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"De Dreyfus à al-Dura" : Interview de Philippe Karsenty par Maqor Rishon
"Si l’affaire - qui a déclenché la plus grande vague d’antisémitisme depuis la Seconde Guerre mondiale - avait besoin d’un porte-parole qui révèle tout ce qui il y a derrière cette accusation de crime rituel de "l’enfant palestinien", Philippe Karsenty est l’homme de la situation." (Makor Rishon).
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Photo © Yossi Zeliger

 

6 décembre 2007

 

[Après avoir traduit ce texte, vers la fin de décembre 2007, je l'ai jugé, à tort ou à raison, comme étant de nature à déforcer la position de Karsenty face à la justice; c'est pourquoi j'en ai différé la publication jusqu'à aujourd'hui.]


Article paru en hébreu, sous le titre "Midreyfus we‘ad A-Dura".


Sur le site de Makor Rishon

 


Traduction française : Menahem Macina

 

Il y a bien longtemps, circulait, dans Jérusalem, un modeste homme d’affaires religieux qui distribuait des feuillets dans lesquels il accusait Israël Kastner de choses terribles. Kastner, aidé par les spécialistes des affaires juridiques du gouvernement Mapaï, déposa contre lui une plainte en diffamation. La suite appartient à l’histoire [1]. Le procès devint le procès Kastner, au cours duquel l’accusateur devint l’accusé *.

Philippe Karsenty est loin d’être Malchiel Greenwald [2]. Karsenty est un homme d’affaires qui dirigeait une société de technonologie en France avant d’être entièrement phagocyté par l’enquête sur l’affaire al-Dura, à laquelle il se consacre depuis quatre ans. Mais, comme Kastner, lui aussi fut accusé de diffamation et, dans la seconde phase du procès, en appel, il semble que les accusateurs – la chaîne de télévision gouvernementale française, France 2 et son correspondant en Israël, [Charles] Enderlin – deviennent les accusés.

« Lors de la présentation du matériau brut filmé [rushes], dont la durée est de 18 minutes seulement, nous avons vu que France 2 mentait », me dit, d’entrée de jeu, cette semaine, Philippe Karsenty. « On pouvait voir que les rushes présentés avaient été montés... Tous, même ceux qui nient les différentes théories sur la réalité de la mort de l’enfant Mohammed al-Dura, sont d’accord sur le fait que le matériau brut de l’affaire est de 27 minutes.

J’ai eu connaissance d’au moins un propos enregistré de Charles Enderlin, dans lequel il parle de 30 minutes. Ceux qui ont vu le matériau et n’ont pas mesuré exactement, ont pu dire avec certitude qu’il dépassait de beaucoup les vingt minutes. La réalisatrice de documentaires, Esther Shapira, qui a interviewé Enderlin, a émis devant lui l’estimation de 30 minutes, et il en a été d’accord.

Philippe Karsenty est un jeune et séduisant. Je suppose que Dominique de Villepin avait cette allure il y a une vingtaine d’années. Si l’affaire, qui a déclenché la plus grande vague d’antisémitisme depuis la Seconde Guerre mondiale, avait besoin d’un porte-parole qui révèle tout ce qui est derrière cette accusation d’assassinat rituel de "l’enfant palestinien l’"assassinat de l’enfant palestinien", Philippe Karsenty est l’homme de la situation.

Je l’ai rencontré, il y a un an, par un jour de pluie, dans un grand hôtel à demi désert, au sud du Dolphinarium. Cette semaine c’était dans un endroit inondé de soleil - une salle de réunion au 17ème étage de l’hôtel Hilton. Tel Aviv s’étendait à nos pieds, mais Karsenty n’avait qu’un souci : les évolutions d’un avion qui se préparait à atterrir sur la piste provisoire del’aéroport de Sde Dov. « Il ne va pas y avoir un autre 11 septembre, j’espère », a-t-il dit. Au maximum, lui ai-je répondu, son aile va nous briser la fenêtre.

Karsenty est devenu très demandé. Son carnet de rendez-vous est rempli de dates d’interviews et de rencontres, et ensuite, l’attend une autre tournée de conférences aux Etats-Unis. « D’ici, je pars pour Los Angeles, et de là à Harvard », raconte-t-il. Je lui ai dit qu’il devait s’attendre là-bas à de violentes manifestations. « Parfait », répond-il. « J’ai demandé qu’on le fasse savoir aux Arabes, pour qu’ils viennent manifester. »

Dans l’atmosphère nouvelle qu’a créée son procès en appel, il a désormais besoin d’une assistante permanente. Jennifer, qui se trouve être la plus jolie femme que l’on peut voir à Tel Aviv ces derniers temps, était, en fait, âgée de 13 ans quand se produisit l’événement Al-Dura, c’est en effet, un événement qui appartient à l’histoire. Une histoire à laquelle, comme le rappelle Karsenty, moi je suis associé.

