Texte repris du site LibertyVox.
· Un langage presque guerrier « lIran, la bombe ou le bombardement ».
· Une gêne après la publication du rapport NIE (sous-tendu par moult raisons politiques ou ayant trait à lincapacité des services américains de prévoir le 11 septembre) [*].
· Une réception hallucinante pour le « Guide Suprême » libyen, qui annonce la conquête pacifique de lEurope par lislam.
· Une «rupture» diplomatique avec la Syrie qui sest fichue comme dune guigne des tentatives de rapprochement français visant un règlement de la situation au Liban.
· Annoncer vouloir « être à la tête des pays pouvant aider les pays arabes à accéder au nucléaire civil ».
· Faire état des « amis israéliens ».
Tout cela donne le tournis, tant le produit de convolution de toutes ces attitudes (postures ?) semble déboussoler des cercles plus larges que les journalistes, qui préfèrent soccuper dune escapade galante plutôt que de déchiffrer les lignes de force de la nouvelle politique arabo-musulmane de la France. Et dans tout cela, un point de focalisation : Israël.
Mais que veut la France, dIsraël ? Un seul mot résume tout : apaisement. Rendre des territoires (pour un « Etat palestinien assuré de contiguïté », soit Gaza réunie à la Cisjordanie, ce qui na jamais été fait
) et accepter « daider » Mahmoud Abbas et les Palestiniens. «Faire des gestes », dit le Président, au Caire. En espérant quainsi lIran, peut-être, se montrera plus urbain et acceptera lexistence dIsraël (ou que ses supplétifs, le Hezbollah et le Hamas, le feront).
La dernière période durant laquelle la France prôna lapaisement fut celle de la Guerre froide. Il faudrait peut-être constater que toutes ses ouvertures de "paix" vers l'Union Soviétique semblent aujourdhui risibles. Quand le système communiste s'effondra, ce fut par implosion. L'apaisement et la realpolitik de nos gouvernants ne firent que retarder leffondrement.

La realpolitik de la France la pousse à tenter de rallier à sa position tous ceux qui, en Europe, penchent depuis longtemps du côté des Palestiniens, des pays arabes et, tout dernièrement, du côté de lIran. Avec José Luis Zapatero qui, lannée dernière, sest fait photographier avec un keffieh palestinien, avec un autre ami dIsraël, Romano Prodi, grand précurseur dEurabia, dès quil fut Président de la Commission Européenne. Les voilà tous les trois, à Rome, annonçant leur volonté de réaliser lunion euro-méditerranéenne qui, si elle voit le jour, ne comprendra pas Israël car aucun pays arabe riverain nen veut. Tout cela, soi-disant, pour que lon fasse la paix.
Mais comment peut-on faire la paix avec des gens qui veulent vous tuer ? Réponse : on ne peut pas. Et tant pis si lEurope et le reste du monde font semblant de ne pas comprendre les objectifs de lIran, du Hezbollah et du Hamas, qui se résument à vouloir la destruction dIsraël. On ne peut quêtre époustouflé soit par la crédulité de nos gouvernants, soit par leur totale inconscience : il sagit de lexistence dun Etat. La France, pays des droits de lhomme ? Comment peut-elle ne pas voir que ce quelle tente de faire conduirait à la disparition dIsraël ? La peur de perdre certaines de ses positions économiques dans le monde arabe ou le souhait (depuis De Gaulle) de sassocier au monde arabo-musulman pour faire pièce à lempire américain, valent-ils le prix de la disparition dIsraël ? Et si la réponse, motivée par ses intérêts géopolitiques, est positive, comment peut-elle croire quIsraël se laissera faire ?
Israël, depuis quelque temps se trouve devant trois faux postulats :
(1) la paix est essentielle à sa survie ;
(2) tout doit être fait pour lobtenir sans tenir compte de ce que lautre partie au conflit fait ou fera ;
(3) lautre partie, de guerre lasse, voudra faire la paix.
Ces trois postulats, faux en totalité, sous-tendent les positions prises par la France (et, à son instar, par dautres pays en Europe). Et surtout leurs conclusions : « la paix contre les territoires » et «la fin du conflit israélo-arabe permettra la paix au Proche-Orient, et partant, dans le monde ».
