
Samedi, à Senlis, une foule nombreuse est venue apporter son soutien
à la famille de la jeune fille assassinée dans le RER (Photo et légende parues dans Le Figaro).
Dans un précédent billet dhumeur (1), je déplorais la quasi-inexistence dune couverture de presse, digne de ce nom, de lassassinat dune toute jeune femme, dont on ne connaissait jusquici que le prénom : Anne-Lorraine. Toutefois, ce nest ni de son identité, ni de son milieu social et religieux que je veux parler ici, aujourdhui, mais du scandale que constitue labsence de la presse audiovisuelle, en général et, celle de la chaîne de télévision nationale, en particulier, à ses funérailles.
Signe qui ne trompe pas : labsence de photos de presse. Celles qui figurent dans le présent texte sont empruntées, lune à un blogue, lautre au site du Figaro, et il est patent que ni lune ni lautre ne portent la mention de copyright dune agence, ou dun photographe de presse.
Le croiriez-vous ? Depuis que jai dénoncé le silence de la presse écrite et la "discrétion" extrême de la réaction du plus haut échelon de lEtat français, jespérais naïf que je suis ! quau moins les funérailles de cette véritable victime attireraient lune ou lautre caméra dune, voire de plusieurs chaînes de télévision, ou, à la rigueur, l'oeil de l'objectif d'un photographe de presse. Eh bien, je vous assure quavec des dizaines, voire des centaines de milliers de téléspectateurs francophones, je nai rien vu, rien entendu qui ressemblât à un minimum dintérêt médiatique pour le drame de cette jeune fille et celui de sa famille.
Certes, après que le président de la République ait reçu la famille de la victime, le gouvernement a envoyé en délégation, sa ministre du Logement, Christine Boutin, et le ministre du Budget et ancien député de l'Oise, Eric Woerth (2) - la première, peut-être parce que sa militance catholique - affirmée de manière ostentatoire, voire, parfois, caricaturale -, faisait bien dans le tableau de ces funérailles religieuses ; le second, sans aucun doute, parce quil est député de lOise, département de résidence de la victime et de sa famille. Mais était-ce suffisant ? La présence du Premier ministre, ou de la ministre de lIntérieur, accourus, en hâte, la semaine précédente, à Villiers-le-Bel (même si ce fut pour fustiger les désordres), eût sans doute valu à lultime hommage rendu à lassassinée du RER D, les honneurs de quelques prises de vues, voire (mais cétait apparemment trop demander) leur diffusion dans lun des journaux télévisés.
Mais rien de tout cela na eu lieu, et la couverture audiovisuelle des funérailles dAnne-Lorraine Schmitt aura été inexistante.
- Pourtant, la cérémonie na pas eu lieu à la sauvette, mais dans la cathédrale - de style gothique - de Senlis.
- Pourtant, quelque deux mille personnes étaient présentes dont un millier qui navaient pu trouver place à lintérieur de lédifice et sont restées debout dehors, malgré le froid (3).
- Pourtant, il y avait du beau monde à lintérieur, et même des militaires il faut dire que le père dAnne Lorraine est le Colonel Schmitt, collaborateur du Général Dary, Gouverneur Militaire de Paris (4).

Anne-Lorraine, lâchement et brutalement assassinée
par un dévoyé sexuel. Paix à son âme...
Il faudra bien que sélève, un jour, une voix plus forte et surtout plus connue que la mienne, pour flétrir le silence de cette presse, soucieuse dapparaître comme "politiquement correcte".
- Au point de monter en épingle, comme sil sagissait dun meurtre commis par des policiers, de surcroît ! , le décès de deux "jeunes des banlieues", impliqués dans un accident de la circulation, où il semble que leur responsabilité était engagée.
- Au point daller à la chasse aux interviews dindividus surexcités et débitant des accusations indignes dêtre livrées au grand public.
- Au point de diffuser, ad nauseam, sur les chaînes de télévision, en général, et sur les nationales, France 2 et France 3, en particulier - et ce à des heures de grande écoute -, des reportages sur des manifestations, dabord vociférantes, puis, silencieuses, mais ostensiblement accusatrices, comme sil sagissait dun deuil national et dune protestation désespérée contre une immense injustice.
- Au point, surtout, de priver arbitrairement la population française dimages de la cérémonie religieuse dadieu à lassassinée, ne serait-ce que pour contrebalancer l"hommage" sans doute involontaire mais qui est apparu comme dévastateur à beaucoup, en raison de labondance et de la longueur des reportages qui leur furent consacrés -, rendu à des victimes qu'il faut, certes, déplorer - dun accident de la circulation comme il sen produit, hélas, des milliers par an, même sils nimpliquent pas tous des véhicules de police.