Sans la publication, dans Makor Rishon, en 2002, d’un reportage traduit ensuite en anglais, qui parvint aux journaux électroniques beaucoup lus aux Etats-Unis et en France, il est possible que toutes les enquêtes relatives à l’affaire al-Dura – qui remontait alors à un an et demi - n’auraient pas attiré l’attention du public. Mais depuis, France 2 est tombée dans un piège.

 

De première source


La stratégie de
Philippe Karsenty a été brillante. « J’ai pensé que je devais gagner en crédibilité, tant en ce qui me concerne qu’en ce qui concerne mes analyses médiatiques », relate Philippe. « Le fait est que nous avons conçu cette stratégie et que ça a marché. J’ai pensé que je devais écrire quelque chose de très dur et utiliser les mots les plus agressifs pour que France 2 tombe dans le piège. Ils m’ont intenté un procès. Maintenant c’est leur procès et non celui de mon article. »

Karsenty est un analyste médias itinérant. Son ordinateur portable est toujours à portée de main, prêt à jaillir à chaque instant, et toute question soulevée déclenche une consultation rapide de l’ordinateur d’où sortent la présentation claire et indiscutable de l’événement du 30 septembre 2000, toutes les interviews qu’a données Enderlin...

J’ai expliqué à Jennifer, qui est maintenant intégrée au groupe bien soudé des enquêteurs de l’affaire Al-Dura, que, par certains aspects, il s’agit d’une secte. La première chose à faire est de savoir distinguer entre les gens véritablement sérieux, dont le principal est Karsenty lui-même, et les obsessionnels...

C’est la raison pour laquelle d’un tournant à l’autre de l’affaire al-Dura, je m’efforce de me reposer et de m’en détacher. Cela n’empêche pas Karsenty de proclamer que je suis celui qui connaît le mieux ce qui a trait à l’affaire et tous les développements qui y sont liés.

C’est bien entendu inexact. Mais ce qui est vrai, par contre, c’est que toutes les théories que les différents spécialistes ont développées figurent dans le reportage publié dans Makor Rishon en avril 2002, y compris ce qui est dit dans le titre : alilat rosh hashanah [L’accusation [de crime rituel] de Rosh hashanah]. C’est-à-dire l’accusation de crime rituel, que le professeur d’histoire médiévale, Richard Landes, a définie comme la première accusation de ce type du XXIe siècle. Landes a également forgé le concept de "Pallywood" [3] dont se sert quiconque connaît les rushes du 30 septembre, dans lesquels on peut voir de nombreuses actions mises en scène comme dans un tournage de film en studio. J’éprouve une réticence à utiliser ce terme, parce qu’il fait du tort à Hollywood.

Mais Karsenty me montre au moins une scène, que je me souviens avoir vue dans des projections antérieures, et dont nul ne conteste qu’il s’agit d’une mise en scène. Dans cette action, on voit un homme qui donne des directives sur la manière de se conduire, aux Palestiniens qui participent à une émeute près du carrefour de Netzarim. La caméra montre l’intérieur d’une pièce d’une maison détruite - qui ne se trouve pas du tout dans les environs de la position de Tsahal au carrefour -, puis on assiste au déroulement de la représentation, où l’acteur principal court vers la pièce vide, et tire pour la galerie.

Dans tous ces rushes, figurent quelques extraits du reportage de France 2, et aucun spectateur ne peut savoir que le passage est mis en scène. Karsenty est sûr que le tribunal l’autorisera à présenter le matériau et à l’analyser. Après cela, il lui sera facile d’affirmer, devant la présidente du tribunal, que sa version selon laquelle la mort de al-Dura est une mise en scène, est au moins plausible.

« Nous avons espéré que mes affirmations leur apparaîtraient [à France 2 et à Enderlin] comme diffamatoires. Ce qui a été le cas. Et le fait est qu’ils sont tombés dans le piège », dit Karsenty. Mais, dans le premier procès - qui s’est terminé il y a plus d’un an -, il a tout de même perdu... « … L’appel nous a donné une année pour approfondir notre dossier. Après la première audience, Enderlin a compris qu’il devait être présent au procès. Il n’était pas obligé de venir, mais il s’est senti contraint de défendre sa réputation ».

