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Le métier de journaliste, un poignard sous la gorge, S. Juffa
Il faut lire absolument l'intégralité de cet éditorial du directeur de Metula News Agency. Cela donne la chair de poule. Ce qu'il affirme est rigoureusement vrai et facilement vérifiable. Mais le pire, c'est que, tétanisé par la crainte d'être, une fois de plus, lynché dans les médias internationaux, Israël hésite à prendre les mesures qu'avec d'autres spécialistes de la situation d'Israël au Proche-Orient, Stéphane Juffa préconise. A diffuser largement. (Menahem Macina).
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21/04/08

Le métier de journaliste, un poignard sous la gorge (info # 012104/8)
Par Stéphane Juffa

© Metula News Agency


Difficile de faire plus grave, dans notre métier, que de faire dire, itérativement, à quelqu’un – a fortiori à un porte-parole institutionnel – ce qu’il n’a jamais dit

 

Phénomène inquiétant dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme en Francophonie : de plus en plus de personnes honnêtes, de bonne foi et de bonne compagnie sont persuadées qu’Israël conduit une forme de génocide dans la bande de Gaza. Et si ce n’est pas une Shoah palestinienne au sens strict, cette multitude de consommateurs d’informations est certaine que l’Etat hébreu s’essaye à affamer, tourmenter et priver la population palestinienne de la Bande du minimum vital, sans autre motivation que sa haine des Arabes et des Goys [1].

 

Nous sommes indéniablement en présence de l’un des plus formidables retournements de responsabilités de l’histoire moderne. Le génocidaire désigné, non seulement ne pratiquant pas d’assassinats collectifs à Gaza, mais, de plus, exposant sa propre population aux coups de l’agresseur, en raison de son souci compulsif de ne s’en prendre qu’aux responsables avérés des actes de terrorisme gratuits contre la population civile israélienne.

 

En face, les soi-disant victimes : des organisations fondamentalistes de l’islam, rejetant, par principe, toute idée de paix au Moyen-Orient, et concentrant toute leur énergie et leur ingéniosité à générer des assassinats massifs de civils juifs. Des civils demeurant dans des villes tout ce qu’il y a de plus paisibles, ainsi que dans des villages communistes. Rien à voir avec les habitants des implantations établies dans les territoires qui se trouvaient sous domination jordanienne avant la Guerre des Six jours.

 

L’opinion publique est ainsi l’otage d’une intoxication médiatique durable, dont la répétitivité crée une haine raciste tenace, qui menace la paix civile en France et en Francophonie. On y vit, en effet, dans le risque permanent de voir des individus isolés, sensibilisés par ce pseudo holocauste, poussés par le récit médiatique frelaté du génocide des Gazaouis, s’en prendre à des Israélites ou rejoindre les antennes européennes de la Djihad mondiale.

 

A qui la faute ? En premier lieu, assurément, à ces officines de nouvelles, installées à Jérusalem, qui inondent les media de comptes-rendus spécieux, rehaussés par un vocabulaire grossièrement aligné sur la Propagandastaffel des néonazis de l’islam djihadiste. Un abécédaire qui transgresse aussi bien l’usage correct de la langue française au profit des intérêts du Hamas, que la relation journalistique des aléas du conflit israélo-intégriste.

 

Aux avant-postes de ces falsificateurs de l’information, on trouve l’agence semi-officielle française AFP, qui ne tente plus rien pour prodiguer à ses clients de métropole un récit équilibré et crédible des événements de Gaza. A la tête du bureau de l’Agence France Presse de Jérusalem officie Patrick Anidjar, un Juif français, maintes fois placé devant ses responsabilités par la Ména, en termes confraternels et sans faire l’économie des détails sur la dangerosité extraordinaire qu’il véhicule.

 

Mais Anidjar ne tient pas à se placer en porte-à-faux d’un système qui fonctionne à la satisfaction de ses chefs ; c’est un faible, un lâche et un opportuniste. Il laisse le champ net à l’idéologue anti-Israël de son équipe, Juif lui aussi, Israélien de surplus, qui s’est vanté à la cantonade, lors des dernières élections pour la Knesset, d’avoir voté pour une liste arabe antisioniste. Certains des rouages de la désinformation agissent par dépit ou par intérêt alimentaire, Marius Schattner, quant à lui, trafique l’information en provenance de Gaza par engouement idéologique.

 

Et n’allez surtout pas imaginer que l’on fait dans la dentelle, car nous nous trouvons en pleine guerre des mots. Des mots, non des nuances. Une guerre, non un désaccord passager.

 

Les pressions sur les agences de nouvelles occidentales afin de faire passer le message du Hamas sont terribles et terriblement explicites. Pour travailler à Gaza, il faut nécessairement passer sous le joug de la Résistance Islamique ; tous les journalistes sur place, y compris ceux qui envoient les news que l’on retrouve sur le Monde ou le Figaro, tremblent littéralement pour leur vie. Accepter de diffuser leurs textes ou leurs photos, ce n’est pas uniquement de l’anti-journalisme, c’est également répandre sciemment le point de vue du Hamas sur les événements de Gaza.

