vous pouvez dire la même chose, atténuer le mot tout en suscitant limaginaire, et limaginaire individuel de chacun, cest-à-dire que vous laissez chacun libre face aux mots quil lit.
CLAUDE SERILLON
Des morts surtout palestiniens, des blessés, des tirs à balles réelles, des hélicoptères qui lancent des roquettes, des chars que lon affronte avec des pierres.
Speaker off :
Scène de guerre en plein Jérusalem, dans un quartier sud de la ville.
Speaker 2 off :
Cest de là que seraient parties des rafales de Kalashnikov de miliciens palestiniens sur ce quartier israélien de Guilo.
Speaker 3 off :
Les tirs palestiniens visant ce quartier juif de Guilo où les écoles sont désormais barricadées.
Speaker off :
Un obus de mortier est tombé sur le quartier juif de Guilo.
Speaker 5 off :
sur des maisons du quartier juif de Guilo
Speaker 6 off :
Guilo, un faubourg juif de Jérusalem
Commentaire off:
Comment nommer les lieux dune terre trois fois sainte ? Entre septembre et octobre 2000, le statut de Guilo glisse de « quartier de Jérusalem » à celui de « colonie juive ».
Speakerine 1 off :
Les Palestiniens ont tiré contre la colonie de Gilo.
Speaker 7 off :
Aux portes de Jérusalem, la colonie juive de Guilo a été prise pour cible
Speakerine 2 off :
Depuis la colonie juive de Guilo
DIDIER EPELBAUM:
Images dordinateurs et dépêches.
Lemploi du mot « colon » par exemple
dans lAFP on utilise beaucoup le mot « colon ». Lorsque vous prenez une dépêche américaine, par exemple, il est question de « settlement », et « settlement » est beaucoup plus neutre. Les Etats-Unis nayant pas une histoire de colonisation, il ny a pas ce renvoi à une mémoire. En France, il y a ce renvoi à une mémoire, effectivement.
GEORGES MARION:
Cest dailleurs un problème que jai moi-même lorsque jécris le mot « colon », il est, bon
admettons que ce soit un mot objectif, bon, laissons de côté les références que, chez un Français, immanquablement il induit vis-à-vis de la guerre dAlgérie ou des colonies multiples quon a eues en Afrique ou en Asie. Mais bon, on peut dire queffectivement, ce sont des Israéliens qui sont sortis de leur pays et ont établi des implantations, des colonies autre part, sur une terre qui est revendiquée aujourdhui par une population, un peuple qui la considère sienne, bon. Et en ce sens-là, ça décrit bien une réalité, bon, ce sont des colons, bon, sans plus. Mais le mot, effectivement, est lourd de signification
EXT IMPLANTATION DE TEKOAH
Commentaire off:
Dans le désert de Judée, le village de Tékoa est une colonie comme on dit. Tamar Castelnuovo nest pas venue coloniser comme les Français le firent dans la Mitidjah.
Quel sera le prix à payer pour une paix à venir ? La fidélité au cadastre de la Bible contredit une autre ligitimité, élaborée plus tard sur la même terre. Le rêve soppose à la réalité, surtout quant le prix du rêve est la mort des enfants.
TAMAR CASTELNUOVO:
Je suis une Juive vivant en Judée. Cétait important pour moi de construire le pays ici.
Vous dites Judée , dautres disent Cisjordanie , et puis certains, dautres disent territoires occupés . Vous colonisez ici ?
Pour moi les colons, ce sont peut-être les Français en Algérie, ici je me sens, encore une fois jai dit une Juive en Judée , et je le dis dune manière très sûre, parce que quand on fouille un petit peu, ici il y a des grottes, il y a des, il y a des recherches historiques, tout ce qui est archéologique, on retrouve nos sources, on retrouve tout ce, toute notre base ici, cest un retour aux sources, cest un retour à notre histoire.
OLIVIER RAFOWITZ:
Cest la photo de deux enfants israéliens
Ilera Rosenberg et Naftali
Lanskarot, qui ont été tués, lapidés à mort dans une grotte à Tekoa
Il est pour moi presque incompréhensible de comprendre comment
des gens
dabord, dabord lapident à mort deux enfants de douze, treize ans, pour rien ! Et ensuite mutilent les corps.
Commentaire off:
La haine fait basculer la violence dans la barbarie. Pour certains commentateurs dans la presse française, ces adolescents seront aussi qualifiés de « colons ». Comment peut-on être un « colon » à 14 ans ?
BANC-TITRE « ENFANTS COLONS »
ROSELYNE KOREN
Voilà ce que jy vois et voilà comment je travaille : je vois que ça commence par le mot meurtre . Meurtre est un nom qui criminalise, qui formule un jugement de valeur négatif. Derrière meurtre , il y a une petite voix qui vous dit : cest mal. Mais le complément de meurtre , cest deux jeunes colons juifs .
Etant donné que « jeunes » définit « colons », et que « colons » est un terme négatif, axiologique, cest-à-dire quil y a un jugement de valeur négatif derrière colon, sans lombre dun doute, « jeunes colons » peut aussi être interprété
ce sont des enfants, mais suffisamment adultes pour déjà adhérer en connaissance de cause aux prises de position de leurs aînés. Donc on peut comprendre, il est légitime quils aient été la cible dattentats.
GEORGES MARION:
Jai trouvé cette qualification scandaleuse.
INT. REDACTION DU MONDE
Le bureau dEdwy Plenel
TARNERO :
Est-ce que ce titre-là, que Georges Marion déplorait dailleurs, nest pas, là, une écriture idéologique ?
EDWY PLENEL :
Non, mais bien sûr quil peut y avoir des dérapages de mots qui peuvent être surinterprétés comme ça, surinterprétés, parce que
Pourquoi surinterprétés ?
