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L’Etat du peuple juif, Mélanie Phillips
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11/01/08


The Jewish Chronicle
  

Original anglais : "The state of the Jewish people".


Traduction française : Menahem Macina

 

Au-delà du grand spectacle de la visite du Président Bush en Israël, il y a un sujet de préoccupation plus important même que ce que l’Amérique peut pousser ce pays à faire, c’est  l'attitude d’Israël lui-même envers son identité et son histoire et, par extension, son droit à exister tout simplement.

Au sein de l'élite intellectuelle israélienne, l'instinct d'autodestruction nationale atteint des niveaux quasi hallucinants.

La récente étude de Tal Nitzan, candidate au doctorat - qui s'étonnait de ce que, contrairement aux autres armées, les soldats israéliens ne violaient pas les femmes Palestiniennes durant leur occupation - affirmait que c’était parce que les militaires de Tsahal considéraient les femmes arabes comme "sub-humaines". Cette œuvre absurde de perversité a été couronnée par un prix décerné par un Comité de Professeurs de l'Université Hébraïque [1].

Il est clair que Tal Nitzan aurait dû interviewer le rédacteur en chef de Haaretz, David Landau, censé avoir déclaré à la Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Condoleeza Rice, lors d'un dîner au mois de septembre 2007, que le gouvernement israélien souhaitait être violé, car c'était un Etat en situation d’échec qui avait besoin d'un règlement imposé par les Etats-Unis.

Des envolées déraisonnables aussi grandguignolesques ne font que rendre plus intense le respect pour le génie stratégique de Yasser Arafat. Celui-ci avait compris qu’autant les Juifs feraient front ensemble face à une attaque conventionnelle, autant ils ne résisteraient pas à la pression psychologique résultant d’une relation falsifiée les présentant comme des colons et faisant d’eux des parias internationaux.

Mais lui-même aurait difficilement pu prévoir à quel point les intellectuels israéliens inverseraient leur propre histoire et goberaient la fiction selon laquelle l'impasse au Moyen-Orient est causée par la division du pays, et que la possession de ce pays par les Juifs est illégitime.

Cette série de contrevérités a maintenant pris corps sous la forme d’une hypothèse axiomatique selon laquelle Jérusalem doit être divisée, comme l'a déclaré le Premier ministre, Ehoud Olmert, au Jerusalem Post, le week-end dernier.

Mais comme l'a si bien exprimé Dore Gold dans son ouvrage, La bataille pour Jérusalem, les Juifs revendiquent, de manière unique et impressionnante, Jérusalem comme centrale pour la nature singulière de l’Etat Juif.

Ce n'est donc pas un hasard si la pression visant à diviser Jérusalem s’exerce à un moment où la judéité de l'Etat d'Israël est ouvertement mise en doute. Olmert affirme que la solution à deux Etats est essentielle pour préserver Israël en tant qu’Etat Juif. Mais les Arabes, en ce qui les concerne, ont à présent exclu catégoriquement [la notion même d’]un Etat juif.

Olmert insiste néanmoins sur le fait que Mahmoud Abbas accepte, "en son for intérieur", l’idée qu'Israël est un état Juif. Olmert a sans doute des pouvoirs psychiques extraordinaires, dont il fait montre alors même que des membres du Fatah, liés à l’appareil de sécurité personnel de  Mahmoud Abbas, assassinent deux Israéliens en randonnée près de Hébron.

L'Occident croit que diviser Jérusalem est la solution la plus équitable. Mais depuis quand voit-on des agresseurs ainsi récompensés aux dépens de leurs victimes, même alors qu'ils poursuivent leur guerre de cent ans, comme le font les Arabes ?

Pourquoi Israël ne met-il pas les points sur les "i" ?  Pourquoi ne rappelle-t-il pas au monde la conclusion du même monde en 1920, selon laquelle les Juifs ont un titre unique à revendiquer toute la terre d'Israël, y compris Jérusalem ? [1] Pourquoi ne rappelle-t-il pas que lorsque la Jordanie occupa illégalement Jérusalem jusqu’en 1967, elle profana les lieux saints juifs, arracha des pierres tombales du Mont des Oliviers pour en faire des latrines ?

Pourquoi ne dit-il pas que la revendication musulmane concernant Jérusalem n'est pas religieuse mais politique, et que, comme l’affirme Gold dans son livre, si la prise de Jérusalem est considérée comme annonciatrice de la chute de tout l'Occident, la division de Jérusalem vaudra au djihad mondial un nombre incalculable de nouvelles recrues ?

Il ne le fait pas pour deux raisons. D'abord, il n'arrive toujours pas à comprendre que la véritable guerre ne se livre pas avec des roquettes et des bombes humaines, mais avec des idées. Ensuite, la majeure partie de la classe intellectuelle en est venue à croire la propagande mensongère des ennemis d’Israël. Dans les écoles israéliennes et sur les campus, règne une large ignorance de l'histoire juive et du lien indéfectible entre la religion, le peuple et la terre, qui constitue l'identité juive.

Quand le Ministre de l'Education publie des livres scolaires pour les enfants arabes israéliens, qui leur enseignent, dans la droite ligne de la propagande arabe que la Guerre d'Indépendance de 1948 fut naqba - une catastrophe -, quelque chose a mal tourné dans les fondements de la confiance en soi israélienne.

La vraie raison pour laquelle Israël ne livre pas la bataille des idées pour défendre l'histoire et l’identité juives, c'est qu’il est en train de les répudier de plus en plus. Aussi, les Arabes n'ont pas grand-chose à faire pour mettre fin à l’existence de l’Etat Juif. Les Juifs eux-mêmes s’en chargeront à leur place.

 

Melanie Phillips *

 

© The Jewish Chronicle

 

* Melanie Phillips est chroniqueuse des faits de société et éditorialiste pour le Daily Mail. On peut lire ses articles sur son site Web : www.melaniephillips.com.

 

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Notes du traducteur

[1] Voir, entre autres ma traduction de l'article de Steven Plaut, "C'est par racisme que les soldats sionistes ne violent PAS les Palestiniennes".

 

[2] Voir le texte (anglais) énumérant les clauses de l'exercice du Mandat britannique sur la Palestine, lors de la Conférence de San Remo : The British Mandate For Palestine San Remo Conference, 24 avril 1920. (Surtout le Préambule (Et les articles 2, 4, 6, et 11).

 

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Mis en ligne le 22 janvier 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

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