3 janvier 2008
The Jerusalem Post
Texte anglais original : "The rape of Israel".
Traduction française : Menahem Macina
Mercredi dernier, Le Jewish Week, de New York, relatait que le directeur du "journal de référence" autoproclamé, en Israël, avait demandé à la Secrétaire dEtat américaine de violer son pays, et lui avait dit que son fantasme érotique était de voir lAmérique violer Israël.
Le 10 septembre, lors dun dîner au domicile de lambassadeur américain Richard Jones, la Secrétaire dEtat, Condoleeza Rice, rencontrait un groupe d"élites" israéliennes. Au nombre des élites figurait le rédacteur en chef de Haaretz, David Landau. Selon le Jewish Week, Landau avait évoqué Israël comme étant un "Etat en faillite politique", qui avait besoin que lui soit imposé un accord américain. Landau était censé avoir supplié Rice dintervenir, affirmant que le gouvernement israélien voulait être « violé », et que voir cet événement se produire provoquerait chez lui (David Landau) une éjaculation nocturne [1].
Interrogé par le journal [Jewish Week], Landau prétendit que ce récit de ses commentaire était inexact, mais confirma ensuite avoir dit qu « Israël voulait être violé » par un accord imposé, et avoir dit à Rice que son « éjaculation nocturne » était de sadresser à elle à ce propos. Il ajouta que plusieurs personnes étaient venues le trouver ensuite et lavaient félicité pour sa remarque, et affirma : « Jai exprimé ce que beaucoup dIsraéliens ressentent ».
En réalité, pratiquement aucun Israélien ne ressent ce que Landau a exprimé. Mais ses vues sont partagées par son journal et par une partie significative des élites qui dominent le pays.
Linfluence de la masse favorable au viol, qui émergea au lendemain de la défaite dIsraël dans la guerre contre le Hezbollah, en 2006, est devenue décisive au cours des quelques derniers mois, à lapproche de la date du rapport final de la Commission denquête Winograd sur la guerre. On prévoit que le rapport, qui doit être rendu public à la fin de ce mois, conclura à la responsabilité de Ehud Olmert dans léchec dIsraël à vaincre la légion étrangère de lIran au Liban.
Pour atténuer la demande publique de sa démission, que ce rapport risque de déclencher, Olmert sest employé sans relâche à courtiser la foule de Landau. A cette fin, il courtise la Syrie, se fait lavocat du retrait israélien de la Judée, de la Samarie et de certaines parties de Jérusalem, et refuse également dagir contre larmée du Hamas à Gaza, entraînée par lIran et qui se renforce.
Ensuite, également, une semaine avant la première visite présidentielle de George W. Bush en Israël, Olmert a accordé une interview au Jerusalem Post, dans laquelle il a fait tout son possible pour prouver que Landau a raison. Oui, son gouvernement souhaite être "violé" par les États-Unis.
Avec des accents qui sonnaient plus comme ceux dun porte-parole palestinien que ceux du dirigeant dIsraël, Olmert a attaqué son propre pays, affirmant que celui-ci ne tient pas ses engagements envers les Palestiniens partisans de la terreur. Selon ses propres termes,
« Il y a une certaine contradiction entre ce que nous voyons réellement et ce que nous avons nous-mêmes promis. Nous nous plaignons toujours des promesses non honorées par lautre partie. Les obligations nincombent pas quaux autres, nous devons aussi les honorer nous-mêmes. »
Olmert a fait valoir quIsraël doit se retirer jusquaux lignes de larmistice de 1949, avec des modifications mineures, non pas parce que cela assurera la paix avec les Palestiniens, mais parce que, si nous ne le faisons pas, nous perdrons notre majorité juive.
Largument du Premier ministre est contestable pour deux raisons majeures. Dabord, les lignes de 1949 ne sont pas des frontières démographiques, mais des lignes de cessez-le-feu. Du côté est de la ligne, vivent un demi-million de Juifs, et du côté ouest, un million dArabes. Deuxièmement, les lignes de cessez-le-feu sont indéfendables. Ainsi, se retirer sur les lignes de 1949 non seulement ne résoudrait aucun problème démographique, mais mettrait Israël en péril, sur le plan militaire.
De plus, il y a le fait que les sombres prévisions démographiques sont fondées sur les résultats dun recensement falsifié, publiés par lAutorité palestinienne en 1997. Comme le Groupe de Recherche Démographique américano-israélien la prouvé de manière convaincante, en janvier 2005, les chiffres de lAP étaient gonflés dans une proportion de quelque 50 pour cent. Bien que la démographie constitue un problème, Israël ne court pas un danger immédiat de perdre sa majorité juive.
