Texte repris du Nouvel Observateur
Sept ans. Voilà sept ans quune campagne obstinée et haineuse sefforce de salir la dignité professionnelle de notre confrère Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jerusalem. Voilà sept ans que les mêmes individus tentent de présenter comme une "supercherie" et une "série de scènes jouées", son reportage montrant la mort de Mohammed al-Doura, 12 ans, tué par des tirs venus de la position israélienne, le 30 septembre 2000, dans la bande de Gaza, lors dun affrontement entre larmée israélienne et des éléments armés palestiniens.
Le 19 octobre 2006, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé le principal animateur de cette campagne,
Larrêt rendu le 21 mai par la cour dappel de Paris, saisie par
Il nous surprend, car il accorde la même crédibilité à un journaliste connu pour le sérieux et la rigueur de son travail, qui fait son métier dans des conditions parfois difficiles, et à ses détracteurs, engagés dans une campagne de négation et de discrédit, qui ignorent tout des réalités du terrain et nont aucune expérience du journalisme dans une zone de conflit.
Il nous inquiète, car il laisse entendre quil existerait désormais à lencontre des journalistes une "permission de diffamer" qui permettrait à chacun, au nom de la "bonne foi", du "droit de libre critique" et de la "liberté dexpression" de porter atteinte impunément "à lhonneur et à la réputation des professionnels de linformation".
Au moment où la liberté daction des journalistes est lobjet dattaques répétées, nous rappelons notre attachement à ce principe fondamental, pilier de la démocratie et nous renouvelons à Charles Enderlin notre soutien et notre solidarité.
Paris, 27 mai 2008
Les premiers signataires
Farid Aïchoune (Le Nouvel Observateur), Josette Alia (Le Nouvel Observateur), Claude Angeli (Le Canard Enchaîné), Max Armanet (Libération), Association du Prix Albert Londres, Claude Askolovitch (Le Nouvel Observateur), René Backmann (Le Nouvel Observateur), Luc de Barochez (Le Figaro), Frédéric Barreyre (France Inter), Nebia Bendjebbour (Le Nouvel Observateur), Michel Bôle-Richard (Le Monde), Christophe Boltanski (Le Nouvel Observateur), Nicolas Brimo (Le Canard Enchaîné), Hervé Chabalier (Capa), Alain de Chalvron (France 2), Patrice Claude (Le Monde), Sylvain Cypel (Le Monde), Olivier Da Lage (RFI), Jean Daniel (Fondateur du Nouvel Observateur, écrivain), Sara Daniel (Le Nouvel Observateur), Christian Dauriac (FR3), Gilles Delafon (Le Journal du Dimanche), Grégoire Deniau (France 24), Jack Dion (Marianne), Mireille Duteil (Le Point), Kathleen Evin (France Inter), Didier François (Europe 1), Pierre Ganz (RFI), Alain Girard (Ouest France), Martine Gozlan (Marianne), Gérard Grizbec (France2), Jean-Claude Guillebaud (Journaliste et éditeur), Henri Guirchoun (Le Nouvel Observateur), Gilles Grandpierre (LUnion de Reims) Vincent Hugeux (LExpress), Jean-Marc Illouz (France 2), Erwan Jourand (AFP), Jacques Julliard (Le Nouvel Observateur), Sammy Ketz (AFP), Serge Kovacs (France 3), Michel Labro (Le Nouvel Observateur), Jean Lacouture (Ecrivain), Serge Lafaurie (Le Nouvel Observateur), Loïc Lemoigne (France 3), Gwenaëlle Lenoir ( France 3), Manon Loizeau, Alain Louyot (LExpansion), Guillaume Malaurie (Le Nouvel Observateur), Jean-Paul Mari (Le Nouvel Observateur), Robert Ménard (Reporters sans frontières), Agnès Molinier (Présidente de la Société des journalistes de France 2), Denis Olivennes (Le Nouvel Observateur), Claude Perdriel (Le Nouvel Observateur), Pierre Prier (Le Figaro), Jonathan Randal (Washington Post), Philippe Rochot (France 2), SCAM (Société civile des auteurs multimédia), Société des Journalistes de France 2, Syndicat SNJ-CGT de France Télévisions, Maurice Szafran (Marianne), Marcel Trillat (Journaliste), Pierre Weill (France Inter), Franck Weill Rabaud (RFI), Wiaz (Le Nouvel Observateur).
