[*] Voir : "Selon R. Landes, Karsenty laurait emporté en justice sur ses accusateurs !".
21/05/08
Affaire Mohammed al-Doura:
le directeur de Media Ratings relaxé en appel
La cour d'appel de Paris a relaxé mercredi Philippe Karsenty, directeur de l'agence Media Ratings, poursuivi en diffamation par le correspondant de France-2 à Jérusalem, Charles Enderlin, qu'il avait accusé d'avoir "mis en scène" la mort d'un petit Palestinien sous les balles israéliennes, en 2000.
En première instance, en octobre 2006, M. Karsenty avait été condamné à 1.000 euros d'amende. Lors de l'audience, le parquet général avait demandé la confirmation de cette peine en estimant qu'il n'y avait pas eu "d'enquête sérieuse" du directeur de Media Ratings.
Mercredi, "la cour a estimé que M. Karsenty avait exercé sa libre critique face à un pouvoir, celui de la presse", a déclaré son avocat, Me Patrick Maisonneuve, ajoutant que la cour avait "retenu la bonne foi" de son client.
L'arrêt de la cour d'appel n'était pas disponible mercredi.
Les images de France-2, diffusées le 30 septembre 2000 dans le journal de 20h, avaient fait le tour du monde. On y voyait le jeune Mohammed al-Doura, 12 ans, mourir dans les bras de son père sous une rafale de balles. Selon les commentaires du journaliste, les tirs étaient israéliens.
Le garçon est vite devenu un martyr dans le monde arabe et plusieurs attentats anti-israéliens ont été commis en son nom. De nombreuses voix se sont cependant élevées pour dénoncer le reportage, parlant d'une conspiration dirigée contre l'Etat hébreu.
Sur le site web de son "agence de notation des médias" (http://www.M-R.fr), Philippe Karsenty avait exigé, en novembre 2004, la démission de Charles Enderlin et de la directrice de l'information de France-2, Arlette Chabot. Il affirmait que le journaliste avait diffusé "un faux reportage" dans lequel on aperçoit "une série de scènes jouées". Philippe Karsenty en concluait que le reportage sur la mort du petit Mohammed était "une pure fiction" et une "imposture médiatique".
Des propos réitérés lors de l'audience devant la cour d'appel de Paris. Il avait cependant estimé que le correspondant de France-2, qui se trouvait à Ramallah au moment des faits, avait été trompé par son cameraman présent sur place. Charles Enderlin avait, quant à lui, assuré celui-ci de sa "confiance totale".
© Associated Press
Mis en ligne le 21 mai 2008, par M.