Pourtant, la France devrait avoir comme principale préoccupation (car pays le plus musulman au Nord de la Méditerranée), lislamisation de lEurope.
« Un philosophe syrien a écrit dans un article, il ny a pas bien longtemps, que la seule question concernant lavenir de l'Europe est : "sera-t-elle une Europe islamisée, ou sagira-t-il dun islam européanisé ?" Et je suis enclin à être d'accord avec lui à ce sujet », dit Bernard Lewis (sommité mondiale reconnue pour ses études de lIslam).
Sa justification : « Les Européens ont perdu le sens de la fidélité à leurs valeurs et leur confiance en soi», en ajoutant « Ils n'ont aucun respect pour leur propre culture et ils se sont confinés à propos de tout ce qui concerne l'islam, dans une attitude davilissement, de politiquement correct et de multiculturalisme ».
Ceux qui ont appelé lEurope "Eurabia" (Bat Ye'or), avec un sens prémonitoire remarquable, avaient tout de même prévenu leurs compatriotes. En vain. Les statisticiens allemands indiquent que leur pays sera à majorité musulmane en 2046. Linterdiction, en France, de savoir qui est qui ne permet pas dannoncer officiellement que la même chose y arrivera entre 2030 et 2040. Et quand on se targue du nombre denfants nés en 2006, on ne dit pas que 20 % dentre eux proviennent de limmigration maghrébine ou noire : moins de 10 % de la population contribuent pour 20 % au taux des naissances
Il ne faut pas être grand mathématicien pour comprendre que la France naura plus les «Gaulois» comme ancêtres.
Bombe pour lIran, lEurope pour les musulmans. Et que pense la France quIsraël devrait faire, quand une menace existentielle pèse sur elle ? Il y a quelques mois, un journaliste israélien écrivait :
«LIran et sa volonté dacquérir des moyens militaires nucléaires ne constituent pas uniquement une préoccupation israélienne. La question est de savoir si, en ce moment, le monde occidental fera quelque chose pour se défendre. La réponse, à lévidence, est négative. Dès lors, une question plus pertinente serait "dans quel cas le monde occidental agira-t-il ?". Malheureusement, on peut douter que même une frappe nucléaire iranienne sur Israël soit suffisante. L'Iran devrait frapper l'Europe ou l'Amérique avant que l'une ou l'autre fassent quoi que ce soit. Mais si cétait le cas, cela se produirait seulement après que l'Iran aurait attaqué Israël. La conclusion est évidente : Israël doit-il attendre dêtre attaqué pour réagir ? » (S. Singer Jerusalem Post).
Dès lors, il serait intéressant de faire le point sur les attitudes des grandes puissances face aux menaces existentielles qui pèsent sur Israël. Naturellement, et bien que lhistoire ne se répète pas, il est instructif de voir ce qui sest passé depuis la création de lEtat dIsraël.
Les Etats-Unis, alliés fidèles et irremplaçables, nont jamais mis en cause leur propre sécurité pour défendre Israël. Certes, depuis les menaces iraniennes, lAdministration Bush a promis quelle défendra Israël en cas dattaque nucléaire de lIran. Sans préciser si cela interviendra avant ou après la frappe ce qui, on le reconnaîtra facilement, ne constitue pas une vraie garantie de survie pour Israël. Mais, soit, il y a une garantie. Lhistoire, malheureusement, nest pas là pour prouver la solidité de cette garantie. Cinq exemples édifiants :
1) En 56 (Suez, aventure franco-anglo-israélienne), Eisenhower nhésita pas à menacer les trois protagonistes des foudres nucléaires (comme Khrouchtchev et Boulganine) pour arrêter la campagne et imposer à Israël de rendre le Sinaï (une première fois...), car il ne voulait pas que le barrage d'Assouan soit construit par les Soviétiques.