Théo Klein (Avocat, ancien président du CRIF), Régis Debray (Ecrivain, directeur de la revue Medium), Hubert Vedrine, (ancien ministre des affaires étrangères), Guillaume Weill-Raynal (avocat) soutiennent cet appel de journalistes
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© Nouvel Observateur
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Le monument Henry (Affaire Dreyfus)
Texte repris du blogue Caricatures et Caricature
Le projet de monument dessiné par Henri-Gabriel Ibels, ci-contre, est paru pendant l'Affaire Dreyfus en couverture de l'hebdomadaire Le Sifflet, n°38 du 21 octobre 1898. Il présente en exergue une coupure de presse : Un concours est ouvert entre les artistes pour élever un monument à la mémoire du colonel Henry (Les Journaux) et sous le dessin le titre choisi suivant : "Le colonel Henry gardant le secret de lÉtat-major".
Hubert Joseph Henry est un officier français, né en 1846 dans la Marne, qui a eu un comportement héroïque pendant la guerre de 1870, puis pendant les campagnes de Tunisie et du Tonkin. Affecté ensuite au Service de renseignements de l'état-major général, il est très apprécié par ses supérieurs mais, issu du rang, il supporte mal les officiers instruits qui n'ont pas comme lui de valeureux états de service ; c'est ainsi qu'il devient par conviction viscérale le principal accusateur du brillant capitaine Dreyfus, polytechnicien, alsacien et de confession juive, alors en stage à l'état-major ; il le désigne nommément comme un traître, ayant fourni à l'ennemi des documents "secret défense", lors de son procès à huis clos devant le conseil de guerre de Paris en 1894 qui condamnera l'officier à la dégradation et à la détention perpétuelle. Henry réussit aussi, avec la complicité des généraux de l'état-major, à compromettre et faire éloigner le responsable de son service, le commandant Georges Picquart qui a découvert des preuves de l'innocence de Dreyfus. Pour étayer le bien-fondé de ses différentes accusations, Henry n'hésite pas à fabriquer de faux documents et à établir des relations compromettantes avec le véritable traître, le commandant Esterhazy. Ces supercheries grossières sont découvertes incidemment - et à son corps défendant par Godefroy Cavaignac, le nouveau ministre de la Guerre aussi antidreyfusard que ses prédécesseurs mais civil de son état, auquel Henry avoue bientôt son crime. Arrêté, emprisonné au Mont-Valérien, ce dernier se tranche la gorge avec son propre rasoir, le lendemain, le 31 août 1898
Ce projet de statue, proposé ironiquement par Ibels, est en fait une réponse à la campagne de presse de Charles Maurras dans le journal royaliste, La Gazette de France. L'écrivain a tenté de transformer lofficier faussaire en martyr, victime des juifs, et son acte criminel en faux patriotique. Henry, dans cette ébauche, protège jalousement lurne des faux fabriqués à lombre de létat-major. Quelques mois plus tard, en décembre 1898, une souscription, lancée par La Libre Parole de Drumont, le pape de l'antisémitisme, pour permettre à la veuve de celui qui est devenu lieutenant-colonel de défendre la mémoire de son mari accusé par Joseph Reinach dêtre le complice dEsterhazy, rencontrera un succès considérable dans le pays. Les dix-huit listes de souscripteurs, indiquant lidentité, le montant de lobole et les commentaires de chacun, seront publiées dans les colonnes du journal de Drumont. Curieusement, lensemble de ces témoignages, dressant un impressionnant panorama de lantisémitisme haineux de nombreux Français, sera baptisé le Monument Henry.
On pourra lire un des articles de Raymond Bachollet sur Le Sifflet d'Ibels, dans la rubrique "Revues satiriques" de ce site. Un condensé de ces articles a été publié par les éditions Dabecom en 2OO6, dans un livre préfacé par Jean-Denis Bredin : L'affaire Dreyfus à travers les journaux illustrés de l'époque comportant plus de 170 illustrations (collection "les Cent plus belles images"). A demander à votre libraire.
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Mis en ligne le 4 juin 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org











