[*]Voir : "Reportage sur la mort d'un enfant palestinien: Charles Enderlin débouté en appel".
21/05/08
Huit ans après la diffusion dun reportage controversé sur la mort dun enfant palestinien, le correspondant de France 2 à Jérusalem Charles Enderlin a perdu, mercredi, en appel, son procès en diffamation contre Philippe
Directeur dune agence de notation des médias, M.
Lavocate de France 2, Me Bénédicte Amblard, a indiqué que la chaîne avait décidé de «former un pourvoi en cassation», car «la décision est à lexact opposé de celle de première instance» concernant la bonne foi du prévenu.
Me Patrick Maisonneuve, son contradicteur, a salué une décision qui reconnaît qu«il y a un débat, notamment sur les rushes (lensemble des images prises dun événement, ndlr)».
Dans son arrêt, consulté par lAFP, la cour relève que «lexamen des rushes ne permet plus décarter les avis des professionnels entendus au cours de la procédure» et qui avaient mis en doute lauthenticité du reportage.
Elle reconnaît que les propos litigieux étaient bien diffamatoires, car ils portaient «incontestablement atteinte à lhonneur et à la réputation des professionnels de linformation».
Toutefois, poursuit-elle, «il est légitime pour une agence de notation des médias denquêter, [ne] serait-ce [qu]en raison de limpact quont eu les images critiquées dans le monde entier, sur les conditions dans lesquelles le reportage en cause a été tourné et diffusé».
En première instance, le 19 octobre 2006, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé Philippe
Sur son site Internet, le 22 novembre 2004, M.
Un Palestinien de 12 ans, Mohammed al-Doura, protégé par son père, y perdait la vie lors dun échange de tirs entre larmée israélienne et des activistes palestiniens. Les images de lenfant avaient été largement diffusées dans le monde et avaient donné lieu à une controverse sur lorigine des tirs ayant provoqué sa mort.
Le 27 février, les magistrats avaient longuement disséqué ce reportage. Quelques semaines plus tôt, ils avaient visionné les rushes du tournage.
Charles Enderlin, soutenu par la directrice de linformation de la chaîne, Arlette Chabot, avait contesté point par point les accusations de «bidonnage». M.
Il avait fait valoir notamment quon ne relevait que sept impacts de balles derrière le père et son fils, alors que France 2 affirmait que tous deux étaient restés 45 minutes sous le feu darmes automatiques.
Il avait également évoqué les rushes, où lon voit, dans les secondes qui suivent la fin du reportage diffusé par France 2, lenfant bouger légèrement, laissant entendre quil nétait pas mort à ce moment-là.
© Libération
Mis en ligne le 21 mai 2008, par M.











