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G.W. Bush prêt à risquer la vie de "l’agneau juif", au nom de sa foi mal éclairée, Cal Thomas
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15/01/08

Sur le site de Jewish World Review

Texte original anglais : "Misplaced faith".

 
Traduction française : Menahem Macina

 

Au cours de son récent voyage en Israël, le Président Bush a visité plusieurs lieux qui corroborent sa foi, dont Bethléem et la Mer de Galilée. Ensuite, faisant montre d’une foi plus grande que celle qui consiste à croire que Jésus a pu marcher sur les eaux, il a affirmé que la paix pourrait s’établir entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes voisins. Le premier acte de foi a quelques racines historiques et des témoins ; le second est fondé sur l’imagination.

Depuis 1937, il y a eu 18 tentatives formelles, par voie de commissions, de conférences, de résolutions, de sommets et autres initiatives, pour persuader l’agneau juif de se coucher près du lion arabe [1]. Tout cela a échoué. La récente tentative du Président Bush, comme celles d’autres présidents avant lui, échouera, elle aussi, quel que soit le niveau de rhétorique ou de pression, qui sera mis en oeuvre pour peser sur Israël afin qu’il « en fasse plus ». Comme l’écrit Hillel Halkin dans l’édition de janvier de Commentary,

« Quand après de multiples tentatives, on ne parvient pas à résoudre un problème, il est raisonnable de soupçonner qu’il est insoluble, au moins de la manière qu’on imagine. »

Cette sorte de fausse conception stipule que la partie palestinienne, conjointement aux pays arabes et musulmans, cessera d'essayer de détruire Israël si un nouvel État est créé dans la région. Un tel Etat - renforcé par un "droit de retour" qui submergera Israël d’ennemis du sionisme et confortera ceux qui, persuadés que la fin de l’Etat juif est proche, sont déterminés à le détruire -, mettra un terme à l’existence moderne d’Israël.

Alors que la visite du président était proche, on aurait pu s’attendre à ce que les Palestiniens, s’ils étaient intéressés à la paix, mettraient au moins une sourdine à leurs divagations anti-israéliennes. Mais, selon Palestinian Media Watch, la station de télévision d’obédience gouvernementale a, au contraire,

« intensifié sa rhétorique d’incitation à la destruction d'Israël, et s’est faite l’avocate de la "libération" de Haïfa, Tibériade, Acre et Tel Aviv »,

villes qui ne sont pas concernées par le débat sur l’"occupation", par Israël, du territoire palestinien.

C’est dans ce contexte que le Président Bush a évoqué la nécessité d’un surcroît de concessions israéliennes aux Palestiniens (dont le démantèlement d’habitations situées sur des territoires revendiqués par les Palestiniens), pour parvenir à un accord de paix, assorti d’une promesse d’un contrôle du processus, qui serait garant de tout accord. Les contrôleurs ne se verront pas accorder de pouvoirs contraignants. Le caractère illusoire d’un tel processus de contrôle a été mis en lumière lors des précédents accords, qui exigeaient de la partie palestinienne qu’elle mette un terme à la terreur, qu’elle cesse d’utiliser la télévision pour inciter à la violence contre les juifs, qu’elle réforme les livres scolaires qui enseignent la haine des juifs et des chrétiens, et qu’elle respecte une limitation dans le nombre de policiers palestiniens habilités à porter des armes. Or, le gouvernement palestinien n’a respecté aucune de ces clauses. Mais plutôt que de reconnaître qu’ils sont profondément enfoncés dans ce "grand bourbier" [2], les grands benêts de l’administration Bush invitent à "aller de l’avant".

Aucune déclaration, aucun acte, sermon, ou propos politique crédibles émis par le monde arabo-palestino-musulman, ne laisse le moindre espoir d’une renonciation à leur objectif déclaré de détruire Israël et de "libérer" les territoires arabes.

Des ennemis honnêtes reconnaîtront que la formule inclut les territoires "occupés" à partir de 1948, quand Israël devint un Etat, sur décision des Nations unies.