2) En 1967, (cela commença par la fermeture du Détroit du Tiran), on se focalisa sur De Gaulle qui disait qu'il « n'était pas aux affaires quand la France avait garanti à Israël, après 1956, la libre circulation dans le Détroit », et on oublia que Johnson avait dit qu'il « ne trouvait pas la lettre de garantie signée par Eisenhower pour arrêter la guerre de 56 »... heureusement la guerre ne dura que six jours, temps trop court pour imposer quoi que ce soit à Israël.
3) En 1973, quand Israël passa sur l'autre rive du Canal de Suez, sur le front égyptien, et se trouva à 25 km de Damas sur son front nord, Nixon (Kissinger, en réalité) lui imposa l'arrêt des combats car il voulait prendre la place des Russes en Egypte, ce qui fut obtenu avec laide dAnwar El Sadat.
4) En 1991, guerre contre lIrak. A la fin, on tordit les poignets d'Israël pour une "conférence de Madrid" (qui conduisit à Oslo et ensuite à plus de morts israéliens, dans des attentats palestiniens, que pendant les quarante années précédentes), car Bush (père) avait promis aux pays arabes coalisés de promouvoir la cause palestinienne.
5) En 2003, pour les mêmes raisons (cette fois-ci, neutralité des pays arabes "modérés"), on imposa à Israël (Bush fils) la "feuille de route", sous le régime de laquelle on vit encore, avec les résultats que l'on connaît.
Bref, garantie nucléaire américaine ? Peut-être, mais il serait difficile de proposer à Israël de sy soumettre.
La Russie, adversaire résolu dIsraël depuis sa création (pourtant votée par lURSS) jusquà Boris Eltsine, semblait avoir changé dattitude, aussi sans doute parce que plus dun million de Russes dorigine ont émigré en Israël. Pourtant, depuis laccession au pouvoir de Vladimir Poutine et, surtout depuis que ses intérêts géopolitiques lont rapprochée de la Chine et de lIran (pour des raisons très différentes), la Russie a de nouveau changé de politique. Retrouvant son statut de grande puissance, contrôlant (pour lessentiel) lapprovisionnement en gaz de lEurope, voulant éviter par tous les moyens lextension du "croissant chiite" vers les anciennes républiques dAsie Centrale, ou dans les pays du Caucase, la Russie ne peut pas accepter dêtre absente du Proche-Orient, en dehors du Quartette et de lONU. La Russie ne lèvera pas non plus le petit doigt pour défendre Israël. Plusieurs fois, il y a peu, elle a clairement montré, de quel côté elle se situait.
1) En 2005 elle fournit à la Syrie des systèmes darmes (missiles anti-aériens, contrôle par radars sophistiqués, etc.) qui, de défensives, peuvent facilement être transformées en offensives, ou transférées à des organisations terroristes comme le Hezbollah ; les protestations israéliennes ou américaines furent rejetées dun revers de main.
2) Au cours de la dernière guerre au Liban, Israël perdit la moitié dune brigade de chars dassaut (pourtant considérés, sinon comme les meilleurs, du moins comme faisant partie des meilleurs au monde), qui furent attaqués par des RPG russes dun modèle inconnu dIsraël (leur capacité de pénétration - 40 cm dacier - dépassait la protection des chars Merkava (blindage de 30 cm dépaisseur) ; preuves à lappui, Israël protesta ; la Russie rejeta laccusation, mais, quelque temps après, un haut responsable de lexportation darmements fut limogé, car les RPG en question avaient été fournies à lIran ( !?).
3) Toujours pendant la guerre du Liban, des stations russes découte, installées sur le sol syrien, obtinrent des informations essentielles sur les communications israéliennes et les mouvements de troupes, qui furent transmises au Hezbollah.
4) Sans tenir compte des avertissements américains, la Russie vient de fournir à lIran le combustible nucléaire qui permettra que le réacteur de Bousher devienne opérationnel et, partant, constitue un objectif militaire, qui sera inattaquable, en raison des conséquences collatérales possibles.
5) Annonçant son retour en Méditerranée, la Russie a entrepris de reconstituer les capacités militaires du port de Lattaquié, où la Syrie lui a consenti des facilités pour établir une base militaire, à quelques encablures des côtes israéliennes.