 

Combien toute cette procédure judiciaire vous coûte-t-elle ?

« J’ai engagé les meilleurs avocats de France. Ce que cela me coûte surtout, c’est que, depuis quatre ans, j’ai interrompu mes activités professionnelles pour travailler sur ce dossier ».

 

Allez-vous écrire un livre sur l’affaire ? Quelque chose comme "L’affaire al-Dura" ?

« Je suis en train d’écrire ce livre. Mais plutôt dans le style "De Dreyfus à al-Dura". L’histoire montre qu’il y un lien entre les deux affaires. Vous savez que l’Etat d’Israël a commencé, ou a pris naissance en tant qu’idée, à l’époque de l’affaire Dreyfus, quand Herzl, qui se promenait dans les rues de Paris, entendit des gens crier : "Mort aux Juifs !". Et la campagne de délégitimation d’Israël a commencé lors de l’affaire al-Dura. Le lendemain de la diffusion du reportage sur France 2, dans les rues de Paris, des gens ont appelé à la destruction de l’Etat d’Israël. Le concept d’Etat d’Israël a commencé à Paris, et c’est à Paris que sa destruction aura commencé– si nous ne parvenons pas à l’empêcher. »

 

Pornographie nécrophile


Vous souvenez-vous du jour où cela a commencé ?

« J’avais une société de logiciels. Un employé m’a abordé et m’a dit : Qu’avez-vous fait, hier, à Gaza ? Je lui ai dit : que voulez-vous dire par "qu’avez-vous fait ?". Je n’étais pas là-bas. Il m’a dit : L’armée israélienne a tué un enfant là-bas. Et alors ? Lui ai-je répondu, je suis Français. Je ne savais pas que l’armée française était à Gaza. »

Aujourd’hui, on peut expliquer comment le correspondant Charles Enderlin et France 2 ont été pris [en flagrant délit de] compte-rendu hystérique et mensonger, selon lequel Tsahal a tué – volontairement semble-t-il – un enfant palestinien du nom de Mohammed al-Dura. Et en effet, si l’on diffuse simplement un reportage d’une minute sur les émeutes de Gaza, dont le point culminant est la mort d’un enfant face à une caméra, la question qui surgit immédiatement concerne le correspondant et sa chaîne ; c’est eux qui sont objet de controverse ; et les discussions se portent sur l’éthique du reportage.

Diffuser la mort accidentelle d’un enfant et centrer sur elle le reportage, constitue une sorte de pornographie nécrophile, c’est fondamentalement un film amateur. Aussi, il est clair que pour se justifier d’un acte professionnel aussi controversé, le correspondant doit draper l’événement dans un récit aussi idéologique et aussi exagéré : le sens sous-jacent étant : tous savent que l’armée israélienne tue des enfants arabes, et qu’elle ne se contente pas de les tuer, mais le fait intentionnellement. Alors, voici un meurtre intentionnel d’enfant palestinien, par Tsahal.

Le caméraman, Talal Abou Rahma, a affirmé dans des interviewes que les soldats ont tiré sur le père et l’enfant durant 45 minutes. Dans un enregistrement, on l’entend se rétracter : « Je n’ai jamais dit qu’il [l’enfant] est mort sous les balles de Tsahal ». A propos, Karsenty affirme que la seule chaîne à avoir refusé de diffuser les images de la "mort de al-Dura", que France 2 lui avait fournie, fut CNN ; on y estima qu’il n’y avait aucune preuve professionnelle que ce qui est affirmé dans le reportage soit exact, et, bien entendu, que ce ne sont pas les balles de Tsahal qui ont tué l’enfant.

En fin de compte, quiconque examine attentivement les rushes existants du père et de l’enfant qui s’abritent derrière un fût de béton, voit, en tout et pour tout, quelques projectiles – sept, selon Karsenty – qui frappent, à un rythme considérablement espacé, le mur de béton, au-dessus de al-Dura et de son père. A aucun moment, on ne voit de signe évident d’impact sur le corps de l’enfant ou sur celui de son père - qui prétend qu’il s’est pris 12 balles. Pour concrétiser dans quel état est un véritable blessé par balle, ou quel est l’effet d’un impact de balle – Karsenty a une démonstration de photos en gros plan d’un œuf, d’une bouteille de ketchup, d’une bouteille d’eau sur une pastèque, lorsqu’une balle de fusil les transperce. Le résultat stupéfie et abasourdit, malgré le fait qu’il ne s’agit pas du corps d’un être humain. Et, il a aussi, bien entendu, des photos de blessés par balles, où les impacts sont saisis par une caméra.