EDWY PLENEL :
Surinterprétés parce que vous mettez dans le choix de ce titre un geste inconscient qui dit une logique politique, bon. Si votre question, cest dire : vous devriez faire attention à vos mots, et les enfants cest des enfants, cest pas des colons, OK, et quand des enfants sont tués, cest des enfants qui sont tués, bon, jallais dire des deux côtés, bon, voilà, et il faut le dire. Quand on est face à un conflit aussi passionnel, comme tout conflit, je vais, vous ne serez pas daccord avec ce mot, je dirai qui est pour moi comme tout conflit colonial, cest-à-dire je vis là-dessus, sur la lecture des mots, je me suis, pas amusé, pour, à loccasion dun livre, jai relu des articles du Monde pendant la guerre dAlgérie, hein
Comment on parlait, on disait les Musulmans, on disait pas les Algériens parce que forcément bien sûr cétait la France, donc on le disait pas et donc dans notre écriture nous niions à lépoque le fait quil y avait une question nationale algérienne qui était posée, donc on niait la réalité du problème vu par lautre camp, bon
LA PALESTINE DANS LE MIROIR DE LA GUERRE DALGERIE
ILAN GREILSAMER:
En France, il y a eu un retour, là, sur la guerre dAlgérie. Un retour sur les tortures, les déclarations du Général Aussaresses et toute cette controverse quil y a eu dans la presse française. Or elle est concomitante, cette critique, ce regard critique sur le passé algérien, de lIntifada ici. Cest-à-dire quon se rend compte que nous Français, on a été vraiment des ordures, des ordures dans le traitement des Algériens quon, à qui on mettait des électrodes et quon coupait en morceaux, etc. Et aujourdhui ceux qui font ça, ce sont les Israéliens, donc il y a une sorte de canalisation en quelque sorte de cette, de ce retour sur le passé, sur la critique vis-à-vis dIsraël et cest très flagrant, cest très évident notamment dans toutes ces comparaisons, bon ben alors Sharon ou Barak, cest Guy Mollet.
BT LE MONDE
les Algériens et les Palestiniens, cest la même chose, les tortures, cest la même chose. Le Shin Beth, les services secrets israéliens font des tortures comme faisaient les Français, etc.
ALEXANDRE ADLER :
Ce discours-là se poursuit encore jusquà aujourdhui et explique comment une partie de cette gauche se trouve alliée non pas en Palestine, mais en Algérie, avec les islamistes du FIS et cherche par tous les moyens à les dédouaner de leurs pires crimes Et cest là où les choses deviennent intéressantes, cest que cette bataille dAlgérie qui se déroule sur le plan idéologique, en France, depuis des années est un lever de rideau de cette nouvelle bataille du Proche-Orient. Ce discours-là se poursuit encore jusquà aujourdhui et explique comment une partie de cette gauche se trouve alliée non pas en Palestine, mais en Algérie, avec les islamistes du FIS et cherche par tous les moyens à les dédouaner de leurs pires crimes. Et cest là où les choses deviennent intéressantes, cest que cette bataille dAlgérie qui se déroule sur le plan idéologique, en France, depuis des années est un lever de rideau de cette nouvelle bataille du Proche-Orient
EXT. JERUSALEM EST
Commentaire off:
Limaginaire politique français contemporain se nourrit dune double dette : celle de Vichy à laquelle sajoute celle de la guerre dAlgérie. Cest dans le conflit judéo-arabe, israélo-palestinien, quelle va trouver sa double représentation
ALAIN FINKIELKRAUT:
Le même schéma sapplique au conflit israélo-palestinien .Le mal avait un seul visage : le visage du colonialisme et le visage de la torture comme vérité ultime du colonialisme.
BT DU MONDE
Nous sommes conviés à ne percevoir cette guerre que sous langle de la torture. Ce qui est oublié au travers de cette lecture absolument unilatérale, cest la violence du FLN et cest la violence de lislamisme.
Ce que je trouve détestable dans laffaire Aussaresses, cest quelle contribue à entretenir le mythe de linnocence arabe.
DENIS CHARBIT:
Je dis faites attention quand vous dites : la situation israélo-palestinienne, cest la situation quil y avait en Algérie, moi, je suis obligé de dire : mais attendez, ça veut dire, dabord ça veut dire que la légitimité israélienne est nulle et non avenue, dune part, et ça veut dire surtout que ben finalement, hé bien il faudra un jour partir.
ALEXANDRE ADLER :
Non, les Israéliens ne partiront pas. Il faut quand même comprendre déjà cette notion de grand bon sens que les Israéliens ne sont les Pieds-Noirs de personne et quils nont été soutenus pas aucun grand arrière.
LA REPRÉSENTATION DISRAËL
INT. CENTRE DE PRESSE DE JERUSALEM
Des journalistes sont au travail dans les différentes régies.
GEORGES MARION (off)
Jai fait plusieurs pays, y compris les zones de conflit, je nai jamais vu autant de journalistes au mètre carré. Evidemment, comment expliquer cela, ça
on peut avoir chaque, des opinions divergentes
je suppose que cette espèce de bousculade comparable au métro de six heures joue sur la façon dont on rend compte, parce quévidemment
GEORGES MARION
on est dans un cadre concurrentiel, et
si le concurrent a écrit quelque chose que vous navez pas écrit, que vous navez pas perçu, à un moment ou à un autre, vous êtes sous la pression de ce quil a écrit et inversement.
FREDERIC ENCEL :
Un seul chiffre : au cours de la première année de la première Intifada, donc de décembre 87 à décembre 88, il y avait sur 5.700 km² de territoires palestiniens, ce quon appelle la Cisjordanie et Gaza, cest-à-dire à peu près un département français, il y avait à lépoque plus de correspondants étrangers, cest-à-dire 800, que sur lensemble du continent africain : 56 Etats souverains, une guerre dextermination à lépoque au Soudan, un véritable apartheid, plusieurs guerres avec des centaines de millions de personnes, avec une maladie épouvantable, une pandémie, le sida, mais ça, ça nintéresse pas beaucoup.
