26/02/08
Vous me direz que linitiative est celle dun petit Etat dAmérique Centrale le Costa-Rica - sans influence politique significative au niveau international, et entièrement dépendant des Etats-Unis au plan militaire (2). Je nen suis pas rassuré pour autant.
En effet, dans ce monde où les postures comptent souvent plus que les intentions, le moindre ralliement partisan à la cause palestinienne est une blessure existentielle de plus, infligée à la survie politique, déjà très menacée, de lEtat dIsraël.
Pourtant, le Costa Rica na jamais fait preuve dhostilité envers Israël, et il fut même parmi les pays qui votèrent la Résolution 181 de lONU sur le partage de la Palestine (29 novembre 1947), qui reconnaissait, ipso facto, lexistence de lEtat dIsraël. En outre, depuis, de laveu même du porte-parole du Ministère israélien des Affaires étrangères, les relations damitié entre les deux pays ne se sont jamais démenties.
Mais un signe avant-coureur, largement inaperçu, sétait déjà produit. Après avoir été, lun des rarissimes pays à installer son ambassade à Jérusalem (en 1982), et avoir payé ce 'sacrilège' dune rupture des liens diplomatiques des nations de la Ligue Arabe avec son pays, le Costa Rica avait finalement cédé aux pressions arabes et transféré son ambassade à Tel Aviv, en août 2006 (3).
Il est significatif que son président, Oscar Arias, ait alors déclaré que
« cette initiative était rendue nécessaire afin de mettre ce pays dAmérique Centrale en conformité avec la loi internationale et pour améliorer les relations avec les nations arabes ». [Cest moi qui souligne.]
On ne saurait mieux confesser, en langage diplomatique, la capitulation que représentait cette mesure, et laveu d'impuissance quelle impliquait, face à lénorme influence arabe.
La reconnaissance, par le Costa Rica, dun Etat de Palestine qui nexiste pas encore, si surréaliste quelle puisse apparaître, nest que laboutissement, logique et inéluctable, dun processus - qui semble irréversible, au vu de la conjoncture mondiale -, consistant à isoler totalement Israël sur la scène politique internationale afin de lobliger à en passer par les volontés cyniques des nations regroupées dans "lOrganisation des nations unies sauf une", dont lintérêt est de se concilier les pays arabes - une espèce de remake moderne du pacte d'Omar (4), version "pétrole contre déjudaïsation de la Palestine".
Pour lobservateur juif de lhistoire qui se déroule sous nos yeux, et dans laquelle lhistoire atypique de son peuple est comme enchâssée bon gré, mal gré -, cet événement nest pas minime. Et pour celui qui croit à laccomplissement du dessein de Dieu sur Israël, tel que mystérieusement annoncé dans les Ecritures, ce lâchage apparaît comme annoncé par lexclamation inspirée dAsaf (Psaume 83, 5) :
"Ils disent: « Venez, abolissons lexistence de cette nation,
qu'on n'ait plus souvenir du nom d'Israël ! » "
Et si, comme il y a lieu de le craindre, ce processus parvient à son comble, alors, pourrait bien se réaliser le terrible oracle du prophète Michée (Mi 4, 11-3) :
" Maintenant, des nations nombreuses se sont assemblées contre toi. Elles disent: « Qu'on la profane et que nos yeux se repaissent de Sion! » C'est qu'elles ne connaissent pas les plans de Yahvé et qu'elles n'ont pas compris son dessein : il les a rassemblées comme les gerbes sur l'aire. Debout ! Foule le grain, fille de Sion ! Car je rendrai tes cornes de fer, de bronze tes sabots, et tu broieras des peuples nombreux. Tu voueras à Yahvé leurs rapines, et leurs richesses au Seigneur de toute la terre. "
Menahem Macina
© upjf.org
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(1) "Costa Rica recognizes 'Palestine'". Article aimablement signalé par IMRA, Independent Media Review and Analysis Website (www.imra.org.il).
(2) Le Costa Rica est lun des rares pays démocratiques au monde à avoir supprimé son armée. Les États-Unis ont donné leur parole de le défendre en cas de guerre, car il constitue un enjeu stratégique important pour le contrôle du Canal de Panama. Ce pays pacifique compte quatre millions et demi dhabitants et son niveau de vie général est relativement élevé pour la région. Voir la notice que lui consacre Wikipedia.
(3) "
(4) Voici (sous toutes réserves) le texte du Pacte d'Omar tel qu'il apparaît, d'après le site Shelanoo, dans Ibn Qayyim Al-Jawziyya : "Quand les musulmans ont occupé la Grande Syrie, Omar ibn Al-Khattab a fixé les conditions suivantes à l'attention des chrétiens : Ils ne doivent pas construire de nouveaux monastères, églises ou cellules de moines dans leurs villes et leurs alentours ; Ils ne doivent pas reconstruire ceux qui ont été détruits ; Ils ne doivent repousser aucun musulman qui souhaite passer trois jours dans une église, et ont l'obligation de le nourrir ; Ils ne doivent pas héberger d'espions ; Ils ne doivent pas être secrètement déloyaux envers les musulmans ; Ils ne doivent pas enseigner le Coran à leurs enfants ; Ils ne doivent pas faire preuve de polythéisme en public ; Ils ne doivent pas empêcher les membres de leurs familles [de se convertir] à l'islam s'ils le souhaitent ; Ils doivent faire preuve de déférence face aux musulmans ; Ils doivent céder leurs places assises aux musulmans qui souhaitent s'asseoir ; Ils doivent se différencier des musulmans par leurs tenues vestimentaires ; Ils ne doivent pas porter de noms musulmans ; Ils ne doivent pas conduire sur une selle ; Ils ne doivent pas porter d'épées ; Ils ne doivent pas vendre de vin ; Ils ne doivent pas se couper court la frange ; Ils doivent se revêtir de leur habit [chrétien] où qu'ils se trouvent ; Ils doivent se ceindre la taille d'une écharpe ; Ils ne doivent pas porter de crucifix ou l'un de leurs livres saints sur le chemin des musulmans ; Ils ne doivent pas enterrer leurs morts à proximité des musulmans ; Ils ne peuvent faire sonner leurs cloches que doucement ; Ils ne doivent pas lire à haute voix dans leurs églises en présence de musulmans ; Ils ne doivent pas porter de rameaux [le dimanche des rameaux] ; Ils ne doivent pas lever la voix pendant le deuil ; Ils ne doivent pas porter de bougies pendant leurs funérailles ; Ils ne peuvent pas acheter des esclaves capturés par les musulmans en temps de guerre ; S'ils enfreignent le moindre de ces interdits, ils ne seront plus protégés, et les musulmans pourront disposer d'eux comme ils disposent de ceux qui leur résistent."
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Mis en ligne le 26 février 2008, par M.











