Le 27 octobre, un commando du CAPJPO (1) envahit le square Yitzhaq Rabin. Son but : protester contre linitiative - qualifiée d « indécente », et réputée « prise en catimini par la Mairie de Paris » - dériger un panneau affichant les photos des trois soldats israéliens enlevés (la Capjpo dit « faits prisonniers »), en territoire israélien, non loin de la frontière du Liban (la CAPJPO dit « dans la bande de Gaza et au Liban »).
Pour avoir une idée du ton des vociférations de Mme Olivia Zémor, présidente et égérie de cette association israélophobe et palestinolâtre, il suffit de visionner la vidéo réalisée par la CAPJPO lui-même. Quant au contenu, il se passe de commentaire. On peut en lire la teneur plus loin.
Sur son site, Zémor proteste avec virulence contre ce quelle appelle un « soutien à une armée doccupation » et elle exige de la Mairie de Paris quelle retire ce panneau « scandaleux ». Elle appelle également lensemble des élus, « à commencer par Monsieur Bertrand Delanöé, à demander au gouvernement israélien la libération des 11 000 prisonniers politiques palestiniens pris en otages, parmi lesquels les 45 députés kidnappés et emprisonnés en Israël, après les élections législatives de janvier 2006 en Palestine ».
Elle fournit même les coordonnées e-mail de létat-major de la Mairie, que je reproduis avec plaisir ici, pour permettre à nos internautes qui le désirent, d'exprimer à la municipalité de Paris leur appréciation, voire leur insatisfaction éventuelle (comme l'ont déjà fait, pour leur part, le journaliste Clément Weil Raynal) et Jacques-Yves Bohbot, à propos de cette initiative).
bertrand.delanoe@paris.fr (Maire de Paris); sandrine.mazetier@paris.fr (Conseiller minicipal du 12e et député de la 8e circonscription); michele.blumenthal@paris.fr (maire du 12e/PS); christophe-najdovski@paris.fr (conseiller du 12e Verts); frederic-sperry@paris.fr (conseiller du 12e / VERTS); jose-espinosa@paris.fr (Conseiller du 12e / PC/ devenu Bové); yves.contassot@paris.fr (Conseiller de Paris, Vert).
Elle pousse même le zèle jusquà transcrire intégralement son intervention du 27 octobre à lEspace Rabin, et même à en donner des traductions, en anglais et en arabe.
Je crois utile de reproduire ce morceau danthologie de la haine et de la partialité idéologiques.
« Nous sommes en ce moment à lintérieur du Parc de Bercy dans le 12ème arrondissement de Paris. Et ce que vous voyez devant vous, cette installation au milieu du parc, a été mise en place la semaine dernière, vendredi 19 octobre, à linitiative de la Mairie de Paris et en particulier de son maire, Bertrand Delanoé, qui est venu linaugurer avec la députée de la circonscription, Sandrine Mazetier (elle aussi du PS), ainsi que le
De quoi sagit-il ? Que peut-on lire sur cette espèce de monument dressé au milieu du parc ? A côté du sigle de la Mairie de Paris, il y a en gros caractères " Paris se mobilise pour
"
Et en dessous, trois noms et la photo de trois hommes souriants, habillés en civil.
Et sous leurs photos, la mention " retenu depuis telle date ".
Qui sont ces hommes ? Des otages français ? Des civils, comme Ingrid Bettencourt ? Tout le laisse croire, et cest là une monstrueuse escroquerie.
Car ces hommes sont des soldats, des soldats (3) dune armée doccupation, larmée israélienne, faits prisonniers (4) alors quils occupaient des territoires qui ne sont pas les leurs, en loccurrence Gaza (5) et le Liban (6). Ce sont les hommes dune armée qui commet des crimes de guerre, bombarde des populations civiles, et qui nhésite pas à tirer sur des personnes sans défense (7).
Ici, parmi nous, un journaliste français, a été grièvement blessé par ces soldats israéliens en 2000 à Ramallah, cest-à-dire dans les territoires palestiniens alors quil faisait son métier de reporter. Et tout prouve quil sagit dun acte délibéré (8), dont il na toujours pas obtenu réparation.
Nous élevons donc une protestation officielle contre cette affirmation mensongère : NON ! Paris ne se mobilise pas et ne veut pas se mobiliser pour soutenir cette armée doccupation qui essaie de semer le chaos et la mort dans une grande partie du monde : en Palestine, au Liban, en Irak et qui veut maintenant attaquer la population iranienne (9).