Rien qui ressemble à l’impact d’une balle n’est visible sur le père et son fils. Puis, il y a le scoop de Karsenty : les trois secondes supplémentaires - qui ne figurent bien entendu pas dans la diffusion de France 2, et n’ont figuré, à ce jour, dans aucune diffusion sur l’affaire. Il s’agit des trois secondes supplémentaires après la "mort" de l’enfant. On y voit le petit Mohammed bouger sa main, qui tient un morceau d’étoffe rouge, de sa jambe à sa tête, lever une jambe, et après cela, lever la tête et jeter un coup d’œil droit vers la caméra de Talal Abou Rahma. Cela ne ressemble pas à un enfant sur qui on a tiré et qui est mort.

Karsenty dit que l’attitude de la juge à son égard a changé entre la première audience et la seconde, qui a eu lieu il y a quelques semaines. « Lors de la première audience, la juge m’a sans arrêt fait taire. Elle s’est comportée à mon égard comme si j’étais une espèce de bête. Lors de la seconde audience, quand Enderlin est arrivé, elle lui a dit immédiatement : Désolée, nous attendions 27 minutes, et nous n’en avons que 18. Nous voulons que vous veniez aussi à la prochaine audience de février. Nous voudrions beaucoup, beaucoup, que vous veniez. C’est-à-dire, elle lui a fait comprendre poliment qu’elle lui demandait de se présenter à la prochaine audience. Elle veut que "l’accusé" soit présent ».

 

Cinq minutes pour Hitler


Que pensez-vous qu’il se passera en fin de procès ?

« Je ne peux pas faire état de mon estimation de ce que sera le résultat, je peux dire ce que je veux qu’il soit. Ce ne sont pas les juges qui jugeront à ce sujet, mais l’histoire. La chaîne France 2 devra avouer qu’elle a trompé le public. L’histoire obligera l’Europe à réparer ce qu’elle a déformé dans son attitude envers l’antisémitisme.

L’antisémitisme s’y est à nouveau déclenché suite à l’affaire, et pas seulement en Europe, dans le monde entier. Et il faut réparer cela. Cela aura une importance historique si cela se produit. Une partie de la presse qui couvre ce qui se passe dans les Territoires devra, elle aussi, tirer la leçon. Il sera impossible de considérer comme allant de soi des reportages de journalistes suspects de fraude. Il apparaîtra qu’une partie de ceux qui se consacrent à la couverture des événements afférents aux Territoires agissent, ici et en Iraq, avec des motivations propagandistes. Pas tous, bien sûr ».

 

Comment décririez-vous les gens qui sont attirés par l’affaire ?

« Elle attire des gens spéciaux, parfois maniaques. Mais pour en traiter, il faut des qualités spéciales, des qualités différentes, qui ne sont pas acceptables aujourd’hui. J’entends des gens qui me disent. Bon, c’est un mensonge, et alors ? Pour moi, ce n’est pas une option. Chez moi, à la maison, il n’y a rien de tel. En hébreu, on appelle cela E M E T [vérité] ».

 

Quelle est l’influence générale du projet al-Dura ?

« Dans une vidéo de la décapitation de Daniel Pearl, qui a été diffusée, étaient incluses des photos de Mohammed al-Dura. L’événement s’est produit un an avant le 11 septembre. Ce n’est pas seulement Israël qui souffre de cela, mais tout le monde occidental. Ben Laden utilise l’icône de al-Dura. L’image est devenue un produit de marque. C’est comme Coca-Cola. Tous connaissent déjà l’image et tous savent, intuitivement ce qu’elle symbolise : la cruauté des Israéliens et des Juifs. Il y a une formation de rap arabe, en Israël, dont le clip s’est servi des photos de al-Dura et des photos de tir de soldats de Tsahal. »

Karsenty me montre un défilé de mode en Arabie Saoudite, dans lequel le mannequin-vedette porte une robe sur laquelle figure une image de al-Dura. Dans un pays africain, une grande place porte le nom de al-Dura. Des Etats comme la Jordanie, L’Egypte et la Tunisie diffusent des timbres représentant le père et le fils derrière un fût de béton.

