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Les fruits amers de la corruption, Caroline B. Glick
Une fois de plus, malgré mon appréciation des qualités indéniables d’analyse et de discernement, dont fait souvent preuve C. Glick, force m’est de déplorer son inclination incoercible à diaboliser ses adversaires politiques et à abuser de la thématique du complot et de la corruption. Sans parler de la présentation réductrice du plan de regroupement de Sharon, dont, avec les détracteurs de l’ancien Premier ministre, elle affirme, sans preuves, qu’il n’a été conçu que pour détourner l’attention publique des malversations financières de ses fils. Je n’ai pas la naïveté de croire que les hommes au pouvoir en Israël, que ce soit sous Sharon ou sous Olmert, sont blancs comme neige et que leur administration est exempte de scandales financiers. Mais de là à expliquer et diaboliser toutes les initiatives politiques de ces dernières années, parce que, du point de vue de C. Glick et de ceux qui partagent sa colère, toutes les concessions territoriales faites aux Palestiniens mettent irrémédiablement en danger la sécurité d’Israël, ce n’est plus ni du journalisme, ni de l’analyse politique, mais une incitation systématique à un affrontement – qui pourrait devenir fratricide - entre des factions qui veulent prendre le pouvoir pour imposer leur vision des choses. L’histoire a amplement démontré à quoi mènent ces guerres intestines. (Menahem Macina)
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5 janvier 2007

 

Jewish World Review.

 

Texte anglais originel : "The bitter fruits of corruption".

 

 

Adaptation française de Sentinelle 5767 *

 

 

Alors que l'intérêt des médias israéliens se concentrait sur de plus grosses affaires, le fait que le Premier ministre Ehud Olmert ait rendu, jeudi dernier, une visite obséquieuse et honteuse à un pays qui propage la négation de l'Holocauste et parraine le djihad palestinien est passé largement inaperçu.

 

Non, Olmert n'est pas allé en Iran. Il est allé en visite en Egypte.

 

La conférence sur la négation de l'Holocauste, le mois dernier, a été condamnée sans ambages en Israël et en Occident, autant qu'elle devait l'être. Non seulement la négation de l'Holocauste est inacceptable moralement et intellectuellement, mais quand elle est le fait de gens dont la volonté déclarée est l'annihilation physique de l'Etat juif, la négation de l'Holocauste est également dangereuse. Pourtant, alors que chacun a pris bonne note de la conférence iranienne, personne,  excepté le Centre Simon Wiesenthal, n'a trouvé troublant qu'une conférence-soeur ait été organisée, la semaine dernière, par des Egyptiens qui partagent l'aspiration de l'Iran à effacer Israël de la carte du monde.

 

Sous la bannière, "Le mensonge de l'Holocauste", le Parti Socialiste Arabe Egyptien a tenu, le 27 décembre 2006, sa conférence de négation de l'Holocauste, au Caire. La conférence était transmise en direct sur le réseau iranien Al-A'lam, en langue arabe. Le principal orateur était le chef du parti, Waheed al Louksory. Louksory a acquis une renommée internationale pour avoir été l'un des quelques politiciens que le régime a autorisés à se présenter contre le dictateur Hosni Moubarak, aux élections présidentielles de 2005.

 

La haine psychotique et génocidaire du peuple juif chez certaines élites ne règne pas moins sur la "rue égyptienne" qu'elle ne domine les rangs des dirigeants à Téhéran. Pourtant elle n'a fait aucune impression sur Olmert et ses associés. Loin de répondre à l'appel du Centre Wiesenthal en protestant contre la conférence pendant sa réunion d'hier avec Moubarak, à Sharm el Sheikh, Olmert et ses collègues ont consacré leur temps à abreuver Moubarak de nouveaux superlatifs pour la conduite responsable des Etats arabes modérés.

 

Les Israéliens ont eu un avant-goût de cette modération égyptienne dans la nuit de mercredi. Le soir de la visite d'Olmert à Moubarak, la 2ème chaîne de Télévision [israélienne] a diffusé une vidéo du recrutement du Hamas, montrant les camps d'entraînement terroriste qu'il a construits sur les ruines des communautés israéliennes dans le Goush Katif. L'une des vedettes du film était un djihadiste égyptien arrivé dans le camp pour une formation aux armes. Il était filmé, debout devant le drapeau égyptien - sans doute pour démontrer la grande contribution de son pays à faire de Gaza libérée le pays des merveilles djihadistes.

 

Avant le retrait d'Israël de Gaza, on a fait croire aux Israéliens que le rôle joué par l'Egypte dans la zone après le retrait serait tout différent. Sous la direction de la poigne de fer de Moubarak, l'Egypte était alors un atout en réserve du Premier Ministre d'Israël Ariel Sharon - le fondement sur lequel reposait toute sa stratégie de cession.

 

Sharon et ses conseillers promirent au peuple d'Israël que nous pourrions faire confiance à l'Egypte pour empêcher Gaza de devenir une base avancée du djihad mondial. Pour aider l'Egypte à faire face à ses responsabilités, Sharon a même donné son accord pour enfreindre le principe-clé et l'indicateur stratégique de notre traité de paix avec l'Egypte - la démilitarisation de la péninsule du Sinaï. Avec la bénédiction de Sharon, des forces militaires égyptiennes ont été déployées le long de la frontière avec Gaza pour la première fois depuis 1967.