IMAGE DE RÉGIE AU JCS
Commentaire off:
La terre sainte est du pain béni pour les journalistes. En avril 2002, pendant lopération Rempart, plus de 2000 dentre eux vont sy bousculer pour saisir la moindre image des séquestrés de Bethléem ou la bougie dArafat. Toute cette foule doit se loger, se nourrir.
A lintérieur de la partie arabe de Jérusalem, lAmérican Colony cumule bien des avantages qui ne sont pas seulement dus au confort dun 4 étoiles installé au milieu du tiers-monde. Toute la presse sy retrouve.
EXT. HôTEL AMERICAN COLONY
Des journalistes prennent leur petit déjeuner dans le jardin
FIAMA NIRENSTEIN OFF :
Well, the American Colony is a lovely place. This oriental attitude that gives to the American or French guy or Italian that comes over there with a safari jacket and his cameraman sitting beside him and hes a stringer coming from the Palestinian side, from Ramallah, they look like third-world dominating ideologically persons that will found the new world, the Palestinians. Paradoxically I would say that you are a real colonialist when you are there because you live the best just like the English did in India.
ILAN GREILSAMER:
Connaissant bien la société française et nos amis intellectuels français, cest que leurs sources dinformations sur ce qui se passe au Moyen-Orient sont extrêmement limitées. Lintellectuel français a comme source principale dinformation sur ce qui se passe au Moyen-Orient sa lecture du journal Le Monde, tous les jours, complétée dans
le cas échéant par le 20 heures et par les émissions dactualités de la télévision et si les choses vont très bien, un autre journal, donc une autre source dinformations comme Libé par exemple le matin, et encore au mieux avec un magazine quil sagisse du Nouvel Observateur ou de lExpress. Bon donc ça, cest ce quil sait du Moyen-Orient. Et par conséquent, il est très dépendant de la façon dont notamment Le Monde présente les choses qui se passent ici.
EMMANUEL HALPERIN
Prenez Le Monde Diplomatique qui dans son numéro de septembre 2001 explique quaux négociations de Taba en janvier 2001, Israël a fait des concessions considérables allant bien au-delà de ce qui avait été proposé à Camp David : 97% des territoires
Et je mattendais, en lisant le titre, quun journal comme Le Monde Diplomatique écrive « Et bien, vous voyez, quand même, les Israéliens sont allés très, très loin dans le domaine des concessions, et malgré tout les Palestiniens ont refusé ». Or, la vision des choses de léditorialiste de ce journal est inverse : « Voyez, les Israéliens ont essayé de nous vendre, de vendre à lopinion publique, la thèse selon laquelle ils ont été extrêmement généreux à Camp David. Hé bien non ! Puisquils pouvaient lêtre encore plus et ils lont prouvé à Taba. Autrement dit, ils peuvent aller encore plus loin, il leur suffit de faire encore un petit effort ». Ce nest pas les Palestiniens qui ont refusé, cest les Israéliens qui nont pas été suffisamment généreux. »
EDWY PLENEL :
Pour moi, un bon journal, cest un journal qui ne me laisse pas en paix. Cest un journal qui moblige
qui sans me choquer, il ne faut pas quil me choque, il ne faut pas quil minsulte, il ne faut pas quil me mette, quil méloigne par une sorte détrangeté totale par rapport à ma sensibilité, ma culture, ce que je suis, il ne faut pas quil me rejette, mais il faut en même temps, et cest là où il me sera utile comme citoyen, quil mamène parfois à penser un peu ailleurs de là où je penserais spontanément.
FIAMA NIRENSTEIN:
The image of this war and of Israel in general is so distorted and untrue that I tried, I started to ask myself how could it happen that such a system where all the correspondents are here, all the televisions are here... they try to check and find out whatever little thing happens. Well, as far as this conflict is concerned it came out completely untrue. So I wonder which connection there is between the media and the truth.
GEORGES MARION:
La règle, je crois, cest de se dire « Comment jexplique cela à un lecteur qui est en France, qui na pas le nez dessus ? » Et je dois lexpliquer en termes simples, clairs, aussi déminés que possible. Bon, et on essaie, et je ne dis pas quon réussit toujours, mais on essaye
EMMANUEL HALPERIN
Cest compliqué, Israël, cest très compliqué. Et alors il faut décortiquer tout ça. Et par conséquent, chaque fois quIsraël est en position de répliquer à un slogan, il se trouve dans la nécessité de faire un discours, autrement dit de faire un discours structuré, de prendre du temps, et ne peut sadresser quà des hommes de bonne volonté.
EXT VIELLE VILLE DE JERUSALEM
Commentaire off:
Les héritiers dAlbert Londres sont fatigués. Connaissent-ils ce mot dAlbert Camus : « Mal nommer les choses, cest ajouter au malheur du monde » ? Comment rendent-ils compte de la réalité ? Comment écrivent-ils ce quils voient ? Comment montrent-ils ce quils filment ? Peut-on prétendre être objectif dans le chaudron passionnel du Proche-Orient ? Nest-il pas plus simple de céder à ses propres a-priori, de lire la complexité avec le seul souci de laudimat ? Nommer le bon, nommer le méchant.
En septembre 1996, une dépêche de lAFP va mettre le feu à Jérusalem. Le percement dun tunnel achéologique préparerait la destruction des mosquées sur lesplanade.
CLEMENT WEIL RAYNAL :
Qui donc est à l'origine de cette fausse information, de cette falsification d'avoir fait passer le tunnel sous les mosquées ? Et bien, en étudiant les dépêches de l'AFP, on s'aperçoit, et ça on peut l'affirmer de manière très claire, c'est l'Agence France Presse qui est à l'origine de cette fausse information. C'est l'Agence France Presse qui, un beau matin, a décidé que ce tunnel passait sous les mosquées.
