18 mars 2008.
En mai 2007, les Français ont donné largement la préférence à lactuel président de la République. Jamais un programme présidentiel naura été aussi détaillé afin daboutir à une expression sans ambiguïté de nos concitoyens, ce qui navait pas été le cas en 2002. Aucun doute, les Français ont adhéré à un programme qui nétait pas socialiste et, quelques jours plus tard, ils ont élu une majorité de députés qui nétaient pas socialistes. Aucune amphibologie !
Or, lencre du contrat, ainsi signé avec le peuple, nétait pas sèche (les députés nétaient pas encore élus), que le premier gouvernement constitué comportait les adversaires de la veille, ce qui nous inspirait le titre prémonitoire : "Louverture, attention aux courants dair" (1).
Alors que la « rupture » nous était promise, les proches, les amis du président, soit autant de personnalités parfaitement compétentes, recevaient « louverture » comme un soufflet. Leurs adversaires étaient-ils sur le chemin de Damas ? Non, aucun dentre eux nétait sincèrement convaincu de la nécessité des réformes. (Si c'était le cas, ne lauraient-ils pas admise, au moins du bout des lèvres, lors de la campagne présidentielle ?). Cette ouverture a-t-elle entamé le capital électoral de leur parti dorigine ? Non, au contraire, leur parti vient dengranger des succès.
Pire, limmoralité politique sest trouvée légitimée en même temps que lopportunisme, car louverture a levé des inhibitions morales, et les « courants dair » ont amené des retournements, des pseudo-conversions, des reniements mendiés
jusquà la dérision (M. Bayrou et le MODEM). La boîte de Pandore !
Piètre image de la démocratie, car limmoralité est égale pour celui qui corrompt et pour celui qui se laisse corrompre. Les polémistes emploient indifféremment les mots de « vendu » et d« acheté » pour définir ces transactions.
Une autre ambiguïté doit être levée. Le président de la république nest pas le président de tous les Français, comme il le prétend. A la rigueur, M. Chirac avec 82 % des suffrages pouvait y prétendre, et nous connaissons linertie qui sen est suivie. Le président symbolise évidemment tous les Français, mais, dans les faits, il est élu pour exécuter le programme quil leur a proposé. Cest à cette tâche quil doit se consacrer. Ceci ne signifie ni une application brutale de ce programme, ni labsence de discussion avec une opposition parfois constructive.
Les Français viennent de confirmer leur attachement aux réformes promises en mai 2007, par leur soutien au premier ministre et à la quasi-totalité de ses ministres. Toutefois, si lon juge louverture utile, en raison de lampleur de la tâche et de ses difficultés pour la réaliser, il faut lobtenir, comme en Allemagne, par un consensus entre les deux partis, et non en débauchant Bernard ou Jack.
Pour lheure, souhaitons qu'on en reste là, en affichant :
« FERMETURE PENDANT LA DUREE DES TRAVAUX ».
©
(1) Voir, sur le site Aubagne-sur-le-Cours : "Louverture, attention aux courants dair", 12 mai 2007 ; "Comprenne qui pourra", "Mais, votez donc socialiste !" ; "Qui veut gagner des missions ?".
Mis en ligne le 17 mars 2008, par M.