Le danger immédiat auquel Israël est confronté provient non de la démographie, mais de lidéologie du djihad, qui a convaincu le monde arabe et islamique de viser à la destruction dIsraël plutôt que de laccepter. Se retrancher sur un territoire exigu dans des frontières indéfendables ne fera quaggraver ce problème en montrant aux djihadistes quIsraël peut être détruit par la violence et la terreur.
Olmert a également argué quIsraël devait renoncer à sa souveraineté sur Jérusalem parce que les partisans dIsraël le veulent. Selon lui,
« Le monde qui est bien disposé à légard dIsraël
qui soutient vraiment Israël, quand il parle de lavenir, parle dIsraël dans les frontières de 1967. Il parle de la division de Jérusalem. »
Cest ainsi que, dans une interview en anglais, une semaine avant la venue de Bush dans le pays, Olmert a formellement demandé à un ami dIsraël à la Maison Blanche de faire pression sur Israël pour quil renonce à ses droits et intérêts nationaux et vitaux.
Dans la même interview accordée au Jerusalem Post, Olmert a admis que son partenaire présumé pour la paix le leader du Fatah et président de lAutorité palestinienne, Mahmoud Abbas ne reconnaît pas le droit dIsraël à exister et exige le soi-disant « droit au retour » pour des millions de descendants des Arabes qui ont quitté Israël en 1948. Mais, a-t-il rassuré, il ny a pas de quoi sinquiéter.
Olmert nest pas inquiet parce quil peut lire dans lâme dAbbas. Il dit, en effet :
« Si vous demandez [à Abbas] de dire quil considère Israël comme un Etat juif, il ne le dira pas. Mais si vous me demandez si, en son for intérieur, il accepte Israël comme Israël se définit lui-même, je pense que cest le cas. »
Pour Olmert, attentif comme il est à sassurer le soutien de la bande favorable au viol national, sa foi dans lâme pacifique dAbbas est plus importante que la réalité visible sur le terrain. Et cette réalité ne se reflète pas vraiment dans le fait que Fatah et Hamas ne peuvent être distingués lun de lautre, sur le plan rhétorique. Cette réalité se reflète aussi dans le fait que les trois Israéliens, assassinés au cours des six dernières semaines Ido Zoldan, David Rubin et Ahikam Amihai , ont été tués par les forces de sécurité officielles de lAutorité palestinienne, qui sont sous le contrôle dAbbas.
Ces trois meurtres terroristes montrent clairement que lAP elle-même, plutôt que le Hamas, est le groupe terroriste le plus meurtrier de la société palestinienne. Et les mêmes organes de sécurité de lAP, qui sont impliqués dans le meurtre dIsraéliens, sont financés et armés par Israël et les Etats-Unis, qui, de plus, les entraînent, conjointement aux Européens et aux Russes.
Plutôt que de protester contre cette sordide réalité, le gouvernement Olmert sen justifie. Jeudi, le porte-parole dOlmert, Mark Regev, a déclaré au Jerusalem Post quIsraël évoquerait devant Bush limplication des forces de sécurité de lAP dans le meurtre dIsraéliens ; mais Regev sest efforcé de minimiser la signification du fait que les forces de sécurité de lAP elles-mêmes sont celles qui assassinent des Israéliens. Il a fait mention des tueurs comme d« éléments malhonnêtes et extrémistes au sein de la machine du Fatah et de lappareil de sécurité palestinien », sefforçant ainsi de les distinguer de leurs dirigeants qui encouragent et louent leur comportement.
Par leurs actes et leurs déclarations, les Palestiniens eux-mêmes montrent chaque jour quil ny a pas de différence entre Abbas et le Premier ministre, Ismaël Haniyeh, ou entre le Fatah, le Hamas et le Jihad Islamique. Aucun deux nest intéressé à une coexistence pacifique avec lEtat juif quoi quils puissent ou ne puissent pas ressentir en leur for intérieur. Il arrivera en Judée, en Samarie et à Jérusalem, ce qui sest produit à Gaza : tout territoire quIsraël transférera à leur autorité sera utilisé comme une base dopérations contre Israël. Toutes les communautés israéliennes abandonnées seront transformées en bases dentraînement terroriste et en rampes de lancement de missiles.
Mais alors, la réalité de guerre n'a pas grand'chose pour retenir l'attention, sous le spectre menaçant du Rapport Winograd. La seule réalité qui intéresse Olmert est celle de son aspiration à rester en poste. Et pour rester en poste, Olmert a besoin de Landau et de ses amis. Et ainsi, la camisole de force stratégique dIsraël devient de jour en jour plus étroite.