 

Malheureusement, l'Egypte négatrice de l'Holocauste n'a pas été à la hauteur des promesses et des aspirations de Sharon. Non seulement ses forces militaires n'ont rien fait pour empêcher le transfert massif d'armes à Gaza, mais les autorités égyptiennes ont laissé entrer à Gaza des quantités importantes de systèmes d'armes sophistiquées, et permis que des livraisons d'armes en provenance d'Iran, du Liban, et d'autres pays transitent par des ports égyptiens jusqu'à Gaza, à travers une frontière défoncée qu'elles  n'ont rien fait pour colmater.

 

Et comme le film de la 2ème chaîne l'a montré, l'armée égyptienne autorise aussi, à volonté, l'entrée de terroristes étrangers vers Gaza.

 

La visite d'Olmert à Sharm el Sheikh n'est qu'une conséquence de la politique étrangère globale de son gouvernement. Parmi les autres illusions directrices, cette stratégie politique est fondée sur la fiction de l'existence d'une alliance et d'une amitié égypto-israélienne. C'est cette alliance imaginaire qui nourrit la croyance d'Olmert qu'Israël n'a pas besoin, et en vérité n'a pas le droit de combattre la menace croissante pour sa sécurité nationale, qui émane de Gaza "libérée" - menace qui est devenue stratégique, largement du fait des actions égyptiennes.

 

Mais aujourd'hui, le public et les médias ont d’autres chats à fouetter que l'amitié imaginaire avec Moubarak. En deux épisodes séparés, les illusions de compétence et d'intégrité au sein de l'Etat Major de Tsahal et dans la fonction publique se sont effondrées cette semaine.

 

D'abord, après une conférence à huis clos des commandants de haut rang de Tsahal, mardi dans la nuit, le Chef d'état-major général, le Lieutenant Général Dan Halutz, a tenu une conférence de presse troublante, au cours de laquelle il a présenté son évaluation des leçons majeures de la guerre de cet été. En début de journée, la nation s'est réveillée avec l'information que, dans la nuit, la police avait arrêté des dirigeants officiels du fisc israélien, ainsi que des hommes d'affaires, et le chef du bureau d'Olmert, Shula Zaken. Les arrestations étaient le résultat de leur enquête sur une présomption de conspiration dans laquelle, agissant sous la supervision alléguée de Zaken, les hommes d'affaires et les officiels des impôts conspiraient pour frauder l’Administration fiscale.

 

Devant les caméras, Halutz énuméra une longue liste d'échecs stratégiques, opérationnels, tactiques et moraux, survenus pendant l'opération de Tsahal contre le Hezbollah, l'été dernier. Bien que Halutz ne l'ait pas admis, un fil conducteur commun explique l'échec de l'état-major à définir clairement les objectifs de la guerre pour les forces sur le terrain.

 

La décision de la marine d'Israël d'envoyer le navire Hanit dans une bataille contre un ennemi armé de missiles, sans mettre en batterie son propre système de missiles de défense ; la décision de ne pas mobiliser les réserves ou de lancer une campagne terrestre, jusqu'au point qu'il soit trop tard pour faire la différence ; la décision d'ignorer des renseignements précis concernant les intentions et les localisations du Hezbollah; et l'incapacité à détruire l'arsenal de missiles à courte portée du Hezbollah. Le fil conducteur qui relie tous ces échecs est Halutz lui-même.

 

S’il subsistait le moindre doute sur l’inaptitude de Halutz à commander Tsahal, il a été dissipé mardi, quand il a déclaré que l'une des leçons centrales qu'il a retirées de la guerre était "que nous devions redéfinir le concept de victoire sur l'ennemi". Autrement dit, puisqu'il est incapable de gagner une guerre, il préfère définir la défaite comme une victoire et rester à son poste.

 

Sans doute à son grand soulagement, la démonstration effrayante de son incompétence arrogante a enfin été reléguée dans les pages intérieures des journaux. Il était difficile de consacrer l'espace d'une colonne à l'effondrement professionnel de l’état-major général de Tsahal, alors que les dirigeants de l’Administration des impôts d'Israël, et le chef du bureau d'Olmert faisaient la navette entre les salles d'interrogatoire de la police et la Cour de justice pour la lecture de l'acte d'accusation.

 

Les médias et le porte-parole de la police ont souligné que la participation présumée de Shula Zaken à une corruption massive ne signifie pas qu'Olmert ait joué un rôle dans cette conspiration. Mais qu’Olmert ait joué un rôle dans le dessein de frauder la confiance publique ou non, le rôle  présumé de Zaken dans ce complot démontre qu'une culture de corruption criminelle s'épanouit au grand jour dans le bureau d'Olmert.

