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Le 29 novembre doit-il être un jour de fête ? Caroline B. Glick
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26/11/07

The Jerusalem Post.   


Traduction française : A. Soued, corrigée et entièrement revue par M. Macina.

 

Il y a un brin de poésie perverse dans le fait que la conférence d’Annapolis a [eu] lieu la même semaine que le 60ème anniversaire de la résolution de l’Assemblée Générale des Nations unies, qui recommandait que le Mandat britannique sur la Palestine soit scindé en un Etat juif et un Etat arabe.

Cette coïncidence d’événements ne fait qu’illustrer combien peu de choses ont changé au cours des soixante années écoulées.

Tant la résolution de l’ONU de 1947, que la conférence d’Annapolis se consacrent à amener le peuple juif à faire des compromis concernant ses droits, dans le but de se concilier ses voisins, qui, 60 ans après, persistent toujours à refuser au peuple juif le droit à la souveraineté sur sa terre. Et ces deux Assemblées sont présentées comme des performances diplomatiques par le gouvernement israélien. 

Soutenu par les médias de la gauche israélienne, le gouvernement Olmert a présenté comme une percée majeure la décision des Etats arabes et musulmans, comme l’Arabie saoudite, la Syrie, le Pakistan et l’Indonésie - qui n’acceptent pas le droit d’Israël à l’existence – de participer à la conférence d’Annapolis. Mais c’est une absurdité. Les représentants de ces Etats utilisent cette occasion fournie par l’Amérique pour condamner Israël, exactement comme ils utilisent toute autre scène internationale à cet effet.

De même, soutenu par les médias de la gauche israélienne, le gouvernement Olmert célèbre la résolution de 1947 de l’ONU, comme si elle était le fondement de la légitimité internationale d’Israël. Non seulement c’est inexact, mais à la longue, la perception qu’Israël doit sa légitimité à cette résolution de l’ONU a un effet néfaste  sur la capacité d’Israël à mener une politique étrangère qui fasse progresser ses intérêts nationaux. Le résultat est clairement visible dans la manière dont Olmert gère la politique étrangère du gouvernement.

Le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté la résolution 181. En tant que résolution de l’Assemblée Générale, la 181 n’a pas force de loi internationale. Le fondement légal international de l’Etat juif reste donc le Mandat sur la Palestine de 1922 de la Société des Nations, qui a chargé le gouvernement britannique d’administrer un territoire désigné comme le futur Etat juif.

De fait, tout ce qu’a fait la résolution 181 a été de chercher à légitimer des décisions illégales que n’a cessé de prendre la Grande-Bretagne jusqu’au terme de son mandat. Comme le Mandat de la Ligue des Nations le stipulait clairement, la Grande Bretagne était censée gérer le territoire de la Palestine mandataire et favoriser l’établissement d’un Etat juif qui remplacerait, en fin de compte, le Mandat britannique. Pourtant, pratiquement depuis le début, les Britanniques firent exactement le contraire. Ils fondèrent le royaume hachémite de Transjordanie sur la plus grande partie du territoire qui était destiné à l’Etat juif. De plus, ils prirent toutes les mesures possibles pour empêcher les Juifs d’établir un Etat sur le reste du territoire. Ils bloquèrent l’immigration juive, et limitèrent les droits des Juifs à acheter la terre et à s’y installer, à une minuscule portion de territoire, qu’ils croyaient trop petite pour leur permettre d’y créer un Etat souverain.

C’est parce que les Britanniques ne parvinrent pas à détruire le sionisme et à empêcher la population de fonder leur Etat que le plan onusien de partition vit le jour. C'est-à-dire que, loin de fonder un Etat juif, la résolution 181 ne faisait qu’accepter une entité nationale déjà existante. Malgré tous les efforts de la Grande-Bretagne, les Juifs avaient déjà fondé leur Etat en 1947. Il aurait existé même si la résolution n’avait pas été adoptée.