Au lieu d’un projet crédible pour contrer les djihadistes et les "libérationnistes" déterminés à détruire Israël (et les Etats-Unis), l’administration Bush continue à pratiquer une foi basée sur l’illusion qu’ils se sont créée. Puisque, après toutes les concessions d’Israël, ses ennemis n’ont pas fait un seul pas vers la paix, sur quoi se fonde l’idée que davantage de concessions transformeront une voie à sens unique en une grande artère à deux voies?

Même si un accord est conclu, le mieux qu’on puisse attendre de la partie palestinienne est une accalmie temporaire de la violence, qui sera suivie par l’invention d’un prétexte pour déclencher plus de violences et exiger de nouvelles concessions.

Le Président Bush a réitéré un thème familier en Israël, selon lequel il croit que le don de la paix accordé par Dieu est pour tous et pas seulement pour les Américains. Si c’est le cas, pourquoi ceux qui vivent dans des Etats arabes et musulmans oppresseurs, ne renversent-ils pas leurs dictateurs de dirigeants ? Pourquoi ces gens "non-libres" ne soutiennent-ils pas la cause de la liberté dans les pays où certains se réfugient, au lieu de chercher à les miner et à se séparer de la culture et de la vie nationales ? Leur conception de la liberté est de se libérer de notre liberté et d’imposer la charia à tout le monde.

Au lieu de s’impliquer dans ce manquement à un engagement, auquel (l’Amérique) ne peut apporter de solution, il semble qu’il soit temps de faire machine arrière, de laisser les parties combattre tout leur saoul à ce propos, jusqu’à ce que, comme en Irlande du Nord, elles parviennent à un accord de paix de leur cru, après que les deux camps soient épuisés et dégoûtés de se battre.

Cette dernière campagne de Bush pour la paix ne peut que générer plus de conflit et moins de stabilité pour « l’ami » américain.

 

Cal Thomas


©
Jewish World Review

 

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Notes du traducteur

 

[1] Allusion à Isaïe 11, 6. L’ironie rappelle celle de la blague classique. Une société israélienne avisée a créé un "zoo messianique", pour reconstituer la faune et la flore bibliques. Les touristes se bousculent. Un tableau vivant surtout crée la sensation. On y voit un lion couché aux côtés d’une brebis. Un visiteur stupéfait demande au guide : « Mais comment la brebis peut-elle survivre sans que le lion la dévore ? ». Réponse : « On la remplace chaque jour par une nouvelle ». C’est le lieu également de rappeler la fable de La Fontaine, "Les loups et les brebis", qui narre le pacte cynique et trompeur proposé par les loups au berger et à ses chiens, et aux termes duquel les loups s’engagent à ne plus dévorer les brebis, pourvu que lui et ses chiens cessent de leur faire la guerre. Un jour, au mépris cynique de leur promesse, les loups rompent le pacte : profitant de l’absence du berger, ils massacrent les chiens et dévorent les brebis. On retiendra la dernière phrase (qui s’applique étonnamment au risque que fait courir à « l’agneau juif », dont parle Cal Thomas, le naïf berger américain, en le convaincant de s’allonger aux côtés du "lion arabe") : "Nous pouvons conclure de là qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle. La paix est fort bonne de soi ; j'en conviens; mais de quoi sert-elle avec des ennemis sans foi ?". Voir aussi : " Version israélienne du 'loup et de l’agneau', censés vivre en paix... ".

[2] L’auteur emploie l’expression
"Waist Deep in the Big Muddy", qui est le titre d’une chanson écrite par Pete Seeger, en 1963, durant la Guerre du Vietnam. Elle conte l’histoire des soldats d’un peloton, embourbé, en Louisiane, en 1942, auxquels leur capitaine avait ordonné de continuer à avancer, jusqu’à ce qu’ils s’enfoncent finalement jusqu’au cou. C’était une métaphore de la Guerre du Vietnam, dans sa globalité, et de la manière dont les Etats-Unis continuaient à s’enfoncer de plus en plus profondément dans la guerre et s’y trouvaient finalement entraînés au point que toute retraite leur était presque impossible, ce qui ne les empêcha pas d’ordonner de continuer à aller de l’avant. (D’après l’article "Waist Deep in the Big Muddy", du site Wikipedia.


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Mis en ligne le 15 janvier 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

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