Ce qui est très intéressant c'est que la toute première dépêche de la matinée indique que le tunnel passe en contrebas du Mur des Lamentations. C'est parfaitement clair. Le journaliste qui signe cette dépêche, qui signe Isham Abdallah (?); connaît parfaitement les lieux et il est tout à fait dans le vrai, il n'y a aucune approximation, il sait parfaitement où passe le tunnel et il explique très clairement qu'il s'agit d'une simple ouverture, une seconde ouverture qui a été percée sur la Via Dolorosa, ce qui va permettre, pour simplifier, de faire passer plus de touristes dans un tunnel qui existe déjà et dans un tunnel qui est visité depuis de nombreuses années.
Deux heures après, ce n'est pas une nouvelle dépêche, ce n'est pas une nouvelle analyse, c'est la même dépêche. Vous savez comment marche l'Agence France Presse, on renvoie la même dépêche. A ceci près que le titre a changé. C'est le même journaliste, Isham Abdallah (?), qui signe la même dépêche, le titre a changé, c'est simplement : colère des Palestiniens, les Israéliens creusent un tunnel sous les mosquées.
BT CARTE VIELLE VILLE
En deux heures, le tunnel a fait un virage de 90°. Alors il faut bien se poser la question : Pourquoi, alors qu'on connaissait parfaitement la situation, tout d'un coup on la falsifie pour donner une fausse information. Pourquoi est-il si important que ce tunnel... Pourquoi est-il si important de faire croire que ce tunnel passe sous les mosquées ?
YASSER ARAFAT :
This is a crime, a big crime against our religious and holy places.
CLEMENT WEIL RAYNAL :
Le grand poète palestinien Mahmoud Dahwich (?), membre de l'OLP, y a consacré un poème célèbre qui est considéré comme l'un de ses meilleurs poèmes. Je me lève un matin et qu'est-ce que je découvre ? Que les mosquées ont été détruites et que les Juifs recommencent à construire le temple.
Cette falsification, faut quand même bien voir, va opérer à deux niveaux : d'une part ça va être en direction du public occidental qui reçoit donc les dépêches, via les radios, une légitimation de la violence palestinienne.
Il va falloir dire : oui, il y a une violence palestinienne mais regardez la provocation, l'attaque des lieux saints.
Quand on est la première agence arabophone, cela veut dire donc très directement, très concrètement : l'auditeur des radios, de radio Le Caire, de Radio Damas, mais aussi l'auditeur des radios arabes de Ramallah, de Béthléem, de Jérusalem même, entend dans son poste de radio, dans son salon, dans sa cuisine, celui qui habite à quelques centaines de mètres des lieux saints, il entend : les Juifs ont creusé un tunnel sous les mosquées ! Les Juifs sont en train de détruire les mosquées comme vous l'a annoncé le grand poète Mahmou Dahouich Et donc il ne faut pas s'étonner qu'il y ait, effectivement un certain nombre de manifestations violentes dans la journée. L'Agence France Presse va participer donc à ce travail de propagande, ce travail de désinformation, d'intoxication, tant auprès du public occidental que, j'allais dire c'est encore plus grave, du public palestinien.
commentaire
Le bilan de ces 4 jours daffrontements est lourd. 80 morts, 17 Israéliens et 63 palestiniens .
EXT-INT AFP:
Lagence France-Presse est la première source dinformations pour tous les médias francophones. Elle vend des dépêches, elle vend des images. Linformation est aussi une marchandise. LAFP est la première agence arabophone au monde. Elle doit donc plaire à toute sa clientèle.
02 02 17 DIDIER EPELBAUM:
Lors du début de lIntifada, par exemple, à lautomne dernier, il y a eu à peu près, disons dans le premier, les deux premiers mois, à peu près 300 morts, pratiquement en même temps en Algérie, cétait le mois du Ramadan, il y a eu de très nombreux massacres, à peu près 280 morts. Il y a à lantenne, sur Israël-Palestine, à peu près 250 entrées, références
- Entrée, cest quoi ?
Entrée, ça veut dire soit des reportages, soit des informations données dans le journal, et sur lAlgérie, à peu près 25, à peu près dix fois moins.
Que révèle ce regard inégal ? 300 morts algériens tués par dautres algériens serait une affaire banale, normale ? Quel est ce racisme non avoué, banalisant les massacres arabo-arabes, mais dénonçant comme barbare toute action de guerre menée par Israël ?
Ce regard journalistique a une raison première. Israël est totalement accessible, ouvert à tous les média possibles. Lautre raison est dordre idéologique et le journaliste ny échappe pas. Qui se souvient en Europe de ce que fut une frontière ? Qui se souvient que le monde fut bi-polaire jusquen 1989 ? La perte idéologique du communisme a peut-être trouvé dans la cause palestinienne une autre passion idéologique substitutive, un nouveau tiers-monde rédempteur des péchés de lOccident.
LA CONFERENCE DE DURBAN
IMAGES DAGENCE
La salle de la conférence
Commentaire off:
A Durban, en Afrique du Sud, sous légide des Nations Unies, une conférence internationale se réunit lété 2001 pour dénoncer les formes actuelles du racisme.
JEAN-CLAUDE BUHRER :
La conférence a demblée été prise en otage par les milieux arabo-musulmans ave le concours actif de lolp.
Jamais depuis la seconde Guerre mondiale, on a entendu des propos aussi virulemment antisémites et cela a pris une forme encore plus explicite, plus ouverte, dans le cas du forum des ONG à l'intérieur même du forum, et on a assisté à des manifestations de haine telles que moi n'en ai jamais vu de ma vie
BT SUR HITLER
Que nous dit ce brave homme moustachu sur ce tract distribué à Durban. Que se serait-il passé si javais gagné ? Pour les bonnes choses, il ny aurait pas eu Israël et le sang palestinien naurait pas coulé. Pour les mauvaises choses je naurais pas permis la construction de la nouvelle coccinelle. Le reste, cest votre affaire.
