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A la défense dAmos Oz : "Absence de contexte", éditorial du Jewish Chronicle
"Israël doit mener deux combats : le combat extérieur contre le monde arabe pour son droit à lexistence, et le combat interne, pour le caractère de lEtat juif. Tenter de discréditer des gens en les accusant de haine de soi, uniquement parce quils veulent un Etat laïque et démocratique dans les frontières de 1967 est irrationnel ; en accuser Oz est calomnie."
Original anglais: Missing context
01/09/05
Traduction française : Menahem Macina
Accuser lauteur israélien, Amos Oz, dêtre « un Juif qui déteste les Juifs », comme la fait le Rabbin de Stanmore, Rabbi Jeffrey Cohen [1], ou affirmer, comme la fait Melanie Phillips [2], que Oz est atteint dun «mépris pathologique de son peuple », ne fait quillustrer à quel point de respectables rabbins et des commentateurs de presse peuvent parfois avoir tort. En effet, leur dénigrement immodéré et imprudent de Oz prouve leur manque de compréhension du contexte dans lequel Oz a écrit. Larticle de Oz dans le Times [3], qui a tellement exaspéré Cohen et Phillips, a dabord été rédigé en hébreu pour le journal israélien à sensation, Yediot Ahronot, et il na pas causé le moindre froncement de sourcils. La charge de Oz contre les colons et la motivation religieuse sous-jacente au mouvement des implantations fait partie intégrante du débat politique de chaque jour en Israël. De la même manière que les colons justifient leur présence dans des régions à forte population arabe au nom de laccomplissement du commandement divin de sinstaller dans la Terre dIsraël biblique, leurs opposants laïques les accusent de faire du faux messianisme et de mener Israël au désastre.
Dans son article, Oz a posé la question fondamentale à propos de lidentité juive de lEtat dIsraël : « Sommes-nous, avant tout, une religion, ou sommes-nous, avant tout, une nation ? » Oz opte pour la seconde proposition, ce qui ne fait pas de lui, pour autant, un Juif qui se déteste lui-même.
Le débat concernant le retrait de Gaza est devenu pour beaucoup, en Israël, un débat sur la question de savoir si le gouvernement élu du pays a le droit de décider dévacuer une terre peuplée par des Juifs. Certains dirigeants rabbiniques du camp national religieux qui, il ne faut pas loublier, sont salariés par lEtat ont, de manière scandaleuse, appelé des soldats à désobéir aux ordres de participer à lévacuation, tandis que dautres nont rien fait pour dissuader leurs partisans de prendre position sur les toits, dans des implantations de Gaza, et de déverser de là de la soude caustique sur les soldats qui se trouvaient en contrebas.
Personne ne devrait donc être surpris de ce quil se trouve des partisans laïques du retrait de Gaza pour condamner sévèrement la vision des choses du camp national religieux. Israël doit mener deux combats : le combat extérieur contre le monde arabe pour son droit à lexistence, et le combat interne, pour le caractère de lEtat juif. Tenter de discréditer des gens en les accusant de haine de soi, uniquement parce quils veulent un Etat laïque et démocratique dans les frontières de 1967 est irrationnel ; en accuser Oz est une calomnie.
Ceux qui critiquent Oz devraient lire de préférence dans sa belle version originale en hébreu sa superbe autobiographie, Une histoire damour et de ténèbres [4], pour se rendre compte de leur erreur.
© Reprinted from Jewish Chronicle, All rights reserved.
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Note du traducteur
[1] Le texte de ce sermon de Rabbi Jeffrey Cohen ne figure nulle part sur le Net. Seuls quelques extraits en ont été cités dans quelques articles. Voir surtout, et entre autres : Jonathan Friedland, "Amos Oz is a lawful heir of Judaism" mis en ligne le 16 septembre sur le site de J. Friedland.
[2] M. Phillips, "Back to unreality (3)", mis en ligne le 26 août sur le site de Melanie Phillips.
[3] Amos Oz, "Gaza withdrawal first battle in war for Israel's identity", mis en ligne sur YnetNews. com, le 21 août 2005.
[4] A propos de ce livre et de son auteur, lire le beau texte de Rachel Samoul, "Sous le charme dAmos Oz".
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Mis en ligne le 28 septembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











