14/03/08
Sur le site Guysen International News.
Cette semaine, nous souhaiterions attirer lattention de nos lecteurs sur la visite du Président de lEtat dIsraël en France. Shimon Pérès est lhomme politique israélien le plus apprécié des occidentaux. A 84 ans, il incarne la sagesse et lespoir, le dialogue et louverture.
Cette visite dEtat est la première dun chef dEtat étranger en France depuis lélection de Nicolas Sarkozy. Le président de la République avait choisi de réserver cet honneur au président de lEtat dIsraël.
Manifestation dune amitié sincère et fidèle, Shimon Pérès nen demeure pas moins un Israélien à Paris. Les discours flatteurs et parfois émouvants, prononcés ça et là, contiennent tous des rappels à lordre de faire la paix. Certains lui ont même posé la douloureuse question : « Dans combien de temps, et dans combien de morts ? ». La formule est belle, et elle intéresse toutes les parties. Mais elle présente Israël à lheure des choix, comme si seul lEtat juif pouvait décider de larrêt des violences palestiniennes.
A lheure où les Qassam lancés sur le Néguev occidental ont interrompu, après quelques jours seulement, une nouvelle et éphémère trêve bénéfique au Hamas, au lendemain dun attentat terrible qui a traumatisé une nouvelle fois le pays, la visite du Président de lEtat juif, lun des rares Etats démocratiques dans la région, suscite des commentaires désagréables, et injustes.
Page vivante du livre dIsraël, Shimon Pérès a vu naître lEtat juif. Témoin des guerres innombrables qui menacent lexistence dIsraël, il a vu mourir plus dune fois une paix, dont il a été parfois lartisan, une paix souvent illusoire, et tellement attendue.
Pour celui qui incarne toujours la voie de la paix dun pays qui célébrera bientôt ses 60 ans, cest le tapis rouge qui a été déroulé, dans les plus hautes instances de la France républicaine, de lElysée à lInstitut de France, et du Centre Hillel, inauguré à Lyon mercredi 12 mars, au Salon du livre dont Israël est linvité dhonneur, et qui suscite une polémique.
Plusieurs éditeurs et pays arabes et musulmans, notamment le Liban, pilier de la francophonie au Proche-Orient, ont boycotté l'événement pour protester contre le choix davoir invité Israël. Or, ce nest pas seulement Israël que lon boycotte, mais bien le Salon du livre et les valeurs quil incarne : léchange des cultures, la volonté de souvrir et de comprendre les autres.
Parmi les 39 écrivains israéliens invités, figurent pourtant les grands noms de la gauche israélienne, Amos Oz, David Grossman, et le très controversé Abraham Burg, lancien président de la Knesset, que certains nhésiteraient pas à qualifier de militant de la cause antisioniste.
La plupart de ces auteurs défendent avec vigueur la création urgente dun Etat palestinien et nhésitent pas à attribuer les malheurs qui frappent Israël à ce quils appellent « loccupation », ou la « colonisation », à linstar de ceux qui incitent au boycott dIsraël au Salon du livre. Tahar Ben Jelloun a rappelé, à juste titre, que « les écrivains israéliens ne sont pas lEtat dIsraël ». Boycott et liberté de pensée ne font pas bon ménage. Surtout lorsquil sagit de culture et de connaissance.
La formule de Shimon Pérès, lancée jeudi 13 mars à linauguration du Salon du livre, répond aussi à la polémique : « Ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté, se condamnent eux-mêmes à être aveugles, à perdre la liberté ».
Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, Eldad Reguev et Ehoud Goldwasser, retenus en otage par le Hamas et le Hezbollah.
Depuis 630 jours, cest leur liberté qui est perdue.
Guy Sembel
© Guysen International News
Mis en ligne le 16 mars 2008, par M.