JEAN-CLAUDE BUHRER :
Dans la rue, vous avez eu des manifestations qui étaient visiblement organisées parce que vous avez une importante communauté musulmane à Durban, vous avez à 500 m. de la conférence une ancienne bâtisse coloniale qui est le club de la communauté juive, et qui avait été transformée en véritable camp retranché sous les vociférations d'une foule agressive, qui si l'armée n'avait pas été déployée autour du Club juif, était prête à lui donner l'assaut.
ALAIN FINKIELKRAUT:
Ceux qui ont attaqué Israël et à travers Israël les Juifs à Durban ne parlaient plus le langage du racisme : maintenant on peut attaquer les Juifs au nom des Droits de l'Homme et de la démocratie.
JEAN-CLAUDE BUHRER:
Nous avons entendu des cris de gens qui en appelaient à l'extermination des juifs, qui lançaient "kill the jews", mort aux juifs, ou : "one jew, one bullet".
FIDEL CASTRO :
Del propio pueblo ebreo que en pleno corazón de Europa sufrió un odioso y brutal holocausto racista
FIAMA NIRENSTEIN
When I saw Fidel Castro there applauded by a standing ovation by all the African states that they were going on their way and by the Arab states. When Arafat was there saying that Israel is an apartheid state which is just you know, like the history of my grandmother You can say whatever you like in life, I can say that I can fly!
JEAN-CLAUDE BUHRER:
Les milieux antijuifs ont essayé de discréditer le judaïsme et ce qu'ils considèrent comme leur adversaire, en y appliquant les mêmes termes que ceux qui avaient été employés en Afrique du Sud lors de la lutte contre l'apartheid.
Et en même temps ils ont contribué à dévaloriser la lutte contre l'apartheid qui était menée par les Noirs d'Afrique du Sud, parce que cette conférence devait être aussi une reconnaissance de la fin de l'apartheid
ILLUSTRATION
Was it a crime ? Yes! Was it a crime ? Yes! Was it a crime ? Yes! What do we want? Reparation! I cant hear you! Reparation! I cant hear you!
JEAN-CLAUDE BUHRER:
Vous avez eu l'épuration ethnique en Sierra Leone, elle se poursuit dans d'autres pays. Elle a également eu lieu au Liberia, en Somalie; qui en a parlé? Personne ! Sans parler de l'esclavage, on a évoqué l'esclavage à juste titre, la traite des Occidentaux. Mais on a passé sous silence le rôle joué dans l'esclavage par les négriers arabes.
ALAIN FINKIELKRAUT :
Il y a de l'esclavage aujourd'hui au Soudan; il n'y en a pas en Europe. Mais c'est aux Européens à, si vous voulez, à se faire pardonner de l'esclavage par les Soudanais
IMAGE DURBAN
ALAIN FINKIELKRAUT :
On est frappé par le contraste entre l'inertie avec laquelle l'intelligentsia et la presse dans son ensemble ont accueilli cette violence et la vigilance antifasciste sous laquelle nous vivons depuis quarante ans.
PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :
C'est-à-dire qu'on a affaire à, au fond, à un antiracisme antijuif, à un antifascisme antijuif, à un antiimpérialisme antijuif, un anticolonialisme antijuif. Donc ça devrait nous titiller
LES EFFETS
JOURNAL DE FRANCE 2:
Mobilisation à Paris, à Marseille et à Strasbourg de plusieurs milliers de personnes en faveur des Palestiniens. A Paris, un peu plus dun millier ont défilé entre la Bastille et la République à lappel du MRAP, des Verts et du parti communiste
Commentaire off:
Ce que la télévision ne rapporte pas, ce sont les cris de « Mort aux Juifs ! », entendus dans le sillage de la manifestion de soutien aux Palestiniens
Speakerine in :
Depuis octobre 2000, de Trappes à Bondy, de Paris à Marseille ou Lyon, au moins soixante
IMAGES TF1
Résumé de la premiere vague dantisémitisme.
BT DES JOURNAUX
Commentaire off:
Lécho de la seconde Intifada engendre en France, en Europe et dans le monde une vague dactes antijuifs inédits. Dans un premier temps, les médias et les responsables politiques ne vont pas en prendre la mesure. Amalgamés à la délinquance, les incendies de synagogues, les agressions physiques, les insultes ou les graffitis antijuifs vont culminer en mars 2002. Quelque chose sest détraqué dans la République.
JOURNAL FRANCE 2
Le chiffre qui choque : depuis le 29 mars, donc en trois semaines, 303 actes, très exactement, ont été recensés, dans la plupart des cas il sagit de graffitis, mais on a relevé 14 incendies ou tentatives dincendie de synagogues et 16 agressions physiques. Des violences ou des actes de vandalisme sont donc signalés chaque jour
Commentaire off:
Pour la première fois depuis Vichy, une femme victime dune agression antijuive préfère témoigner à visage masqué.
BT LA MEUF DU JT
En 2001 en France comment en vient-on à incendier une synagogue ? Est-ce par désoeuvrement ? Quest-ce qui a rendu légitime ce passage à lacte ?
LECTURE DU TEXTE DE LIBÉ
Les informations télévisées cétait pire quun feuilleton
Et larticle précise que ni Mouloud, ni Karim ne peuvent citer le nom dune ville en territoire palestinien.
MANIFESTATION PALESTINE:
Solidarité avec le peuple palestinien !.
Homme :
Sil y a des synagogues qui brûlent, on en est désolés. Nous, notre avenir, depuis trente ans, il est brûlé !
KADER ABDERAHIM :
Mais encore une fois, la dimension symbolique me paraît fondamentale parce que dans nos imaginaires culturels arabes, petits, puis devenant adultes, cette question de la Palestine est très importante, mais aujourdhui elle sexprime de manière souvent ambiguë pour les jeunes qui nont pas nécessairement tous les outils politiques ou idéologiques pour faire la part des choses. Quand on parle dans le conflit entre Palestiniens et Israéliens, il y a une dimension dantisionisme de la part des Palestiniens qui souvent sexprime par de lantisémitisme.