 

Malheureusement, plutôt que de reconnaître le fondement légal réel de la création de son Etat et, de ce fait, ses droits sur la Judée, la Samarie et Jérusalem, Israël agit comme si ses frontières légales étaient déterminées par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Sa gratitude mal placée envers l’ONU a entraîné les gouvernements israéliens successifs à ignorer et à minimiser le mauvais traitement d’Israël par l’ONU.

Pendant les quarante dernières années, loin de correspondre à la haute idée qu'Israël s’en faisait, l’ONU a été le principal moteur d'une campagne qui déniait à Israël le droit d'exister. L’ONU a relégué la population d’Israël au statut de citoyens de seconde zone, victimes d’une discrimination systématique dans tous les rouages de l’ONU. Le traitement injuste de l’ONU lui fait violer sa propre Charte, qui stipule que tout Etat doit être traité à égalité avec les autres. Et de fait, l’organisation s'est corrompue de manière irréparable.

Reportons-nous à 1975. L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Chaim Herzog, avait fait face à l’Assemblée Générale et déchiré la résolution antisémite de cette organisation, qui définissait le sionisme comme une forme de racisme. Mais, au cours des quinze dernières années, la capacité d’Israël à s'opposer à la discrimination de l’ONU s’est affaiblie. Sous le gouvernement Olmert, cette érosion de la capacité d’Israël à reconnaître l’agressivité de l’ONU pour ce qu’elle est, a atteint des sommets. Loin de se tenir à l’écart de l’ONU, le Premier Ministre, Ehud Olmert, et sa ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, se sont jetés dans les bras de cette organisation hostile, et lui ont donné plein pouvoir de déterminer leur politique étrangère, notamment au niveau des trois menaces les plus importantes pour la sécurité nationale d’Israël: le programme d’armes nucléaires de l’Iran, la puissance du Hezbollah au Liban, et le terrorisme palestinien ainsi que la guerre politique qu’il mène contre l’Etat juif.


Depuis que le programme nucléaire de l’Iran a été mis au jour pour la première fois, en 2002, Israël a soutenu les efforts des Etats-Unis pour gérer cette menace par le biais du Conseil de Sécurité de l’ONU. Suite au soutien apporté à l’Iran par les Chinois et les Russes, cette politique n’a jamais eu de logique. Et pourtant, alors que l’Iran est parvenu plus près que jamais de l’accession à la capacité nucléaire, Israël a subordonné ses efforts, durant cinq ans, à une organisation institutionnellement incapable d'empêcher l’Iran d’avoir la bombe.

Durant la guerre contre le Hezbollah, en 2006, le Conseil de Sécurité de l'ONU a mené la charge en condamnant Israël. Pourtant, plutôt que de marginaliser cette organisation hostile, le gouvernement Olmert a choisi de lui donner encore plus de pouvoir. Le Conseil de Sécurité, qui tenait quotidiennement des sessions spéciales pour condamner Israël et l’accusait de crimes de guerre, a été autorisé à dicter les clauses du cessez-le-feu. Et Israël a accepté la résolution qui permettait au Hezbollah de se réarmer et d’affirmer son contrôle non seulement sur le sud-Liban, mais au nord du fleuve Litani.

Israël a également poussé avec enthousiasme à l’extension de la force de la FINUL au sud-Liban, sous le contrôle de laquelle le Hezbollah a été autorisé à se réarmer, tandis qu’Israël était empêché de mener des actions militaires pour neutraliser la menace croissante contre son territoire.

 

Et enfin il y a les Palestiniens. Le jour où Israël fête le 60ème anniversaire de la résolution 181, l’ONU porte le deuil, au cours d’une journée officielle de solidarité avec le peuple palestinien. En effet, l’ONU marque cet anniversaire en adoptant une dizaine de résolutions condamnant Israël – la plupart rédigées par les mêmes pays qui ont envoyé des représentants à Annapolis.


