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Contributeurs Spécialisés
Je désespère dIsraël, Joseph Farah
Les vaticinations qui suivent sont la conséquence logique de lamour déçu de ces chrétiens, "amis" dun Israël religieusement fantasmé, anhistorique, bibliquement fossilisé, érigé par eux, avant le temps, en assemblée messianique, et qui a le mauvais goût de ne pas se conformer à leurs spéculations millénaristes [1]. Déjà risquée pour des Juifs, lentreprise de penser à la place de ce peuple reconstitué sur une partie de sa patrie dantan, et de "hâter" la fin annoncée par les Ecritures en provoquant une effervescence messianique, devient déraisonnable, voire démentielle, lorsqu'elle est le fait de chrétiens qui se prennent pour des prophètes et prétendent dicter sa politique à un Etat contraint, pour survivre, de se plier aux exigences de la communauté internationale. Le problème, quasi-névrotique, de ces amis importuns est quils font fi de lincarnation un comble pour des chrétiens ! et des servitudes concrètes, inhérentes à linsertion dune communauté nationale dans lespace international. Qu'on ne se méprenne pas, je ne suis pas moins inquiet que M. Farah des mesures de retrait et de repli territorial, mises en oeuvre par les dirigeants d'Israël. Mais, à la différence de son attitude et de celle de ses semblables, impatients de voir advenir le Royaume de Dieu sur la terre, hic et nunc, et qui se permettent de fustiger ce malheureux Etat mondialement contesté, en employant le langage des prophètes, alors quils ne sont pas prophètes et quils ignorent tout des desseins de Dieu sur lhistoire, en général, et celle dIsraël, en particulier, je me garde de m'ériger en contempteur des dirigeants [2] de celles et ceux de mon peuple qui, contrairement à moi, vivent dangereusement dans le creuset moyen-oriental, en butte à la haine et à l'hostilité irréductibles de leurs ennemis. (Menahem Macina).
15 mai 2006
WorldNetDaily.com
Original anglais : "I give up on Israel".
Traduction française : Menahem Macina
Jai la réputation dêtre lun des plus fidèles partisans dIsraël. Cette réputation est due à plusieurs facteurs :
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En tant que journaliste américain dorigine arabe, jai fait de mon mieux, durant les vingt dernières années, pour faire voler en éclats les mythes relatifs au conflit arabo-israélien toutes perceptions erronées, largement basées sur des mensonges flagrants, et des déformations intentionnelles - et pour dénoncer les efforts incessants de propagande des régimes arabes et musulmans et de leurs apologistes auprès de ceux qui haïssent lAmérique et Israël, dans le monde.
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En tant que journaliste américain chrétien amoureux de la liberté, qui a eu loccasion de fouler le sol du Moyen-Orient, il est évident, à mes yeux, que les Arabes et le monde musulman sont dominés par la tyrannie, le fascisme et lantisémitisme - et cest un monde que nous navons pas du tout envie de voir sétendre.
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En tant que journaliste, jai estimé quIsraël était le seul pays du Moyen-Orient, qui respecte la liberté de la presse. Nous en avons dailleurs eu la preuve récemment, au World Net Daily, à loccasion de linterdiction faite au directeur de notre bureau de Jérusalem, Aaron Klein, de se rendre en Syrie, parce quil est Juif.
Les Juifs, quavaient tenté de détruire de nombreux empires aujourdhui disparus - Egyptiens, Romains, Babyloniens et Perses, entre autres , ont survécu et nont quune seule patrie, Israël, qu'ils n'ont jamais cessé d'occuper durant 4.000 ans, et qui ne fut jamais un état-nation dépendant des autres.
Pourtant, malgré cela, cen est fini pour moi de défendre Israël du moins le régime actuellement au pouvoir à Jérusalem, cette coalition inutile, apparemment déterminée à commettre un suicide national.
La semaine prochaine, le Premier ministre, Ehoud Olmert - un homme que jai jadis considéré, ainsi que son prédécesseur, Ariel Sharon, comme un défenseur, raisonnable, logique et déterminé, de son pays - sapprête à se rendre à Washington, la main tendue.
Il demande un engagement pour une aide directe américaine de plus de 10 milliards de dollars, en vue de réaliser son plan de retrait national, de parvenir à une conciliation avec le djihad mondial, et de trahir à nouveau plus de 200.000 civils israéliens venus habiter des terres juives historiques de Judée et de Samarie, à la demande et avec la recommandation de précédents gouvernements israéliens.
Olmert vient [aux Etats-Unis] demander lappui de lAdministration et du Congrès pour une nouvelle phase du "désengagement" qui concerne, cette fois, de 90 à 95 % de ce quon appelle souvent "la Cisjordanie", et qui inclut même de larges parties de la ville de Jérusalem, jadis considérée comme la capitale éternelle du peuple juif.