Cette semaine, Ali Larijani, lhomme fort iranien, a effectué une visite dEtat officielle en Egypte. Il a rencontré non seulement le Président Hosni Mubarak et le Ministre des affaires étrangères, Ahmad Gheit, mais aussi un dirigeant religieux égyptien, président de la mosquée Al Azhar et de lUniversité Islamique, le Sheikh Muhammad Tantawi. Au cours de sa visite, Larijani a proposé à lEgypte une collaboration nucléaire. Il sest également employé à aplanir les différends religieux entre lislam chiite et sunnite, pour faciliter une collaboration djihadiste contre les ennemis communs de tous les musulmans.
Aussitôt après la visite de Larijani, Mubarak a enfreint la promesse, quil avait faite, une semaine auparavant, à Ehud Barak, de ne pas autoriser les milliers de terroristes du Hamas - qui, de retour dArabie Saoudite, cherchaient à retourner à Gaza - à entrer dans la Bande de Gaza par le passage de Rafah, dépourvu de forces israéliennes de sécurité. Mercredi, les terroristes ont traversé la frontière sans rencontrer dopposition. On rapporte que certains dentre eux transportaient plus de cent millions de dollars en liquide, reçus de lIran et de lArabie Saoudite. Dautres revenaient après avoir subi un entraînement militaire en Iran.
Le gouvernement Olmert na rien trouvé à redire à cette collusion manifeste avec les ennemis dIsraël. Et comment le pourrait-il ? Admettre que lEgypte est un Etat ennemi porterait atteinte au scénario de paix du gang favorable au viol national. Pour eux, lEgypte est le leader du "camp modéré". Plutôt que dadmettre cette réalité, Olmert inonde Mubarak de louanges. Dans son interview au Jerusalem Post, il a dit :
« Quand je pense à ce que pourrait être la situation si nous avions affaire à quelquun dautre que Mubarak, eh bien, je prie chaque jour pour quil aille bien et soit en bonne santé. »
La vérité est que, jusquici, la manuvre dOlmert a été un succès. Toutes les tentatives publiques pour contraindre Olmert à la démission en raison de son échec au Liban et à Gaza, et des soupçons de corruption massive qui pèsent sur lui ont été sabordées. Montant la garde autour de son homme, le camp des partisans du viol national a peu favorisé un relais médiatique des appels populaires à sa démission. Landau et ses amis veulent absolument perdre des guerres et être dirigés par des gens moralement discrédités et incompétents, si cela facilite le viol international de leur pays.
Prenons lexemple de lemployé du Haaretz de Landau, léditorialiste Yoel Marcus. Dans son éditorial du 14 décembre, Marcus appelait à contraindre Olmert à quitter sa fonction. Juste une semaine plus tard, soulignant limportance du processus de paix, Marcus disait quOlmert devait rester au pouvoir après la publication du Rapport Winograd.
Il y a, à Washington, des fonctionnaires qui prétendent que Bush est fâché contre Olmert. Ils disent que Bush sattendait à ce quOlmert tienne tête à Rice quand elle est devenue ouvertement hostile à Israël lors de son retournement, au cours de la conférence dAnnapolis. Ces fonctionnaires affirment que si seulement Olmert tenait tête à Rice, le président aurait enfin loccasion de la marginaliser.
Il est difficile de savoir ce quil faut penser de cette affirmation. Malheureusement, nous ne pourrons vérifier sa valeur de sitôt. Surveillé par le groupe des partisans du viol dIsraël, Olmert a besoin de la pression de Rice. Cest ainsi quil a dit au Jerusalem Post que Bush (et, par extension, Rice) « ne fait pas la moindre chose que je n'approuve pas. Il ne soutient rien de ce à quoi je moppose. »
La première visite présidentielle de Bush en Israël aurait pu être une grande opportunité pour le pays. Mais, dans son interview au Jerusalem Post, une semaine avant la venue de Bush, Olmert a clairement montré que cette visite sera un désastre. Que Bush le veuille ou non, avant la publication du Rapport Winograd, Olmert ne lui laissera pas le choix. Bush sera forcé de violer Israël.
Caroline B. Glick
© Jerusalem Post
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Note du traducteur
[1] Littéralement, "un rêve humide" (wet dream), métaphore dune éjaculation involontaire durant le sommeil.
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Mis en ligne le 4 janvier 2008, par M.