L’attitude envers les Palestiniens a été la même que celle à l’égard de l’Iran et du Hezbollah : le gouvernement Olmert a répondu à la radicalisation croissante de la société palestinienne en étendant l’autorité de l’ONU sur le conflit. Et cette attitude n’est nulle part plus visible que dans la promotion de l’UNWRA (Agence de l’ONU pour les Réfugiés Palestiniens) par le gouvernement israélien.
Après que le Hamas eut remporté les élections palestiniennes, en janvier 2006, Israël appela la communauté internationale à augmenter son soutien financier à l’UNWRA. Cet organisme, qui gère les camps de réfugiés palestiniens, a permis que ceux-ci soient utilisés comme bases terroristes. Le seul objectif de l’UNWRA est de perpétuer l’infortune des soi-disant réfugiés palestiniens et de leurs descendants, en les empêchant de se réinstaller de façon permanente dans les pays où ils ont vécu durant quatre générations. Et pourtant, le gouvernement est devenu l’un des avocats les plus fervents de ces agences de l’UNWRA.


Le gouvernement Olmert dénigre ses critiques, qui font remarquer que la conférence d’Annapolis est nuisible pour la sécurité nationale d’Israël, et les taxe d’opposants à la paix. Dans la même veine, il attaque les partisans d’Israël qui critiquent l’ONU pour sa ligne de conduite anti-israélienne. Le 18 novembre, des experts en droit international, des juristes américains et des diplomates israéliens à la retraite se sont réunis à New York pour une conférence intitulée: "Détournement des droits de l’homme: la diabolisation d’Israël par les Nations Unies", parrainée par le Touro College, le Hudson Institute (l’un des plus anciens et plus prestigieux centres de réflexion stratégique aux Etats-Unis), et l’Association Américaine des Avocats et Juristes Juifs. Le seul défenseur de l’ONU à ce conclave a été l’ambassadeur adjoint d'Israël à l’ONU, Daniel Carmon.

Carmon a banalisé l’effet du traitement discriminatoire d’Israël par l’ONU, en le déclarant seulement déplaisant, et soutenu l’utilité de l’ONU concernant l’Iran, les Palestiniens et le Hezbollah, état dans l'état au Liban. Il a réprimandé les Israéliens qui s'attaquaient  à l’ONU et fait tout son possible pour démoraliser l’auditoire.

Comme l’a dit à la revue Jewish Week Esther Kandel, une militante juive qui a participé à un groupe qui fait pression auprès du Congrès Américain pour la suppression du financement de l’UNWRA, en raison de son soutien au terrorisme,

« Alors que nous travaillons à informer les membres du Congrès de la fraude et de la duplicité de l’UNWRA, il n’est pas utile d’avoir un représentant d’Israël qui dise que l’UNWRA est une bonne chose. Je me sens minée et sabotée par le gouvernement d’Israël sur ce point".


Le problème auquel les partisans d’Israël sont confrontés quand ils s'opposent au gouvernement Olmert est le même que celui auquel se heurtent les Israéliens qui comprennent combien la politique étrangère du gouvernement est dangereuse et autodestructrice. Dans les deux cas, ceux qui décident de tout sont les "officiels" aveuglés qui croient avoir accompli quelque chose quand des Etats arabes et islamiques acceptent de siéger à la même table qu'eux (sans leur serrer la main) et condamnent l’Etat juif en leur présence, et ce sont les mêmes "officiels" qui considèrent l’échec de l’adoption d’une résolution insignifiante de l'Onu comme un grand succès diplomatique.


Tant qu’Israël n’aura pas des dirigeants qui mènent une politique étrangère basée sur la reconnaissance de la réalité et la célébration des réalisations du Peuple juif, pour bâtir un Etat sûr, les partisans d’Israël continueront d’être déconcertés par ce gouvernement israélien, et le peuple israélien continuera à être attaqué et humilié.

 

Caroline B. Glick *

 

© The Jerusalem Post

 

 

* C.B. Glick est collaboratrice du Middle East Fellow au "Center for Security Policy" à Washington, rédactrice en chef adjointe du Jerusalem Post.

 

 

[Traduction d'A. Soued aimablement transmise par G. Branstatter.]

 

 

Mis en ligne le 5 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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