Sous le titre : « Images réalisées et présentées à la cour d'appel de Paris le 27 février », et le sous-titre : "Ce qu'il [sic - lire : qui] s'est réellement passé à Netzarim le 30 septembre 2000", le blog de Charles Enderlin, a mis en ligne, le 29 février, la fameuse vidéo de 15 minutes, que seuls avaient pu voir jusquici quelques "happy fews" et le public qui avait réussi à entrer dans la salle daudience du Palais de Justice, lors de la fameuse audience de février 2008.
Le document est très mauvais, et il est recommandé de visionner lenregistrement de meilleure qualité qui figure sur le site Ma-Tvideo France2.
La durée de cette vidéo est de 15 minutes 16. Décidément, la durée exacte des prises de vues du caméraman palestinien, Talal Abu Rahma, restera toujours compressible ou extensible au gré des témoignages.
Selon la déclaration de Me G.W. Goldnadel, à la sortie de laudience de février, « Abu Rahma a dit quil avait filmé 27 minutes, nous navons vu que 18 minutes. ».
Il faut sy faire, le document rendu public par France 2 ne nous montre que 15 de ces 18 minutes.
De là à penser que France 2 et Enderlin nous cachent quelque chose, il n'y a quun pas que certains ont bien vite franchi, au point de combler ce vide par les supputations les plus aventureuses. Je men tiendrai, pour ma part, aux invraisemblances les plus flagrantes de ce document.
(Le minutage est celui qui est inscrit sur les prises de vues de la vidéo en question. Chacun(e) peut se reporter au passage correspondant sur la vidéo.)
17 min 25
« On entend : "lenfant est mort, lenfant est mort !", ce qui signifie, en arabe parlé, il est en danger de mort. »
Ne riez pas ! Si France 2 le dit, c'est qu'un orientaliste distingué est passé par là pour distiller cette invention qui mériterait au moins une communication à l'académie des Belles-Lettres, ou une conférence à l'Ecole des Langues orientales de Paris. Mais l'"explication sémantique" a ses raisons que la sémantique ne connaît pas encore. En effet, il est impossible à France 2 de nier que ces cris ont été poussés avant la mort de l'enfant : les images, dûment minutées, de la vidéo le prouvent à suffisance. Alors, que voilà une découverte de sens d'une expression de "l'arabe parlé" qui tombe à pic pour sauver la mise à ce média et à son journaliste... ou qui tombe à plat, si les spécialistes de l'arabe parlé, pensé, ou fantasmé, l'infirment.
17 minutes 40
« Une rafale claque, elle touche les deux, le père et lenfant.
17 minutes 56
« On voit limpact des balles sous labdomen de lenfant. Le bras gauche est replié sous son ventre. »
Vous voyez "l'impact des balles", vous ? Moi non. Je dois sans doute consulter mon ophtalmo
« On voit aussi la blessure sur lavant-bras droit du père, avec limpact des balles sur le tee-shirt et dans le mur. »
Mmouais... On peut supposer pieusement que la trace au bas de la manche du T-shirt du père et le trou qu'on aperçoit dans le mur sont le résultat d'une balle. Si c'est bien le cas, elle n'aura traversé que le tissu, sinon, des traces de sang et de projections organiques seraient visibles sur l'image. Mais mes "problèmes ophtalmologiques" m'obligent à la prudence...
18 minutes 09
« Talal Abu Rahma coupe sa caméra : sa batterie est épuisée. Lorsquil peut la remettre en route, le père et lenfant ont déjà été évacués par une ambulance. »

C'était un Pulitzer assuré. Mais que dis-je là ? Comme chacun sait, les journalistes palestiniens ont une haute idée de la déontologie de leur métier, et ils ne feront jamais une telle chose !
Bref, dans cette affaire, il ny a que la foi qui sauve.
Menahem Macina
© upjf.org
Mis en ligne le 14 mars 2008, par M.