Par contre, à Paris et ailleurs, nous nous mobilisons pour la libération des 11 000 prisonniers politiques palestiniens, parmi lesquels des centaines de femmes et denfants. Il y a notamment parmi eux 45 parlementaires palestiniens, démocratiquement élus et kidnappés par Israël il y a plus dun an (10), qui sont détenus en otages (11) dans les prisons israéliennes, sans que notre gouvernement, ni Monsieur Delanoé nélèvent la moindre protestation Quattendent leur collègues députés français pour demander leur libération ? Nous avons envoyé des observateurs français, européens, internationaux sassurer du déroulement parfaitement démocratique des élections législatives de janvier 2006, qui ont amené ces Palestiniens au Parlement. Quattendons-nous pour exiger leur libération comme celle de tous les autres otages palestiniens raflés, torturés, emprisonnés par Israël, parce quils disent non à loccupation de leur territoire (12)?
Comment la France, qui se veut un modèle de démocratie, la France qui fait lire à tous les lycéens la lettre dun jeune homme qui est mort en résistant à loccupation, peut-elle continuer à soutenir loccupation israélienne (13) qui dure depuis des décennies avec son cortège datrocités, dexpulsions et dannexions ?
Nous exigeons le retrait par ceux qui lont installé en catimini, comme des voleurs (14), au sein de la mairie de Paris et de celle du 12ème arrondissement, et avec largent des contribuables, avec notre argent, de cet ignoble symbole de loccupation qui ne dit pas son nom (15).
Ces trois hommes, sils avaient refusé de servir une armée de colonisation et doccupation, en en envahissant en permanence des territoires qui ne lui appartient [sic] pas, eh bien ils ne seraient pas tombés dans les mains de la résistance (16), et ils ne seraient pas prisonniers de guerre (17). Sils avaient pris pour modèles leurs courageux compatriotes, ceux quon appelle les refuzniks, comme Yoni Ben Artzi et dautres, ils auraient en plus représenté lhonneur de leur pays, et nous serions heureux de saluer aujourdhui leur portrait dans ce parc.
ARMEE DISRAEL, ARMEE CRIMINELLE !
LIBEREZ LES PRISONNIERS PALESTINIENS !
NON NON NON ! A LOCCUPATION !
HALTE AU MASSACRE DES PALESTINIENS !
----------------------------------
Et pour conclure :
Plus dun an après leur enlèvement, on est sans nouvelles des soldats enlevés. Ni leurs familles, ni le gouvernement dIsraël, ni les organisations internationales ne savent où ils se trouvent, ni quel est leur état de santé.
Ni le Comité international de la Croix Rouge, ni aucune ONG humanitaire na obtenu de nouvelles sur le sort des soldats. Personne ne sait sils sont vivants, sils sont encore au Liban, dans quelles conditions ils sont détenus, sils sont traités humainement.
Le porte-parole de la CICR (Comité International de la Croix-Rouge) à Tel-Aviv a confirmé, le 7 octobre, que, malgré des efforts continus, les ravisseurs persistaient à refuser à lorganisation tout contact avec les otages.
Rappelons que ces prises dotages ont eu lieu sur le territoire souverain israélien, que les trois captifs ne bénéficient pas du plus fondamental des droits humains, conformément aux Conventions de Genève. En flagrante violation de la résolution 1701 de lONU, les organisations terroristes qui ont commis ces enlèvements, ainsi que la Syrie et lIran qui les soutiennent, se comportent comme si les droits de lhomme nétaient rien dautre quun atout dans les négociations.
Et il se trouve, en France, une femme - juive de surcroît - pour chanter la gloire des organisations terroristes et de leurs bandits armés - qualifiés par elle de « résistants » - qui ont perpétré cet acte de piraterie internationale. Pire, Mme Zémor affirme que les otages sont responsables de leur enlèvement, pour navoir pas refusé de servir dans les Territoires.
La nausée
Je sais que certains internautes me reprocheront, comme on la déjà fait dans des cas semblables, de faire de la publicité à des gens qui ne méritent quun silence méprisant. Pourtant, je persiste à penser quil est contreproductif, et même nuisible, de se taire quand un faux apôtre des droits de lhomme comme cette femme tord la réalité des faits, foule au pied la vérité, diffame un Etat et un peuple confrontés à une situation géopolitique que leurs ennemis sévertuent à rendre inextricable, et insulte les victimes elles-mêmes dune prise dotages ignominieuse.
Il ne faut pas laisser les menteurs et les diffamateurs occuper le terrain. Il faut leur répondre point par point et du tac au tac.
Ils hurlent avec rage leurs calomnies : proclamons dignement la justice de notre cause.
Quils écoutent ou quils nécoutent pas.
Menahem Macina
© upjf.org
(1) CAPJPO (Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient), aujourdhui CAPJPO-EuroPalestine, est une association qui milite pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien. Elle a été fondée par Olivia Zémor début 2002, début de la "seconde Intifada".
(2) La passion politique na jamais transformé personne en expert ès conflits internationaux, ni en bénéficiaires des confidences du Président de la République. Mme Zémor assène à son public ses certitudes fantasmées. Le malheur est quil se trouvera des naïfs ou des "allumés" pour les gober.