MANIFESTATION PALESTINE:
Images de manifs
Homme:
Nous sommes, nous, un peuple libre qui voulons que les pays arabes, les pays africains soient libres et indépendants, en dehors du joug des multinationales sionistes !
Sionistes, fascistes, cest vous les terroristes !
Commentaire off:
Pourquoi la cause palestinienne enflamme-t-elle à ce point les passions des jeunes issus de limmigration maghrébine ? Pourquoi le malheur arabe trouve-t-il dans la haine dIsraël son explication magique ? Pourquoi les massacres en Algérie, labsence de démocratie dans le monde arabe, les dictatures arabes, le sort des femmes dans le monde arabe nengendrent-ils pas une indignation aussi grande ?
MANIFESTATION PALESTINE:
Hitler, Sharon, où est la différence ?
PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :
LIslam, cest au fond la religion des anciens colonisés, cest la religion des Algériens ou elle est supposée telle, et donc les autres religions sont quand même des religions liées à la colonisation, des colons et
le colon na aucun droit, sauf celui dêtre expulsé ou dêtre tuéJe résume : tout Juif est un sioniste réel, déclaré ou masqué, voilé, or le sionisme est un colonialisme, un fascisme et un racisme, voire une entreprise de génocide et dethnocide, donc tout Juif est un colonialiste, un fasciste, un raciste et un génocidaire.
PASSION DORIENT:
DOCUMENT TV PALESTINNIENNE
Homme in en arabe (texte des ST français) :
Des mensonges sont apparus à propos de lextermination des Juifs, ce soi-disant holocauste. Ce sont des mystifications, des revendications sans fondement. Dachau, Auschwitz étaient des sites de désinfection.
FIAMA NIRENSTEIN
The denial of the Holocaust was started by the European. Now the Arab side has made the negationism theirs. The Syrians have repeated it many many times, Bashar Assad is a champion in it, Arafat has never said it personally but his newspapers are printing papers about it all the time .
GEORGES MARION:
Mais pour parler des Palestiniens, ils parlent malheureusement dans le désert. Pour un Elias Sambar ou un Edouard Saïd qui condamnent sans ambiguïté aucune la Shoah, vous avez des dizaines de milliers qui ne comprend rien.
..qui condamnent la négation
et qui condamnent bien sûr le négationnisme et qui ont pris une position remarquée et remarquable au moment de ce Congrès prévu au Liban
BANC-TITRE DES 14 INTELLECTUELS
vous avez des dizaines de milliers de Palestiniens, pas dailleurs, bon, pas des intellectuels, le Palestinien standard qui ne comprend rien.
PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :
Je dirais que cest incompréhensible. Cest pourquoi Israël a été fantasmée comme la face visible dune
dun complot mondial, dune conspiration mondiale. Et il faut comprendre « conspiration » au sens fort du terme, au sens, je dirais sociologique, cest-à-dire quil y a un ensemble, une sorte de confrérie de conspirateurs qui sont
qui ne sont de nulle part et qui sont partout en même temps, qui visent la conquête du monde.
GEORGES MARION :
On est hors raison, cest bien dit. Pas toujours, mais souvent. Bon, on le voit tous les jours, régulièrement, les Israéliens sont accusés soit de, dempoisonner les puits, soit de distribuer des bonbons empoisonnés aux enfants, soit dutiliser des gaz interdits par les conventions internationales, toutes choses qui ne tiennent pas la route, qui sont fausses, mais le démenti ne sert à rien, il fait partie du conflit. Vous savez, vous êtes dans un conflit où il sagit de délégitimiser lautre.
BT JOURNAL
IMAGE DE SEDUCTION
Commentaire off :
En 1999, un fait divers défraie la chronique de Haute-Egypte. La rumeur fait état dune sorte de frénésie sexuelle dont seraient saisies les femmes de cette région. Les nouveaux désirs paraissent comme autant danomalies qui méritent enquête. Le coupable est enfin identifié : un aphrodisiaque sioniste aurait été dissimulé dans un chewing-gum. A qui profite ce trouble ? Le chewing-gum était importé dIsraël.
LEDUCATION A LA HAINE
EMMANUEL HALPERIN
Autre domaine qui est très important et quon évacue toujours en France et dans dautres pays européens, cest lenseignement de la haine, des hommes de foi dans des mosquées qui expliquent quil faut tuer, il faut massacrer tous les Juifs et les Chrétiens
PRECHE DE LA TV PALERSTINNIENE
Travaillistes ou Likud, les juifs sont des juifs. Il ny a pas parmi eux de modérés ou des partisans de la paix. Ce sont tous des menteurs. Cest eux quil faut massacrer, quil faut tuer. Allah le Tout-Puissant a dit : Combattez-les. Cest ça, les juifs. Pas de pitié pour eux, où quils soient, dans nimporte quel pays. Combattez-les où que vous soyez. Où que vous les rencontriez, tuez-les. Où que vous soyez, tuez ces juifs et ces américains qui sont comme eux et leur accordent leur appui. Ils combattent ensemble contre les arabes et les musulmans.
EMMANUEL HALPERIN
Je veux bien admettre que ce nest pas lenseignement de lIslam en général, mais cest lenseignement du nationalisme palestinien. Alors cest effrayant, cest quelque chose deffrayant. Quand les enfants vont à lécole, ils entendent ces choses-là, vous me direz « Oh, il y a dautres enfants à dautres époques de lhistoire qui ont entendu des messages complètement pervers et puis finalement, ça a été oublié. » Malheureusement là, ça se perpétue de génération en génération, donc il va être extrêmement difficile, extrêmement difficile, de neutraliser cet enseignement de la haine. Voyez combien de temps il a fallu pour neutraliser, la t-on déjà fait, de lenseignement du mépris du christianisme à légard du judaïsme.