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Il le fait, bien quil sache parfaitement que lévacuation de la bande de Gaza, lété dernier, a été un désastre total pour le peuple juif, la civilisation occidentale et la liberté, en général, puisque les terroristes du Hamas cousins par alliance dAl-Qaïda dOsama bin Laden et de lorganisation du Hezbollah dIran contrôlent aujourdhui ce territoire et menacent, plus que jamais, la vie de citoyens israéliens.
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Il le fait, bien quil sache parfaitement que le Hamas se prépare à créer, au travers de lAutorité Palestinienne, un Etat de type Taliban, qui comprendra les nouveaux territoires ethniquement purifiés de leurs Juifs.
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Il le fait, bien quil sache parfaitement que ces terres récemment abandonnées serviront, comme Gaza, de sanctuaires et de futures bases dopérations terroristes, qui menaceront non seulement Israël, mais également la Jordanie et le Liban voisins, et, en fin de compte, lIraq libéré.
Aussi, cen est fini pour moi de trouver des excuses à Israël. Fini dessayer de comprendre les attitudes incompréhensibles dune nation qui se flagelle elle-même. Fini dattirer lattention sur la rectitude morale dun Etat et dun peuple qui sont eux-mêmes incapables de discerner le bien du mal.
Comme Jésus, il y a 2.000 ans, je regarde Jérusalem, aujourdhui, et je pleure.
Je sais que jexprime le sentiment de nombreux Juifs et chrétiens dans le monde, qui considèrent la reddition dIsraël comme une lâche trahison, un signe que lEtat juif fait davantage confiance à Washington et à la "diplomatie internationale" quau Dieu dAbraham, dIsaac et de Jacob.
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A maintes reprises dans lhistoire, Israël a fait lerreur de se détourner de son Dieu.
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A maintes reprises dans lhistoire, Israël a fait lerreur de se fier davantage à des rois et à des hommes, quaux promesses célestes.
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A maintes reprises dans lhistoire, Israël a fait lerreur de transiger avec ses plus cruels ennemis, qui veulent non seulement détruire les Juifs, mais opprimer leur propre peuple.
Jen ai assez des "territoires en échange de la paix". Cela na jamais marché, ni dans lhistoire dIsraël, ni dans celle daucune autre nation. Jen ai assez du regroupement. Assez des retraits unilatéraux. Assez de la reddition manigancée. Assez de la conciliation avec le mal. Assez de la folie.
Transiger avec le mal est malfaisant. Et cest ce quIsraël est en train de faire. Quant à moi, je ne my résoudrai pas. Je continuerai à servir le Seigneur et à prier pour la paix de Jérusalem.
Une chose est certaine : la paix nadviendra pas sous la direction dhommes comme Ehoud Olmert et Ariel Sharon. Si le peuple israélien veut se désengager, ce sont de soi-disant "dirigeants" comme celui-ci [Olmert] qui le feront, des "dirigeants" à limage, à la ressemblance et dans la tradition de Neville Chamberlain.
Joseph Farah
Note de la Rédaction d'upjf.org
[1] Dans un article mémorable de 2001, Daniel Pipes avait déjà anticipé le danger de lengouement chrétien pour Israël sur base dattentes et de spéculations de nature fondamentaliste :
« C'est assurément un signe inquiétant lorsque chaque partie d'une relation fonctionnelle abrite ses propres attentes à l'ombre de l'autre; ou quand, ainsi que l'écrit Gorenberg, chaque partie "considère souvent l'autre comme un instrument inconscient pour atteindre un but plus élevé". Son souci est que, déçus de voir que les Juifs n'entreprennent pas le travail de reconstruction attendu, les chrétiens fervents risquent de considérer les juifs comme faisant obstruction à l'enlèvement [de l'Eglise] et qu'ils manquent encore Jésus. "Quand la génération 'ultime' [des Juifs] refuse d'atteindre son terme, une ancienne frustration à l'endroit des Juifs qui ne joueront pas leur rôle a toutes les chances de ressurgir."
Il y a au moins un précédent à un tel changement d'humeur, non mentionné par Gorenberg, mais récemment étudié par Michael Barkun, de l'Université de Syracuse. L'"Israélisme" britannique [British-Israelism], mouvement chrétien qui était pro-sioniste avant la naissance de l'Etat d'Israël, est devenu antisioniste quand il ne s'est pas vu associer à la construction du nouveau pays. "Comme les fondamentalistes contemporains", écrit Barkun, "ils avaient besoin d'un Etat juif en Palestine pour des raisons théologiques, mais cela ne signifiait pas nécessairement qu'ils aimaient les Juifs". Le mouvement "British-Israel" a, par la suite, donné naissance au mouvement de l'"Identité Chrétienne", également connu sous le nom de "Nation Aryenne", qui est peut-être le mouvement chrétien le plus violemment raciste et antisémite qui existe aujourd'hui. » (D. Pipes, "La 'Fin des Temps': Fondamentalisme et lutte pour le Mont du Temple").
[2] On peut lire, sur notre site, une charge de la même veine que celle du présent article : "Un pasteur américain : Sharon a été puni pour avoir partagé la terre dIsraël".
© World Net Daily
Mis en ligne le 17 mai 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