(3) Mme Zémor se garde de préciser quil sagit de réservistes, cest-à-dire dappelés du contingent que larmée peut rappeler en cas de nécessité. A lexception des militaires de carrière, tout Israélien majeur homme comme femme doit être prêt à défendre son pays et peut, en conséquence, sil a reçu la formation adéquate, être appelé sous les drapeaux en cas de besoin et, a fortiori, en temps de guerre.
(4) Faux. Les trois militaires nont pas été faits prisonniers : ils ont été enlevés sur leur territoire national.
(5) Mme Zémor date un peu : Israël avait évacué la bande de Gaza à lété 2005, soit un an avant lenlèvement des soldats. Mais la menteuse na rien à craindre : ses lecteurs lignorent sans doute, et il y a peu de chances quils se donnent la peine de vérifier les dires de leur passionaria.
(6) Faux. Lors de lenlèvement des soldats, larmée israélienne avait depuis longtemps quitté le Liban (mai 2000).
(7) Toute la panoplie des accusations mensongères de la propagande palestinienne.
(8) Ici encore, Mme Zémor donne limpression quelle sait ce que tout le monde ignore. Mais peu importe linvraisemblance et lénormité de la calomnie, lessentiel est, comme le disait Voltaire, qu « il en restera toujours quelque chose ».
(9) Mme Zémor aurait pu ajouter quIsraël veut lApocalypse et que le monde périsse avec lui, comme Samson qui sécria en mourant dans leffondrement du temple de Dagon quil provoqua quand il eut recouvré sa force herculéenne : « Périssent avec moi tous les Philistins ! ».
(10) Le gouvernement israélien a justifié cette action par le fait que le Hamas était une « organisation terroriste illégale » et que ces « mesures » avaient été prises afin de « protéger les citoyens israéliens ». On peut ne pas être convaincu par ces arguments, mais lhonnêteté documentaire commande de les mentionner, même si cest pour exprimer ensuite son scepticisme.
(11) Madame Zémor est seule responsable de lutilisation du terme "otage". Israël na jamais rien dit ni fait qui indique quil considère ces parlementaires mis en état darrestation comme une monnaie déchange.
(12) Comme toute personne de bonne foi peut le comprendre, ce nest pas parce quils disent non à loccupation de leur territoire, que des palestiniens sont incarcérés (et non « raflés » et « torturés »), mais uniquement parce quils tirent sur les forces israéliennes ou lapident leurs soldats.
(13) Notez lassonance voulue entre loccupation allemande, lors de la Seconde Guerre mondiale, et celle dIsraël, parfaitement conforme aux lois de la guerre, qui permet à un pays attaqué doccuper une région, tant quun accord de paix nest pas conclu. De cela, bien sûr, Mme Zémor ne souffle mot. Le sait-elle seulement ?
(14) Doù Mme Zémor tient-elle que le panneau a été installé « en catimini », et que les responsables ont agi « comme des voleurs » ? Suis-je bête ! Comment ny ai-je pas pensé plus tôt ? Mais tout simplement parce que les édiles parisiens nont pas daigné la prévenir ! Plus sérieusement: Mme Zémor n'est pas la seule à se scandaliser du caractère furtif de cet événement, Clément Weill-Raynal, pense de même, mais pour de tout autres raisons.
(15) Ainsi, afficher les portraits dhommes enlevés au mépris des lois internationales (et même des règles de la guerre) et détenus depuis un an, sans quil soit possible davoir des nouvelles fiables sur leur intégrité physique et morale, sans même que la Croix-Rouge ou des élus politiques non-partisans puissent leur rendre visite, une telle manifestation de soutien est donc, selon Mme Zémor, « lignoble symbole de loccupation ». Cest à vomir.
(16) On remarquera jusquoù va lempathie de Mme Zémor pour la cause terroriste : elle reprend à son compte le vocabulaire du Hamas. Les tueurs des bandes armées sont, pour elle, des « résistants ». Lodieux parallèle entre la Résistance française à loccupation allemande et les tueries immondes de la pseudo-résistance islamiste du Hamas est ressassé ad nauseam par la présidente de la Capjo et ses semblables, ce qui devrait suffire à les rendre infréquentables.
(17) A nouveau, le mensonge : éhonté : les kidnappés sont, selon Mme Zémor, des « prisonniers de guerre ». Je ne peux que répéter ce que jai écrit plus haut : si Gilad Shalit, Eldad Regev et Ehoud Goldwasser sont des prisonniers de guerre, pourquoi aucun officiel, et pas même la Croix-Rouge ne peuvent-ils leur rendre visite, et pourquoi ces soi-disant "prisonniers" ne peuvent-ils écrire à leurs familles ?