Il faudra tout faire pour ériger cette injustice en paradigme de la lâcheté générale des élites et de la presse de ce pays, qui caressent, dans le sens du poil, des jeunes dévoyés, féroces et sans scrupules, qui ne sont pas du tout représentatifs ni de la population des banlieues, ni même de la jeunesse dorigine immigrée qui y vit.
Il faut dénoncer la démagogie débridée, dont regorgent pléthore darticles et de reportages, écrits et audiovisuels, où sont décrits, avec des accents patelins et outrageusement scandalisés, ces pauvres "jeunes des banlieues", qui - à linstar des « malheureux Palestiniens, désarmés face à une armée israélienne nazie qui tire pour tuer des enfants » (cf. affaire al-Dura) -, sont victimes, dans « la France des Droits de lHomme », de « discrimination systématique », de « ghettoïsation concertée », d« apartheid social », et surtout, « exposés sans défense aux brutalités et exactions inqualifiables » dune police et dune gendarmerie qui « se conduisent comme des SS ».
Il faut également battre en brèche les calomnies, selon lesquelles les pouvoirs publics « nont rien fait » pour remédier aux conditions difficiles dexistence des habitants des banlieues, en général, et de celles, « plus misérables encore », des « jeunes issus de limmigration », alors que pas un mot nest dit des milliards déversés par les ministères concernés dans les infrastructures matérielles, sociales, et administratives locales.
Enfin et surtout, il faut stigmatiser une presse lâche, molle et injuste, qui, soucieuse dapparaître comme le défenseur patenté des « damnés de la terre », pactise ostensiblement avec les malfrats et les semeurs de troubles, et leur donne la parole en toute occasion. Ce travestissement de leur veulerie en combat contre le racisme et pour les droits de lhomme, sue le deux poids deux mesures.
- Ici, Moushin et Larami, deux adolescents de Villiers-le-Bel, « morts pour rien » (5) dans un accident de la circulation où était impliqué un véhicule de police, conduit par des fonctionnaires dont chacun sait quils « roulent comme des fous », se croient « tout permis », « refusent de reconnaître leur responsabilité », et se montrent « agressifs et arrogants » en toute circonstance, à légard des « jeunes, quils détestent ».
- Là, Anne-Lorraine Schmitt, jeune étudiante dOrry-la-Ville (Oise), étudiante assidue et brillante, catholique fervente engagée dans l'aide sociale, qui fut sauvagement assassinée, par un violeur récidiviste, dans une rame du RER D, et qui navait rien fait pour mériter un tel sort.
Force est de constater, une fois de plus, quà linstar de lantisionisme et du philo-palestinisme, qui constituent lalibi de lantisémitisme, lapologie flagorneuse et dithyrambique des « jeunes de banlieues » et de la « population issue de lémigration » est la feuille de vigne qui masque la honteuse castration dune presse, dont, dégoûtés, se détournent de plus en plus les Français, qui la respectaient et laimaient pourtant, jadis, au beau temps de sa jeunesse, quand seules lui importaient la recherche et la mise au jour de la vérité, quelle quelle soit et de quelque côté quelle se trouve.
On sait peut-être que la jeune assassinée se destinait à la carrière de journaliste, ce qui me fait penser que depuis qu'elle la rejoint dans son sommeil éternel, il se pourrait que Zola se retourne dans sa tombe
Menahem Macina
© Upjf.org
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(1) Voir : "Inégaux dans la mort: Moushin et Larami, les musulmans, et Anne-Lorraine, la catholique".
(2) Voir le communiqué de lAFP.
(3) Pour une description, sobre et émue, de la cérémonie et des assistants, lire larticle du site Agoravox.
(4) Il vaut la peine de lire cet extrait de la lettre, par laquelle il annonçait la messe de funérailles de Senlis et remerciait pour les chaînes de prière et les messes : « La perte dun être cher est toujours très douloureuse, mais ce sont les circonstances de la disparition dAnne-Lorraine qui nous anéantissent. Nous nosons pas imaginer le "film" dhorreur qui sest déroulé dans ce wagon fermé du RER D. Sans haine, mais avec détermination, nous sommes en droit de nous interroger : Pourquoi un individu déjà condamné pour des agressions sexuelles a-t-il pu récidiver ? Dans 5, 10, 15 ans, chacun sait quil sera de nouveau libre. Quadragénaire, il aura tout loisir de recommencer. Je tremble déjà pour vos filles, je suis inquiet pour Béatrice et Bénédicte [ses deux autres filles]. Dans les semaines qui viennent, pour que le sacrifice dAnne-Lorraine ne soit pas vain, ce sera mon combat. Je lui dois bien cela. » (Cité daprès le site Journal chrétien).
(5) Inscription qui figurait sur une pancarte, arborée par un des participants à la « manifestation digne et silencieuse », organisée pour dénoncer la mort des deux adolescents de Villiers-le-Bel, « par la faute de policiers irresponsables ».
Mis en ligne le 3 décembre 2007, par M.