La Russie (comme la Chine, dailleurs) ne fera rien pour assurer lexistence dIsraël, comme, par exemple, mettre un terme aux activités militaires de lIran. Ni lune ni lautre ne lont fait pour arrêter les activités nucléaires nord-coréennes.
LEurope na jamais su comment se situer par rapport à la naissance et au développement fulgurant dIsraël, dont le PNB de plus de 170 milliards de $ dépasse celui de tous ses voisins réunis, alors quil na ni pétrole ni gaz à vendre. Elle na jamais pu y parvenir, en raison de sa vulgate dominante, selon laquelle le sens de lhistoire est celui des pauvres, à quoi il faut ajouter sa propension à lapaisement et à larrondissement des angles entre Israël et les pays arabes.
Parmi les pays du nord, la Norvège a oublié son interdiction, pendant et après la [Seconde] guerre [mondiale], de toute immigration de juifs, mais elle sest découvert un penchant pro-palestinien - pour des raisons «morales», sans doute -, devenant un grand adversaire dIsraël : boycott de ses produits, ou des contacts avec ce pays, sous la houlette de syndicats "socialistes" qui se trouvent mieux avec les barbus du Hamas à Gaza, quavec les syndicalistes (eux aussi socialistes) dIsraël.
La Grèce, lItalie (sauf pendant les gouvernements Berlusconi), lEspagne, pro-arabes, de par proximité géographique et leurs intérêts économiques, ne ratent pas une occasion de vilipender Israël. Le ministre des affaires étrangères dEspagne, premier à avoir rompu lisolement de la Syrie en allant rencontrer el-Assad le jeune, a présidé à, ou pris linitiative de presque toutes les compromissions avec Yasser Arafat, tandis que Javier Solana traitait Ariel Sharon de fou, tout en allant prendre les conseils dun autre guide, Cheikh Yassine.
Et [sagissant des trois grandes puissances (Allemagne, France, Grande Bretagne), lAllemagne sinterdit, par principe, dêtre contre Israël mais, elle emboîte toujours le pas à ses partenaires européens. La France, toute à sa "politique arabe" na jamais fait quoi que ce soit pour aider Israël, au contraire. La Grande-Bretagne, dont les leaders "socialistes" de lépoque nont fait que compliquer la création de son Etat, a semblé se rapprocher dIsraël récemment, car Tony Blair a compris, avant les autres dirigeants européens et contrairement à eux, que ce qui se passe autour dIsraël constitue les prolégomènes de ce qui risque de se passer en Europe.
Bref, ni la France ni lEurope ne feront jamais rien pour assurer lexistence dIsraël. Et plus le temps passera et plus elles seront devenues "terre dislam", plus elles se détacheront des valeurs communes, dites judéo-chrétiennes, valeurs pour lesquelles Israël est une référence. Cest le drame auquel on assiste : si un jour lEurope a une politique étrangère commune, cette politique ne pourra être quanti-israélienne. Et si elle ne fait rien pour arrêter les projets nucléaires de lIran, elle ne pourra se dédouaner de les avoir laissé tenter une réitération de la "solution finale".
Que faire alors ?
La froide logique de la tragédie annoncée offre, en réalité, une sombre alternative à Israël : celle de Massada, ou celle de Samson. Il est fort peu probable que, dans ce pays libre et démocratique, ses six millions dêtres vivants, qui ont remplacé les six millions détruits par la barbarie nazie, envisageraient un nouveau Massada. Et pour le deuxième terme de lalternative, il sagit de ne pas sendormir
au moins jusquen 2009, année la plus probable de laccession de lIran à larme nucléaire.
© Martin Birbaum, pour LibertyVox

Israël, un îlot non musulman : intolérable pour monde arabe !

La superficie d'Israël équivaut à celle de la Picardie. Et Israël serait "LE" problème du monde ?...
[*] Sur ce texte du NIE, voir l'article de D. Pipes, "Ce fameux rapport favorise la guerre contre lIran".
Mis en ligne le 3 janvier 2008, par M.