IMAGE DE DJIHADS KIDS
Commentaire off :
La diabolisation de lautre, de lennemi ou du partenaire futur, du sioniste, de lIsraélien ou du Juif, na pas cessé avec les accords dOslo, bien au contraire. Comment imaginer la paix avec ces chansons ?
Chanson en arabe (texte des ST français) :
Je viendrai à lépoque de la disette. Je ferai tout mon possible pour apporter une mitrailleuse, de la violence, de la colère, et encore de la colère.
Chanson en arabe (texte des ST français) :
Lorsque je me promènerai à lentrée de Jérusalem, je deviendrai un guerrier et je ferai un attentat-suicide ! Et je serai en tenue de combat, en tenue de combat ! Merci. Merci. Bravo ! Bravo ! Bravo !
GERARD MILLER :
On ne peut pas, bien évidemment, sous-estimer ce que les Palestiniens ont enduré et continuent dendurer, et on a envie aussi de parler de ça, et on a envie, notamment, de parler davenir, bon, et quactuellement, on a de plus en plus de mal à faire ça avec des vraies questions
vous le savez parfaitement, nest-ce pas, les Palestiniens ont été massacrés par leurs frères arabes, bon
moi, je suis de la génération qui a trouvé monstrueux le baiser du roi Hussein de Jordanie à Yasser Arafat après les massacres de septembre noir, bon
où les Palestiniens ont été massacrés, bon.
On justifie tout de la part de celui qui souffre, y compris quil se conduise comme un bourreau. Oui, on sait bien que tout ça est un peu excessif, mais le peuple a tellement souffert que, pour sen sortir, il faut bien que lui aussi passe par une période de barbarie, mais ça suffit comme ça, aussi, de justifier linjustifiable au nom dune quelconque souffrance.
FREDERIQUE ENCEL
LOLP a été créée en 1964. Le premier attentat perpétré et revendiqué par lOLP date du 1er janvier 65. En 65, il ny a pas dimplantations, il ny a pas de colonies, il ny a pas de territoires occupés, la Guerre des Six Jours na pas encore eu lieu. Et cest la raison pour laquelle, je pense, et cest là aussi toute la dimension tragique du conflit, que ce terroriste palestinien qui va viser un autobus plein de civils, à Tel-Aviv et bien lui, a le sentiment profond, a la représentation très profonde de tuer des colons.
ÀTTENTENTAT DE LA PIZZERIA SBARRO
Commentaire off :
La bombe humaine est elle une arme de lutte pour un peuple opprimé, est-elle un moyen pour son émancipation ? Quelle exaltation nourrit ce geste destructeur et sacrificiel ? Cette logique de mort a-t-elle encore un sens politique ou bien revèle t-elle un autre enfermement ? La fin peut-elle justifier tous les moyens ? La bombe humaine est-elle une fin ou un moyen ?
SCHLOMO BEN AMI:
Je me rappelle, une fois je posais la question à Joshka Fischer qui est le ministre des affaires étrangères
allemand, quand je lui ai dit tu luttais pour la cause dune nation qui a le droit à avoir une souveraineté, à avoir une solution au problème des réfugiés, à mettre fin à loccupation militaire. Sur tous ces sujets, je suis presque avec toi ! Mais est-ce que maintenant, de la perspective de Camp David et de Taba, est-ce que tu timagines que dans les années 60, tu étais en train de te manifester en faveur de El Aksa ? Toute la question maintenant, cest une mosquée. Tu tavais (?) manifesté avec toute une génération de Palestiniens quIsraël, cest la seule qui leur donne une solution, aucun pays arabe ne lavait fait avant, aucun pays européen ne lavait fait avant, nous, nous lavons fait et maintenant ce qui reste, cest El Aksa ! »
JOURNAL FR 2 BEATRICE SCHOENBERG
Au téléphone avec José Bové
Commentaire off :
Les anti-mondialistes ont enfin trouvé leur juste cause. Ramallah est le rendez-vous détranges pacifistes car ils sont partisans dun camp contre un autre.
BANCTITRE « Pacifistes »
Cest à la lueur de la seule bougie dArafat que séclaire la pensée de José Bové.
Qui tire dans lombre les ficelles du monde ?
José Bové nous donne une version bio des Protocoles des Sages de Sion.
LE VRAI JOURNAL DE KARL ZERO
Karl Zéro :
José, tu es allé en Israël, tu as été arrêté et expulsé, alors quel est le rapport avec lanti-mondialisation, daller soutenir les Palestiniens, jai pas compris
José Bové :
Je pense que dun côté, il y a la globalisation économique qui est en train de détruire lensemble de la planète, mais il y a aussi cette globalisation militaire, et la Palestine actuellement, cest vraiment le centre de cette globalisation militaire, en fait une partie du monde qui veut saccaparer les richesses de la planète, et ces Palestiniens, hé bien ils dérangent là au milieu parce quils empêchent ce monde de tourner comme les puissants le veulent.
Karl Zéro :
Si tu étais israélien, tu crois que tu pourrais parler comme tu parles ? Parce que tu risquerais à tout moment de sauter, tu vas au restau, tu exploses
José Bové :
Moi, jai dénoncé quand jétais là-bas les attentats aveugles, parce que ces attentats nont pas de sens, cest véritablement là du non-droit, comme je dénonce très clairement tous les attentats qui peuvent avoir lieu sur les lieux de culte en France, mais je me demande aussi dans quelle mesure certains de ces attentats ne peuvent pas être provoqués pour essayer de créer un climat pour détourner lattention de ce qui se passe en Palestine.
Karl Zéro :
Mais provoqués par qui ?
José Bové :
Hé bien, il y a, dans les années 50, un attentat avait été commis dans
contre la communauté juive en Irak, aujourdhui les historiens israéliens le disent très clairement, cet attentat avait été organisé par le Mossad.
Karl Zéro :
Et tu penses quen France, le Mossad pourrait attaquer des synagogues ? Cest énorme !