 

Je n’ai pas écrit "diffuser également" le point de vue du Hamas, ce qui resterait du journalisme, j’écris : ne diffuser que le point de vue du Hamas ! D’ailleurs, il n’y a pas que les fixeurs et les copieurs sous dictée qui subissent la loi des intégristes au péril de leur vie, les hommes de la Résistance Islamique travaillant aussi directement pour les agences occidentales. Et pas à des postes subalternes, évidemment.

 

L’un de ces hommes est Mohamed Al Baba, dit Mohammed Abed, photographe de l’AFP à Gaza. Il a fait entrer son frère, Eyad, à l’AP au début de l’année, depuis, celui-ci y collabore en exclusivité. Rien de très étonnant, l’affiliation à la Résistance Islamique est souvent une affaire familiale ou clanique. La Ména a intercepté un message de cet Eyad Al Baba, dit Eyad Baba, adressé à un confrère arabe, dont il jugeait la ligne éditoriale contraire aux intérêts du Hamas.

 

Le texte qui suit me semble suffisamment explicite afin d’illustrer le type de confraternité qui dirige le travail des journalistes à Gaza :

 

            Je suis Eyad Al Baba,

 

Peut-être ne me connais-tu pas, mais je jure par Dieu que je vais t’exécuter. La montagne ne rencontre pas la montagne mais les hommes rencontrent les hommes. Le destin a semble-t-il décidé de ton sort. Je n’aime pas parler beaucoup, aussi, attends-toi à des actes et pas seulement des mots. Aussi loin que tu puisses fuir, je te retrouverai. Jabari [2], les cousins [3], et tu sais comment on va t’avoir.



Si, après avoir lu cela vous vous étonnez encore que, dans sa dépêche d’hier, l’AFP, par l’une de ses voix à Gaza, Sakher Abu El Oun, préfère appeler "combattants", les quatre terroristes qui s’apprêtaient à tirer des roquettes sur les habitants de Sdérot, c’est que vous êtes un cas perdu pour la désintoxication.

 

En principe, des combattants sont des personnes qui affrontent d’autres combattants, non des individus armés qui tirent des Qassam sur une ville pour tuer le plus de civils possible. Jusqu’à plus ample informé, ou à réception d’un message amical d’un photographe de l’Associated Press, les habitants de Sdérot ne sont pas armés.

 

Idem, dans la même dépêche, quand l’AFP cite l’armée israélienne affirmant que "Des kamikazes du Hamas ont fait exploser deux jeeps près du poste de Kerem Shalom…".  Après avoir dûment vérifié avec l’armée, cette dernière nous confirme ne JAMAIS employer le terme "kamikaze" pour désigner ce qu’elle nomme dans ses dépêches des "suicide-bombers" ou des "terroristes suicidaires". Tsahal n’a jamais parlé non plus d’"activistes palestiniens". Il est vrai que les kamikazes s’attaquaient aux porte-avions américains, non aux villages collectivistes, et que les activistes ne participent pas aux actions armées.

 

Difficile de faire plus grave, dans notre métier, que de faire dire, itérativement, à quelqu’un – a fortiori à un porte-parole institutionnel – ce qu’il n’a jamais dit. Mais devant tant de violence verbale et tant de mépris d’Israël et des Israéliens de la part de l’AFP, nous dénonçons, mais nous ne sommes aucunement surpris.

 

Dans le même paragraphe, l’Agence France Presse ne se contente pas de se prendre pour le porte-parole de l’armée israélienne, elle assassine, sans état d’âme, les Immortels de l’Académie Française, en établissant une synonymie téméraire entre "kamikazes" et "activistes". Des fois que Brigitte Bardot ou Line Renaud se transformeraient en bombes humaines…

 

Ce serait si simple, véridique, sinon suffisamment précis d’un point de vue déontologique, d’écrire "membre armé du Hamas", plutôt que militant, activiste, kamikaze et ne je sais quelles autres jean-foutreries antisémites encore. Mais l’AFP a un message à faire passer… le même que celui des frères Al Baba ; Schattner ne se contentera alors de rien de moins que de victimiser les terroristes islamistes.

 

La collaboration des agences de news, en général, et de l’AFP, en particulier, avec le nazislamisme, leur acceptation de travailler sous la menace permanente et de convoyer les mensonges des assassins est inqualifiable. Elle participe à l’incitation systématique à la haine raciste, nous l’avons déjà écrit.

Suite à http://www.menapress.com/article.php?sid=2034 (sur abonnement)

Metula News Agency © 

 

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Mis en ligne le 21 avril 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org
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