2 janvier 2008
Sur le site Riposte Laïque.
Nous continuons notre série darticles sur la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour lEgalité par létude de quelques « délibérations » pour le moins surprenantes et arbitraires, qui voient du « racisme » partout, et même là où on ne sy attendrait pas.
Prenons comme premier exemple la délibération n°2006-182 du 18 septembre 2006 (http://www.halde.fr/IMG/alexandrie/2340.PDF), qui concerne une offre de location dans « un magazine spécialisé ».
Le requérant est un avocat qui voit son « attention » attirée par la mention : « de préférence pour fonctionnaires titulaires ». Les raisons de cette « préférence » ne sont pas données. Le bailleur est-il lui-même un fonctionnaire qui veut favoriser ses confrères ? A-t-il subi des déboires avec des locataires vacataires ou employés du privé ? Là encore, il semble que la HALDE ne se soit guère souciée dinterroger le présumé coupable pour connaître ses motivations.
La HALDE suppose que cette mention traduit lintention du bailleur de « sassurer de la solvabilité du futur locataire », ce qui paraît tout à fait raisonnable. La HALDE trouve même ce motif parfaitement « légitime », puisquelle reconnaît au bailleur le droit de sassurer des « ressources de son futur locataire » et de la « pérennité de sa situation professionnelle ».
Mais alors, qua-t-elle à lui reprocher ?
Les textes de loi « antiracistes », et en particulier les fameux articles 225-1 et 225-2 qui donnent une liste de critères de « discriminations » ou la « loi Mermaz » sur le logement, ne parlent pas de « statut professionnel ». La HALDE ne peut donc évoquer à la lettre ces lois pour justifier dun « racisme anti-non-fonctionnaire-titulaire ». Elle va alors trouver un prétexte tarabiscoté.
Tout dabord, la HALDE interprète les lois « antiracistes » dans le sens quelles laissent « supposer lexistence dune discrimination directe ou indirecte ». On ne se contente plus de « faits », mais on étend la loi à des « suppositions » et à une indirection qui laissent le champ à des interprétations des plus arbitraires.
Dans le cas qui nous intéresse, la HALDE explique que « le fait de préciser que lannonce sadresse de préférence à des personnes ayant le statut de fonctionnaire titulaire, alors même que laccès à la fonction publique est subordonné à la condition davoir la nationalité française ou dêtre ressortissant dun pays de lUnion européenne ou de lespace économique européen, constitue une mesure apparemment neutre qui a pour effet dexclure lensemble des personnes ne remplissant pas ces conditions. »
Donc pour la HALDE, « il convient de sinterroger sur la légitimité de lobjectif poursuivi (la solvabilité) et sur le caractère approprié et nécessaire des moyens mis en uvre pour y parvenir. »
Evidemment, la Haute Autorité juge avec hauteur et autorité que ce nest pas le cas, « au vu des éléments soumis à son appréciation » : « lexigence relative au statut professionnel du candidat « fonctionnaire titulaire » apparaît disproportionnée par rapport à lobjectif de solvabilité poursuivi ».
On remarque une fois de plus que la HALDE se défausse en utilisant dune manière artificiellement neutre le verbe « apparaît » pour donner un avis tout à fait subjectif et sans fonder cet avis, au lieu de dire « il nous apparaît que », « nous estimons que », etc. En effet, il aurait pu « apparaître » à la HALDE le contraire de ce qui lui « apparaît » en lespèce : il ne paraît pas « disproportionné » de trouver que les « fonctionnaires titulaires » sont plus solvables que des vacataires ou des employés du privé, surtout en période de grande précarité demploi.
Ainsi donc, la HALDE estime iniquement que le fait de mettre une mention « de préférence pour fonctionnaires titulaires » dans une offre de location est « indirectement » discriminatoire, puisque les fonctionnaires titulaires ne peuvent être des étrangers extra-européens. Cest tellement tiré par les cheveux que la HALDE ne se lance pas dans une action en justice contre le bailleur ou le magazine. Elle se contente de rappeler au directeur de la publication de « veiller » à ce que ça ne se reproduise pas.
Là encore, on peut douter de lefficacité dun tel rappel à la loi. Le magazine nécrira plus « de préférence pour fonctionnaires titulaires », et alors ? Les bailleurs recevront un peu plus de candidats, à qui ils demanderont leur statut professionnel, et ils continueront de « préférer » tel ou tel dans leur for intérieur. Ils auront simplement appris à ne pas le dire ou lécrire.
Cette délibération de la HALDE est donc parfaitement contre-productive, comme toutes celles que nous avons déjà étudiées. Mais elle a lavantage de nous montrer lacharnement de cette officine et de ses fonctionnaires titulaires payés par le contribuable français, à inventer du « racisme » même là où il ny en a pas : si vous préférez avoir des locataires « fonctionnaires titulaires », vous nêtes peut-être pas xénophobes, mais vous êtes « indirectement » xénophobes.
Nous entrons donc dans le domaine de larbitraire et du procès dintentions « indirectes », et nous verrons que ces méthodes reviennent dans plusieurs « délibérations » de la HALDE. Curieusement, ce qui « apparaît » à la HALDE est toujours à sens unique, cest-à-dire en faveur des étrangers par rapport aux Français, des musulmans par rapport aux non-musulmans, des « minorités visibles » par rapport aux blancs, etc. A croire, en fin de compte, quil « apparaît » que la HALDE discrimine « indirectement » les Français de souche
© Riposte Laïque
Mis en ligne le 11 janvier 2008, par M.