José Bové :
Je ne sais pas si cest le cas, simplement ce que je dis, cest quil faut savoir à qui peut profiter le crime, à qui profite le fait quil y ait ces attentats qui sont des attentats aberrants, donc je dis très clairement que ces attentats sont, doivent être punis parce que cest quelque chose dabsolument inacceptable.
PIERRE-ANDRE TAGUIEFF :
Je crois que les antimondialisateurs doivent balayer devant leur porte durgence, et ils ne le font pas.
Il y a une dérive, une pathologie, enfin les métaphores sont évidemment criticables, de lantimondialisation, lorsque face aux attentats-suicide du 11 septembre, certains nous disent « Cest la cause des déshérités, des laissés-pour-compte du monde entier, et après tout cet attentat visait deux tours qui représentent, qui incarnent en quelque sorte, le capitalisme financier ou, je dirais, qui donnent un visage urbain ou néo-urbain à la mondialisation, donc en fait cest un acte antimondialisation ».
SCHLOMO BEN AMI:
Moi, je pense quun des obstacles les plus sérieux pour aboutir à une paix entre Israël et les Palestiniens, cest ce que jappelle lexcès de soutien de la cause palestinienne à travers le monde occidental
- Cest-à-dire ?
Donc le fait que le mouvement palestinien a cet excès de soutien est un obstacle pour eux, pour prendre des décisions pragmatiques. Ils ont toujours limpression que, sils nacceptent pas cette
décision maintenant, le monde va continuer à
isoler Israël, à lattaquer, à la condamner, à donner une autre résolution de lONU, et Israël sera obligée, puisquil existe ce soutien, ce, cet excès de soutien. Cest, cest la
grande différence entre le mouvement palestinien et le sionisme, le sionisme a eu, été capable toujours dassumer des décisions pragmatiques très difficiles, parce que le sionisme était un mouvement internationalement faible !
LA FIN DE LEFFROI, OU LEFFROI SANS FIN ?
ILAN GREILSAMER:
Un des grands changements au niveau de la conscience des Israéliens est dans la perception de 1948 et de la tragédie palestinienne d'une façon générale. Mais les Israéliens croyaient qu'ils pouvaient demander aux Palestiniens de reconnaître la légitimité du sionisme, c'est-à-dire la légitimité du fait que des Juifs soient venus ici et puis qu'un jour les Arabes diraient : ah ben finalement vous avez eu raison, c'est-à-dire vous avez eu ce droit. Non, c'est un rêve que les Israéliens ont eu
SARI NUSEIBEH:
Today we don't have much time either to build confidence or to go at it step by step. Now there is very little time left. We have to go at a solution full gear, head on. We have to reach a conclusion immediately. If we do not do this that's it! In the sense that we will not have the chance for many years to come and when we have a chance to come back to negotiate, to try and find some kind of mode of coexistence between the two peoples, it will not be possible, in my opinion, to create two states finally, it will be finished.
EXT. JERUSALEM
ILAN GREILSAMER:
Une des grandes dimensions du conflit actuel, c'est l'incertitude dans laquelle se trouvent les Israéliens quant aux intentions des Palestiniens. Ils ne savent pas pourquoi l'Intifada a commencé, ils ne savent pourquoi lIntifada a continué, ils ne savent pas pourquoi Yasser Arafat a refusé les propositions d'Ehud Barak à Taba, et ils ne savent pourquoi les choses continuent.
SARI NUSEIBEH:
But the more substantial question of right, I think is something that has not been internalised neither by the Israelis vis-à-vis the Palestinians, nor by the Palestinians vis-à-vis the Israelis. And in order to get there, much more needs to be done in terms of self-education and self-transformation, for both: Jews and Arabs.
En juin 2002, cest Sari NUSEIBEH qui a pris linitiative dun texte co-signé par un millier de Palestiniens dénoncant les attentats et les bombes humaines en Israël. Pour NUSEIBEH, ces gestes sont destructeurs de lavenir des Palestiniens autant que destructeurs de lespoir dune paix.
ALEXANDRE ADLER
Au risque de développer un paradoxe, jaurais tendance à dire que le monde musulman est dans lensemble beaucoup plus avancé que ne le sont les intellectuels français pro-palestiniens
Pour beaucoup de musulmans, la reconnaissance dIsraël, cest la reconnaissance avec le monde tel quil est, cest la réconciliation avec la modernité. Cest pour ça que c est un tel enjeu au Magrebh notamment
ATTENTAT DE HOLON
Quel parent, en France, peut imaginer le matin que son enfant risque dêtre tué dans un attentat en allant à lécole ?
Quest-ce quun jeune Occidental peut partager de ce que vit un jeune Israélien ?
Quest-ce quun Européen peut partager de ce que vit un jeune Palestinien ?
Depuis 50 ans, lEurope vit en paix. Peut-elle encore imaginer ce que veut dire avoir à se défendre, à vivre larme au pied?
Etes-vous capables, vous spectateurs, dentendre cette question, de la partager ?
Ce film peut-il avoir une fin, alors que les questions quil prétend poser ne veulent pas être entendues ?
CLIP PALESTINIEN
Il a fallu plus de cinquante ans, pour que ceux qui étaient hypnotisés par lavenir radieux du stalinisme ouvrent à peine les yeux.
Depuis cinquante ans, mais depuis bien plus longtemps encore, Israël questionne le monde et y fait figure de gêneur, mais le monde chaotique estime que sans Israël, la terre tournerait mieux.
EXT. WORLD TRADE CENTER LE 11 SEPTEMBRE
Le 11 septembre 2001, des avions dans le ciel de New York ont apporté un démenti à cette illusion.
La ligne de front sest rapprochée. La menace sest déplacée. Les bombes humaines ont frappé Tel-Aviv et le reste du monde.
« Si je ne prends pas garde à moi, qui le fera ? Si ça nest pas maintenant, quand ? Mais si je ne prends garde quà moi, qui suis-je ? » Hillel
FIN
Mis en ligne le 20 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











