21 avril 2008
Depuis lexcellente campagne électorale qui a abouti à lélection de notre président, il semble que la politique française se fasse à laune des médias. A se préoccuper de leurs commentaires, nos dirigeants sont conduits à rechercher loccasion de faire un "coup".
Le premier - la résurrection de la constitution européenne - a réussi parce que tous nos partenaires lexigeaient. Ce succès, sil en est un, ne doit rien à notre diplomatie. Pourtant, le nouveau règne lenregistrait comme une victoire.
Vint ensuite une série de "coups" :
- la libération des infirmières bulgares, les contrats obtenus au cours de voyages dans des pays peu soucieux des droits de lhomme et de la femme ;
- la repentance, mezza-voce, pour le colonialisme ;
- les propos incantatoires appelant à une nouvelle « renaissance » ;
- labandon dune « conception étroite de laïcité » ;
- les concepts philosophico-religieux développés au Vatican ou en Arabie ;
- la palinodie - coups et à-coups - de laffaire Betancourt, qui nous confère le rôle de complices objectifs de narco-terroristes, et l'image de madone des otages, que lon n'invoque jamais en vain
sauf lorsquil sagit dun Franco-Israélien [Gilad Shalit. NDLR d'upjf.org].
De nouveau, linsuccès nous attend, avec la dernière utopie : lUnion Méditerranéenne. Sous des titres annonciateurs de léchec (1), on peut lire :
"en juillet, on accouchera de communiqués, on applaudira. Mais ce sera lenterrement [de] 1ère classe ».
Toutefois, quel beau tapage médiatique !
Faisant suite à ces communiqués triomphants, des réunions, des colloques, des conférences seront organisés, ici ou là, générant des voyages (voire des expéditions) et, pour convaincre les pays récalcitrants, des dons et des avantages (2), dont nous ne recueillerons aucun fruit, ni aucune reconnaissance.
En effet, version moderne du fameux "je crains les Grecs, même lorsquils offrent des présents", M. Antoine Sfeir (3), directeur des Cahiers de lOrient,
"sest fait la voix des pays du Sud du bassin [méditerranéen], pour marteler un sévère réquisitoire"
fondé sur labsence de consultation de
"nos [sic] gouvernements auxquels on veut vendre de larmement" ;
et, pour M. Didier Doucet, professeur à lInstitut détudes européennes (4),
"ce nest pas un partenariat mais un octroi du Nord fait au Sud".
© Gabriel Lévy
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Notes
(1) "Europe-Méditerranée : une union mort-née", La Provence, 19 avril 2008 ; Antoine Basbous, directeur de lObservatoire des pays arabes, "Lunion pour la Méditerranée : entre le rêve et lutopie", Le Figaro, 17 avril 2007.
(2) Michel Vauzelle, président de la région PACA : "Aider ces pays qui ne peuvent pas être abandonnés à une simple zone de libre-échange", La Provence, 19 avril 2008.
(3) A. Sfeir a la double nationalité franco-libanaise.
(4) La Provence, 19 avril 2008.
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Mis en ligne le 21 avril 2008, par M.











