[*] A ce propos, lire l'excellent article de L. Messica, "1, 2, 3... Durban !".
04/05/08
Texte repris du site de Cyberpresse Canada
Agence France-Presse
New York (Nations unies)
Fin avril, son ambassadeur à l'ONU, Dan Gillerman, déplorait que plus de 50 pays refusent toujours de reconnaître l'État juif.
Chef de la mission israélienne à l'ONU depuis cinq ans, le pugnace M. Gillerman a pourtant vu la position d'Israël s'améliorer grandement au sein de l'Organisation mondiale.
En 2005, il a été élu à l'une des vice-présidences de l'Assemblée générale, organe longtemps accusé de parti pris anti-israélien, comme lors de l'adoption en 1975 d'une résolution assimilant le sionisme au racisme. Ce texte a été annulé en 1991.
Mais aujourd'hui, sur fond de tension au Proche-Orient avec son conflit indirect avec l'Iran et le blocus qu'il impose à la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, l'Etat hébreu craint que ses détracteurs ne transforment une prochaine conférence mondiale de suivi de la lutte contre le racisme en forum antisioniste, pour essayer de saper sa légitimité et attiser l'antisémitisme.
La réunion, prévue pour juin 2009, doit jauger la mise en oeuvre d'engagements pris en 2001 lors de la première Conférence mondiale contre le racisme à Durban (Afrique du Sud).
Cette conférence, appelée Durban I, avait été condamnée par les Etats-Unis, le Canada et Israël pour avoir tourné au «happening» antisémite.
«Nous avons tous vu Durban I. Durban II (la conférence de suivi, qui se tiendra hors d'Afrique du Sud) ressemble beaucoup à un nouveau forum pour la critique d'Israël et l'antisémitisme», a dit M. Gillerman. «Israël ne voit aucune raison de prendre part à une mascarade antisémite et anti-israélienne.»
Il a salué la décision du Canada de boycotter la conférence, se disant convaincu qu'Israël et les Etats-Unis feraient de même.
Des dérapages s'étaient en effet produits à Durban en 2001, mais ils avaient eu pour cadre un forum parallèle d'organisations non gouvernementales (ONG), pas la conférence elle-même, produisant un débat virulent sur Israël et les territoires palestiniens occupés.
«Un camp avait accusé l'autre d'antisémitisme et avait été taxé d'islamophobie en retour», a rappelé Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.
«Le pire avait été la mise en circulation, au forum des ONG, de tracts violemment antisémites» ce qui avait provoqué le retrait des Etats-Unis et d'Israël de la conférence de l'ONU, a-t-il dit à l'AFP, depuis Genève.
Pourtant, selon lui, «malgré sa mauvaise image, Durban 2001 a été un effort collectif important face au racisme, à la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance».
Il a cité des mesures comme le durcissement des lois anti-discrimination, l'amélioration des recours légaux et la publication de données fiables pour apprécier la façon dont sont traités les victimes de racisme et les groupes marginalisés.
Pour Steve Crawshaw, de l'organisation new-yorkaise Human Rights Watch, «il est logique d'organiser une conférence de suivi», tout en veillant à ce qu'elle ne répète pas «les erreurs de la précédente.»
«Le bilan de Durban I n'est pas bon et le Conseil des droits de l'Homme (de l'ONU, à Genève) a passé beaucoup trop de temps à s'occuper d'Israël par rapport à de nombreux violateurs sérieux des droits de l'Homme qui semblent échapper à tout examen, comme la Chine, le Soudan et d'autres», a déclaré Tad Stahnke, chef du programme anti-discrimination de Human Rights First, un autre groupe new-yorkais.
«Je ne dis pas que le comportement d'Israël ne doive pas être examiné, mais cela doit être équilibré et mis en perspective (avec) d'autres violations qui sont commises à travers le monde», a-t-il ajouté.
M. Gillerman n'a d'ailleurs pas totalement exclu une participation d'Israël. «Si le monde décide d'avoir une conférence qui soit constructive, je vous assure qu'Israël sera le premier à y aller», a-t-il dit.
Gérard Aziakou
© AFP
Mis en ligne le 06 mai 2008, par M.