Quand on demande à Enderlin s’il se peut qu’il y ait des épisodes mis en scène dans les reportages télévisés, il répond : « Pourquoi faudrait-il mettre en scène ? Est-ce qu’il manque d’enfants palestiniens réellement blessés ? » Belle question rhétorique, mais, le 30 septembre 2000, il n’y avait pas d’Intifada **, et il fallait la déclencher. On avait besoin d’un événement d’une importance telle qu’il déclenche l’incendie. Et ce jour-là, il semble qu’il manquait des enfants palestiniens blessés, et, bien sûr, qu’il manquait des enfants tués. Bien sûr qu’il manquait un enfant qui meurt face à la caméra, laquelle – pour une raison quelconque – a attendu sa mort durant 45 minutes.

Karsenty affirme que les médias français ne font preuve d’aucune sympathie à son égard. « Par exemple, le correspondant de AP [ne serait-ce pas l’AFP ?], un Américain, je crois, est venu à l’audience en arborant un keffieh. Vous imaginez un correspondant israélien arriver drapé dans un drapeau israélien ? Les gens de la rue m’aiment. Je suis allé m’acheter un costume. Le propriétaire du magasin m’a demandé. Vous êtes celui que j’ai entendu à la radio. J’ai dit que oui. Alors je vous fais le costume au prix qu’il m’a coûté. »

« Tout cela ne réjouit pas l’establishment juif », dit-il, « car je fais vaciller l’embarcation. Les médias juifs ont honte de ce procès et gardent un profil bas à son égard [4]. La radio juive de la Communauté ne m’a pas invité à parler, au prétexte qu’"Enderlin ne viendra pas répondre". J’ai dit : Bon vous avec besoin d’un équilibre : cinq minutes pour les Juifs, cinq minutes pour Hitler. »

« L’ambassade d’Israël non plus ne fait pas le minimum. L’ambassadeur d’Israël en France, Dany Shek, est un ami de Charles Enderlin. Il n’a envoyé personne de l’ambassade pour assister aux audiences du procès. Et pourtant, ce n’est pas moi l’accusé, c’est l’Armée de Défense d’Israël qui est l’accusée, au motif qu’elle tue des enfants. »


Karsenty croit que la tournure que prend le procès peut, en fin de compte, ruiner la vie de Charles Enderlin.

Vous voulez dire, lui fais-je, que Mohammed al-Dura assistera aux funérailles d’Enderlin.

Il éclate de rire. Jennifer aussi, et je fais de même.

 

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Notes du traducteur

 

[1] Voir sur Wikipédia, l’article Rudolf Kastner.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Kastner et, une information plus détaillée (en anglais, sur le site Messiah Truth. http://www.messiahtruth.com/zionism.html


[2] L’accusateur de Kastner.

[3] Sur ce terme voir l’article Pallywood de Wikipedia.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pallywood


 [4] Difficile de ne pas faire un parallèle avec ce qui se passa à l’époque de Dreyfus, à en croire un témoin privilégié – Léon Blum – qui écrivait : « Les Juifs avaient accepté la condamnation de Dreyfus comme définitive et comme juste. Ils ne parlaient pas de l’Affaire entre eux. Ils fuyaient le sujet, bien loin de le soulever. Un grand malheur était tombé sur Israël : on le subissait sans mot dire, en attendant que le temps et le silence en effacent les effets. La masse juive accueillit même, avec beaucoup de respect [sic] et de méfiance, les débuts de la campagne de révision. Le sentiment dominant se traduisait par une formule comme celle-ci : "C’est quelque chose dont les Juifs ne doivent pas s’occuper" ». Voir "Un silence fatal à l’analogie entre les affaires Dreyfus et Al-Dura: celui de la presse française". http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-13567-145-7-silence-fatal-lanalogie-entre-affaires-dreyfus-al-dura-celui-presse-francaise.html

 

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© Maqor Rishon

 

 

Mis en ligne le 18/05 200_, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

 

* La comparaison entre les deux affaires n’est pas heureuse. En effet, des années plus tard, il s’avéra que l’accusateur avait abusé la justice, et Kastner, qui avait été assassiné entre temps, fut officiellement réhabilité.

** Attention, l’Intifada avait été lancée deux jours auparavant, le 28 septembre, jour de la fameuse visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade du Temple et les émeutes qui s’ensuivirent et reprirent le 29, faisant 7 morts et des dizaines de blessés. Arafat décréta alors le 28 septembre "Jour de colère", et la propagande palestinienne et celle des supporters de cette cause ont toujours, jusqu’à aujourd’hui, attribuée la seconde Intifada à cette visite du Premier Ministre israélien.

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