 

En surface, ni la conférence de presse de Halutz, ni le scandale de la fraude fiscale ne sont liés à la stratégie politique hallucinante du gouvernement Olmert envers l'Egypte. Mais en fait, ils le sont inextricablement. Le fait qu'Israël soit confronté à des menaces sans précédent pour sa sécurité et son existence même, alors que le pays est gouverné par une direction corrompue, la plus incompétente qu'il ait jamais connue, n'est pas une coïncidence. Pour comprendre pourquoi c'est le cas, il est d'abord nécessaire de rappeler comment les dirigeants actuels en sont venus à la situation présente.

 

En 2003, Ariel Sharon et ses fils se sont trouvés eux-mêmes au bord d'une ruine politique, économique et personnelle. Des enquêtes criminelles sur leur corruption présumée se précisaient, et il était largement prédit que Sharon et ses fils, Omri et Gilad, seraient inculpés devant une Cour criminelle. Il fallait trouver une manière de s'écarter de l'abîme. Après avoir pris le conseil de Dov Weisglass, avocat personnel du Premier ministre et chef de son bureau, Sharon et ses fils choisirent de se protéger en adoptant la stratégie politique irrationnelle de la gauche : détruire des communautés israéliennes et donner des territoires aux terroristes. Voilà comment sont nées la politique de retrait de Gaza et du nord de la Samarie, et l'expulsion en masse de citoyens israéliens de ces zones. La corruption morale et criminelle de Sharon, de même que la folie stratégique et le danger inhérent à la décision de transférer le contrôle de Gaza au Hamas étaient évidents par eux-mêmes. Et pourtant, comme Sharon l'avait prédit, les médias, les autorités judiciaires et légales qui sont dominés par la gauche, choisirent d'ignorer la vérité. De politicien corrompu, les médias transformèrent, en une nuit, Sharon en dirigeant visionnaire. Comme l'a expliqué Amnon Abramovich, principal commentateur de la 2ème chaîne, les médias comprirent que, corrompu ou non, leur job était de protéger Sharon pour être sûrs qu'il expulserait les Juifs du Goush Katif. Et comme le juge à la Cour Suprême, Mishel Cheshin, l'a admis dans un entretien réalisé au moment de son départ à la retraite, les juges de la Cour Suprême n'auraient jamais envisagé d'agir contre Sharon, pour ne pas mettre en danger le retrait [des territoires].

 

C'est par les médias que des officiels de haut rang, des ministres du cabinet, et l'état-major général de Tsahal furent d'abord informés du plan de retrait. Ceux qui osèrent mettre en question la politique de retrait furent écartés des postes d'influence. Et le conseiller national à la sécurité, le Major-Général (de réserve) Giora Eiland, ne put obtenir d’être reçu par Sharon. Puis, le chef de l'état-major de Tsahal, le Lieutenant-Général Moshe Yaalon fut renvoyé. C'est ainsi que Dan Halutz, bon ami des bons amis d'Omri et bon pilote, en tout état de cause, fut promu pour remplacer Yaalon, qui était bien plus qualifié que lui pour commander les forces armées, mais bien moins docile.

 

Dans l'arène politique, les conseillers de Sharon agirent promptement pour détruire ses opposants politiques. Le ministre des Finances d'alors, Benyamin Netanyahou, fut diabolisé. Les ministres du Shas et du Parti National Religieux furent renvoyés du gouvernement. A leur place, Sharon promut des lèche-bottes obéissants, opportunistes et inexpérimentés. C'est ainsi qu'Olmert et Tzipi Livni furent promus à des positions majeures dans son cabinet.

 

En résumé, la corruption de Sharon l'a entraîné à adopter une stratégie politique irrationnelle. L'opposition de principe à cette stratégie, de fonctionnaires et de politiciens de haut rang, a eu pour résultat de les évincer de leur position d'influence. Ces fonctionnaires compétents ont été remplacés par des incompétents, dont la seule qualification pour leur poste était leur totale obéissance à Sharon.

 

Les défenseurs de Sharon proclament qu'il savait bien que les gens dont il s'était entouré, après avoir décidé du retrait de Gaza, étaient incompétents pour diriger le pays. Mais, avancent-ils, Sharon n'avait pas prévu son attaque vasculaire, qui a placé ces gens en charge du pays. S'il n'avait pas été mis en incapacité, plaident-ils, tout aurait tourné différemment. Peut-être ont-ils raison, peut-être pas.

 

Quel que soit le cas, la seule conclusion évidente que l'on peut tirer des événements de la semaine passée et de l'année écoulée sans Sharon, c'est que, pour forger une stratégie politique compétente et honnête, Israël a besoin de dirigeants compétents et honnêtes. Et donc, pour se sortir du bourbier d'ineptie et de criminalité qu'est devenu son secteur public, Israël doit trouver la façon de nous débarrasser des directions politique et militaire actuelles qui, l'une et l'autre, les incarnent. La bonne nouvelle, c'est que nous disposons d'une direction de remplacement. Elle est composée de fonctionnaires armés de principes, chassés de leurs postes au pouvoir pour leur refus de nier la vérité.

 

Caroline Click

 

[Texte aimablement transmis par Koira.]

 

© Jewish World Review

 

* La traduction a été revue et corrigée par notre Rédaction.

 

Mis en ligne le 08 janvier 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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